Quand la police française mutile, retour sur le manifestant d'ArcelorMittal ayant perdu un œil

Publié le par dan29000

 

Après Strasbourg : un communiqué de Pierre


A Nantes, le 12 février 2013


Flashball : aujourd'hui comme hier, la police française mutile


 
A Strasbourg comme à Nantes, Montreuil, Toulouse, Mayotte, Villiers le Bel, Montbéliard, Montpellier, Chefresne et ailleurs, la police continue de mutiler au flashball.


Mercredi 6 février 2013, alors que des salariés en lutte d'Arcelor Mittal menacés par leur patron viennent défendre leur emploi en manifestant à Strasbourg, les forces de l'Ordre ont délibérément fait feu au flashball (Lanceur de Balles de Défense) dans le visage d'un manifestant : John, intérimaire, a perdu un œil.

Cette mutilation n'est pas une « bavure ». Les précédents sont innombrables : la police française tue, mutile ou blesse, et en particulier au flashball qui incarne un nouveau processus de militarisation de la police.

J'ai été blessé au visage par un tir de Lanceur de Balles de Défenses en novembre 2007 lors d'une manifestation lycéenne, à l'âge de 16 ans. J'ai depuis perdu la vue d'un œil.

Cette arme, puissante, précise, sophistiquée, était alors en expérimentation. D'abord testée dans les quartiers populaires, contre les « incontrôlables » ou les manifestations spontanées de lycéens et d'étudiants, le flashball est désormais utilisé contre des grévistes et des syndicalistes. L'usage de cette arme s'intensifie et s'élargit : nous sommes tou-te-s concerné-e-s, tou-te-s des « cibles » potentielles d'une police qui vit dans la toute puissance et l'impunité.

L'utilisation du flashball, est lancée par Guéant, renforcée par Sarkozy et validée par Valls : c'est désormais la police socialiste qui mutile à Strasbourg et tire à Notre Dame des Landes.

La police continue de mutiler car la Justice lui donne carte blanche : après plus de 4 ans de combat judiciaire acharné pour faire comparaitre Mathieu Léglise, le policier qui m'a tiré dessus, en avril 2012, un juge nantais prononce sa relaxe et consacre l'impunité policière : il n'aurait fait « qu'obéir aux ordres » (sic).

Le flashball est une arme de terrorisation : il doit faire peur, frapper l'imaginaire collectif en frappant physiquement des individus.

Jusqu'à quand allons nous laisser la police détruire des vies ?

Jusqu'à quand la police restera-t-elle impunie ?


Quand préférerons nous enfin la révolte à la peur ?


Solidarité avec John et toutes les cibles du terrorisme d'État.


Pierre, une « cible » du flashball parmi d'autres

vendredi 8 février 2013

6 février 2013 : Un manifestant ArcelorMittal perd un œil

  Les dernières nouvelles d'Alsace / publié le 07/02/2013 à 20:00

Strasbourg / Durant la manifestation Arcelor hier Un manifestant perd un oeil, une enquête ouverte

Un intérimaire belge d’ArcelorMittal, blessé lors d’une manifestation des métallurgistes mercredi à Strasbourg, a perdu l’usage de son oeil après avoir été touché par un tir de flash-ball

John David, 25 ans, travaille en intérim sur le site de Flémalle, dans l’agglomération de Bruxelles. Il était venu mercredi à Strasbourg pour la manifestation des «métallos» venus de Liège (Belgique), de Florange (Moselle) et du Luxembourg.
« On a appris ce matin (jeudi) qu’il avait perdu définitivement l’usage de son oeil », a indiqué un syndicaliste wallon du syndicat belge FGTB, Jean-Michel Hutsebaut.
« Les récits affluent pour dire que les forces de police tiraient avec des balles en caoutchouc à hauteur d’homme, à hauteur de la tête», a-t-il ajouté, dénonçant «un pas inacceptable qui a été franchi ».
L’incident a eu lieu lors d’un face-à-face tendu avec les forces de l’ordre, qui empêchaient les manifestants d’approcher du Parlement européen.
Le jeune homme, dont le visage était en sang, avait été évacué par deux collègues avant l’arrivée des pompiers, selon un journaliste de l’AFP, témoin de la scène.
Douze gendarmes et policiers ont été blessés par des projectiles, selon la préfecture, lors de cette manifestation qui «n’avait pas été déclarée».
Les directions générales de la police et de la gendarmerie nationale ont demandé chacune, ce jeudi soir à leurs inspections de mener une enquête, après cette grave blessure.

John David / 6 février 2013 / Strasbourg

L'HUMANITE.fr 7 février 2013

ArcelorMittal : un manifestant belge perd l'usage d'un oeil

Un jeune intérimaire belge d'ArcelorMittal de 25 ans, John David, blessé lors de la manifestation des métallos mercredi à Strasbourg, a perdu l'usage de son oeil après avoir été touché par un tir de flash-ball. À lire ci-dessous, la réaction de Nico Cué (secrétaire général de la fédération FGTB Métallos Wallonie-Bruxelles (MWB-FGTB).
John David, 25 ans, travaille en intérim sur le site de Flémalle, dans l'agglomération de Bruxelles. Il était venu mercredi à Strasbourg pour la manifestation des "métallos" venus de Liège (Belgique), de Florange (Moselle) et du Luxembourg. "On a appris ce matin qu'il avait perdu définitivement l'usage de son oeil", a indiqué à l'AFP un syndicaliste wallon du syndicat belge FGTB, Jean-Michel Hutsebaut. "Les récits affluent pour dire que les forces de police tiraient avec des balles en caoutchouc à hauteur d'homme, à hauteur de la tête", a-t-il ajouté, dénonçant "un pas inacceptable qui a été franchi".
L'incident a eu lieu lors d'un face-à-face tendu avec les forces de l'ordre, qui empêchaient les manifestants d'approcher du Parlement européen. Le jeune homme, dont le visage était en sang, avait été évacué par deux collègues avant l'arrivée des pompiers, selon un journaliste de l'AFP, témoin de la scène. "Il est toujours à l'hôpital civil de Strasbourg, où il devrait rester encore 5 à 6 jours en soins", a précisé à l'AFP Fabrice Jacquemart, porte-parole de la FGTB Métal.
  • Combien ça vaut un œil, François ? Une tribune de Nico Cué, secrétaire général de MWB-FGTB
Une trentaine de cars venant de Florange, Liège et Luxembourg avaient fait le déplacement hier pour soutenir une délégation de représentants syndicaux largement animée par la MWB, venus rencontrer les groupes parlementaires européens dans le cadre du dossier Mittal.
Mais des mots d’ordre autoritaires avaient été donnés aux chiens de garde.  Les forces de police étaient mobilisées en surnombre et dès la frontière des fouilles méticuleuses étaient organisées dans les bus syndicaux.  Matraque au point, fusils électriques armés, la chasse aux pétards et présumés boulons était lancée. La récolte et les résultats seront ridicules au vu des moyens déployés !
Ridicules ?  Non, catastrophiques !
Passons ici les heures de provocations policières empêchant nos gars de s’approcher du parlement européen, passons ici les arrestations musclées qui amènent à réfléchir sur le sens du mot démocratie, passons ici sur la mise en garde à vue de 2 camarades qui ne seront relâchés que très tard dans la nuit après avoir été soumis aux questions d’un procureur …
Passons…  Passons car ici, une nouvelle vitesse semble avoir été enclenchée
Nous apprenons ce matin que parmi les 14 blessés, John David, jeune intérimaire de la ligne galva 7, a perdu à jamais l’usage d’un œil vraisemblablement des suites d’une balle en caoutchouc tirée à hauteur de tête !
Aux témoignages de nos camarades ayant vécu les affrontements en direct, se joignent peu à peu les récits des journalistes présents sur place, pourtant rodés à l’exercice des manifs mais cette fois outrés par la tournure de celle qu’ils viennent de vivre !
Des consignes différentes auraient-elles été données cette fois  aux troupes du maintien de l’ordre ?  Bloquer jusqu’à blesser est-il devenu bloquer jusqu’à meurtrir ?
Les Métallos Wallons et Bruxellois de la FGTB se réveillent groggy et nauséeux !
Ils pensent d’abord avec tristesse à leur camarade blessé dans sa chair et lui témoignent, à lui ainsi qu’à toute sa famille, leur plus profond soutien.
Ils pensent aussi au Président de la République, aux ministres de l’Intérieur, aux Maires des villes un peu partout en Europe où ils seront amenés à se déplacer dans les mois à venir.  Ils leur conseillent vivement de réfléchir à l’accueil qu’ils leur réserveront.
Nous voulons plus d’Europe sociale, en le criant parfois !  Nous voulons sauver des emplois et le pouvoir d’achat de milliers de travailleurs dans nos régions.  Oui nous sommes mobilisés et nerveux.  Notre nervosité face à vos décisions est toute légitime !
Vos armes quant à elles vous salissent et jamais ne nous feront taire !

Le Quotidien

Strasbourg/ArcelorMittal: Le choc après la manif




C’est une balle en plastique tirée par un pistolet Flash Ball comme celle montrée par ce manifestant qui a blessé l’intérimaire belge mercredi. Photo Jean-Marc Loos

Une enquête a été ouverte après qu'un intérimaire d'ArcelorMittal a été gravement blessé mercredi.



La victime se trouvait devant le Parlement européen quand des échauffourées ont éclaté avec la police. Elle a reçu une balle de flash-ball dans le visage.
 
Un intérimaire belge d'ArcelorMittal a perdu un œil après avoir été blessé par une balle en caoutchouc tirée par les forces de l'ordre lors d'une manifestation mercredi à Strasbourg, conduisant à l'ouverture d'une enquête interne par la police et la gendarmerie. John David, un Liégois de 25 ans, était à Strasbourg avec des centaines de métallos venus notamment de Liège (Belgique), de Florange (Moselle) et du Luxembourg, pour solliciter l'appui des eurodéputés face à la situation des salariés du secteur sidérurgique.
Le jeune homme, hospitalisé à Strasbourg, devait encore y rester cinq à six jours en soin selon des collègues. Le numéro un de la CGT, Bernard Thibault, s'est déclaré «scandalisé» par la «réception brutale» des métallurgistes, et a dénoncé le comportement de la police qui a assimilé les manifestants à «des délinquants». Les directions générales de la police et de la gendarmerie nationale ont demandé de leur côté à leurs inspections de mener une enquête, a-t-on appris hier de source proche des deux directions.


«Des tirs à hauteur de tête»


L'affaire survient alors que les services de renseignement de la police ont reçu récemment comme instruction de suivre «au plus près» les entreprises en difficulté afin d'anticiper une éventuelle «radicalisation» de mouvements sociaux.
 
Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, s'est inquiété mardi des risques «d'implosions ou explosions sociales», affirmant que ses services étaient mobilisés pour éviter tout débordement lors de mouvements sociaux.
«Manuel Valls a saboté la rencontre» prévue au Parlement européen entre des syndicalistes et des élus, au Parlement européen, «en criminalisant les sidérurgistes», avait déclaré mercredi l'eurodéputé José Bové (EELV).
 
Les affrontements sporadiques entre manifestants et forces de l'ordre avaient pris fin avec l'intervention de plusieurs eurodéputés, venus négocier avec les forces de l'ordre la libération de trois manifestants interpellés.
L'incident qui a coûté un œil à un manifestant a eu lieu lors d'un face-à-face tendu avec les forces de l'ordre, qui empêchaient la manifestation, «non déclarée» selon la préfecture, d'approcher du Parlement européen. «Les récits affluent pour dire que les forces de police tiraient avec des balles en caoutchouc à hauteur d'homme, à hauteur de la tête», a déclaré un syndicaliste wallon du syndicat belge FGTB, Jean-Michel Hutsebaut, dénonçant «un pas inacceptable qui a été franchi».
Le jeune homme, le visage en sang, avait été évacué par deux collègues avant l'arrivée des pompiers. Dénonçant les «agissements d'une minorité d'individus violents», la préfecture du Bas-Rhin avait reconnu mercredi dans un communiqué que les forces de l'ordre avaient «répliqué en utilisant des gaz lacrymogènes et quatre tirs de flash-ball».
 

Cette catégorie d'armes, régulièrement critiquée depuis qu'elle a été étendue à la police de proximité en 2002, a provoqué plusieurs blessures à la tête depuis 2005.
 
Le gomme-cogne est une arme dite sublétale de quatrième catégorie, comme le pistolet à impulsions électriques Taser utilisé par les policiers et les gendarmes.
 

Sur ordre du procureur de la République à Strasbourg, la vingtaine de cars en provenance de Belgique avaient été interceptés et fouillés par la police, qui avait saisi des boulons, des pétards de gros calibres, des fumigènes et deux bonbonnes de gaz. Ces contrôles policiers, pratiqués à la frontière et sur l'autoroute, avaient déclenché la colère des manifestants parvenus jusqu'à Strasbourg.

 

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