PS : Un collectif pour la privatisation de l'eau : "A contre-courant"!!!!

Publié le par dan29000

Dans notre série "Lendemains de fêtes douloureux et hallucinations", voici un article issu du "Monde.fr" et hélas, non, ce n'est pas une hallucination, c'est bien une partie du PS en action pour la privatisation de l'eau !
Une très utile réflexion pour tous les alliès des socialistes, en ce début d'année !

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Membres du Parti socialiste, ils sont une quinzaine à avoir constitué un "collectif militant" intitulé "A contre-courant". Ce nom de baptême témoigne de leur volonté de réagir aux "critiques systématiques" adressées par "certains camarades" contre le principe de la délégation de service public au secteur privé. "Le PS est le parti des services publics mais cela ne signifie pas qu'il doit se penser uniquement comme le parti de la défense de la fonction publique", écrivent-ils dans un petit opuscule adressé à tous les parlementaires ainsi qu'aux maires socialistes de villes de plus de 10 000 habitants.
Cadres exerçant le plus souvent des responsabilités élevées au sein de sociétés privées (Saur, Veolia ou Suez) "concourant au service public local", les animateurs de ce collectif veulent "promouvoir un débat que les postures internes et les discours convenus ont trop souvent occulté". Inquiets de voir ressurgir, notamment dans la presse interne du PS, un discours qui entretient "le doute systématique autour de ce qui ressemble au privé", ils dénoncent "la confusion, parfois loin d'être involontaire, entre service public, fonction publique et entreprise publique".

Sans les nommer, le collectif s'en prend à ceux qui privilégient l'affichage de "marqueurs de gauche" au détriment de "la vision et du projet politique". Ses responsables rappellent que le projet socialiste pour la présidentielle de 2007 prévoyait de "donner aux élus locaux la possibilité de choisir entre la gestion publique et la gestion privée". Et glissent au passage que le retour à la régie municipale pour le service des eaux à Paris "se fera sans aucune diminution du prix au consommateur".

"A contre-courant", qui souligne que 1 700 communes de gauche (dont Lyon, Lille, Rennes, Montpellier, Dijon, Evry ou Lens) ont choisi de déléguer au privé leur service public de l'eau, appelle de ses voeux la création "d'autorités indépendantes capables de comparer les niveaux de prix et de service". Et souhaite en finir avec "le principe sacro-saint du moindre coût" qui s'inscrit "toujours au détriment des salaires et des droits" du personnel des entreprises prestataires. Le collectif souhaite aussi contribuer à une réflexion sur "le rôle de l'entreprise dans la vie démocratique" en "posant la question du partage des gains de productivité entre les clients, les salariés et les actionnaires".

"Vilipendés lors des réunions de section un jour et sollicités le lendemain pour des emplois et des formations", les animateurs du collectif "A contre-courant" se disent parfois victimes d'un "procès en sorcellerie". Leur initiative, cependant, ne risque-t-elle pas d'être assimilée à un plaidoyer pro domo, voire à une forme de lobbying ? "Nos prises de position sont tout à fait autonomes", se défend Pierre Victoria, délégué aux relations institutionnelles internationales chez Veolia-Eau. "Nous travaillons au sein d'entreprises françaises qui sont des leaders mondiaux dans la gestion des villes. Les socialistes devraient-ils en avoir honte ?", s'interroge-t-il.
Jean-Michel Normand
Article paru dans l'édition du 30.12.09: Le Monde.fr

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