Québec : lutte contre l'impunité policière, et soutien à Dany Villanueva

Publié le par dan29000

 

 

 

 

CMAQ

Québec : ne laissons pas tomber Dany Villanueva !



Quand on lutte contre l’impunité policière, la bataille n’est jamais ni courte ni facile ! Surtout quand les autorités préfèrent s’acharner sur le grand frère du défunt plutôt de traduire en justice un assassin en uniforme. Alors que l’audition de la preuve à l’enquête du coroner sur le décès de Fredy Villanueva a prit fin dans un climat de démobilisation militante et de désintérêt médiatique, et alors que l’heure est venue d’entreprendre une nouvelle bataille d’une importance cruciale, soit celle contre la déportation de Dany, il est temps de répondre à cette question suivante : Êtes-vous encore là ?


***

Lettre ouverte à tous les sympathisants à la cause des Villanueva

Salut à tous,


Nous nous sommes battus pour la tenue d’une enquête publique sur les causes et circonstances du décès de Fredy Villanueva. Nous nous sommes également mobilisés pour que les avocats qui représentent les intérêts des victimes se voient accorder des moyens équivalents aux avocats qui représentent les intérêts des policiers.


Lorsque nous avons obtenu gain de cause et que cette enquête publique a enfin prit son envol, les militants se sont peu à peu démobilisés. L’immense salle du Palais de justice de Montréal où se sont tenus les travaux du coroner André Perreault est demeurée vide durant la plupart des journées d’audience qui se sont tenues au courant de l’été dernier et tout au long de l’automne.


À l’instar des militants, les médias ont eux aussi décrochés progressivement de l’enquête publique puisqu’ils se sont mis à couvrir sporadiquement les travaux du coroner André Perreault


Tant et si bien que l’audition de la preuve à l’enquête publique s’est terminée sans tambour ni trompette, le 1er décembre dernier, dans un climat d’indifférence quasi-généralisé.


Si les militants et les médias ont pu « passer à autre chose », comme on dit, il reste que les membres de la famille Villanueva doivent composer chaque jour avec les conséquences, souvent pénibles, que cette longue enquête-là a eu sur leurs vies respectives. Cela est encore plus vrai pour Dany Villanueva, le grand frère du défunt.


Dany doit vivre avec la conséquence de la notoriété publique non-sollicitée. Cela implique de se faire dévisager par des inconnus sur la rue, de se faire juger, voire condamner, par une partie de la population québécoise, de se faire traiter de tous les noms par des internautes sur le web. Difficile pour lui de « passer à autre chose » dans un tel contexte.


Compte tenu d’une aussi grande visibilité médiatique, le moindre petit écart de conduite de sa part est vite monté en épingle et prend des proportions proprement démesurées, comme en témoigne la couverture médiatique entourant son arrestation par la police de Repentigny, dans la nuit du 15 avril dernier. On se rappellera que Dany fut accusé de conduite avec les facultés affaiblies, de possession simple de stupéfiants et de bris de condition, après avoir été intercepté par la police, à Charlemagne, au volant d’un véhicule en compagnie de deux amis.


Il va sans dire qu’aucun média ne se serait intéressé à un fait divers aussi banal si le conducteur n’avait pas été un « témoin clé » dans l’enquête publique sur le décès de Fredy Villanueva.


À cette intense pression médiatique s’ajoute la désinformation pure et simple à l’égard de Dany. Selon l’Hebdo Rive-Nord, qui revendiqua fièrement l’exclusivité de la nouvelle de l’arrestation de Dany, ce dernier aurait fait preuve d’une « conduite erratique » au volant du véhicule. Cette affirmation, qui s’est avérée parfaitement fausse, fut ensuite reprise par de nombreux médias.


Lors d’un entretien avec la journaliste Catherine Handfield de La Presse, Guy Bélair, directeur adjoint à la police de Repentigny, a remis les pendules à l’heure en précisant que le véhicule conduit par Dany avait été intercepté pour les fins d’une inspection de « routine », et non en raison d’une conduite dangereuse. (Cyberpresse, « Dany Villanueva comparaîtra cet après-midi », Catherine Handfield, le 15 avril 2010, mis à jour à 14h01) Il est difficile de ne pas voir un mensonge délibéré de la part de la police dans le fait que la version véhiculée dans les médias soit passée d’une « conduite erratique » à une « inspection de routine » en l’espace de seulement quelques heures.


L’Hebdo Rive-Nord n’a d’ailleurs eut d’autre choix que de publier un « erratum » lorsqu’un militant de la Coalition contre la répression et les abus policiers (CRAP) lui signala son erreur. « Selon la version officielle livrée par le Service de police de Repentigny, c’est une opération de routine qui a justifié l’arrestation de Danny [sic] Villanueva et non une conduite erratique tel que mentionné », a-t-on pu lire dans les pages de l’Hebdo Rive-Nord. (Hebdo Rive-Nord, « Erratum », 22 mai 2010, p. 4.)


Cependant, le mal était déjà fait. Encore aujourd’hui, beaucoup de gens continuent à s’imaginer que Dany s’est lui-même attiré l’attention des policiers de Repentigny en zigzaguant à tombeau ouvert au beau milieu de la nuit sur la route.


Mais la pire conséquence que l’enquête publique a eue sur la famille Villanueva est sans équivoque les démarches du gouvernement fédéral pour bannir Dany à vie du territoire canadien sous prétexte de « grande criminalité », lui qui vit au Québec depuis l’âge de 12 ans.


Des documents obtenus en vertu de la loi d’accès à l’information suggèrent en effet que Dany Villanueva ne serait probablement pas menacé de déportation aujourd’hui si le décès de son petit frère Fredy n’avait pas fait l’objet d’une importante enquête publique.


Ainsi, Rue Frontenac , le site web des employés en lock-out du Journal de Montréal, a récemment révélé que l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a rédigé non pas un, mais bien deux rapports demandant que Dany soit interdit du territoire canadien en raison d’une condamnation prononcée en avril 2006 pour le vol d’une chaine au cou. [1]


Le premier rapport d’interdiction de territoire a été produit en octobre 2007, mais le gouvernement n’a apparemment pas jugé bon d’y donner suite à ce moment-là. Il faut en effet savoir que c’est au ministre fédéral de la Sécurité publique que revient le rôle de soumettre le rapport de l’ASFC à la Commission de l’immigration et du statut de réfugié.


Si le premier rapport d’interdiction de territoire est resté lettre morte, il en a été tout autrement du second rapport produit par l’ASFC, en août 2009. Pourtant, le deuxième rapport de l’ASFC est à toute fin pratique identique au premier, en ce sens qu’il invoque à nouveau cette même condamnation prononcée à l’égard de Dany, en avril 2006, comme motif d’interdiction de territoire.


Que s’est-il donc passé entre les deux rapports ? Hé bien, tout d’abord, un agent du SPVM a abattu Fredy Villanueva, le petit frère de Dany, le 9 août 2008, un drame qui a été suivi le lendemain par une émeute d’une rare intensité, dont les images ont fait le tour de la planète, affectant ainsi l’image du Canada à l’étranger. Surtout, une enquête publique a été ordonnée par le gouvernement du Québec afin de faire la lumière sur le décès du jeune Fredy, mais aussi dans le but d’éviter une autre émeute.


Or, le second rapport de l’ASFC a été produit seulement trois semaines après la conclusion d’une entente entre le Bureau du coroner et les avocats représentant les intérêts des victimes, entente confirmant la tenue de cette fameuse enquête publique qui avait fait l’objet d’un boycott de la part de la famille Villanueva jusqu’alors.


Le lien entre l’enquête publique et la procédure de déportation de Dany devient encore plus démonstratif quand on sait que le ministre de la Sécurité publique a ensuite attendu jusqu’en janvier 2010 pour soumettre la demande d’interdiction de territoire à la Commission de l’immigration et du statut de réfugié. Le timing choisi par le gouvernement est en effet des plus suspect quand on sait qu’il coïncide à quelques semaines avant le début prévu du témoignage fort attendu de Dany à l’enquête publique.


Comme vous le savez, Dany est actuellement en appel d’une mesure de renvoi prononcée contre lui par la Commission, le 21 avril dernier. L’appel de Dany sera entendu par la Section d’appel de l’immigration les 12 et 13 avril prochain.


Voilà qui nous laisse quatre mois pour recueillir le plus d’appuis possibles envers la cause de Dany. C’est dans ce contexte que nous vous invitons à imprimer la pétition contre la déportation de Dany et à faire votre part pour recueillir des signatures


Pour télécharger la version française de la pétition :


http://www.lacrap.org/sites/www.lac...


Pour télécharger la version anglaise de la pétition :


http://www.lacrap.org/sites/www.lac...


Il faut convaincre la Section d’appel de l’immigration que la déportation de Dany vers son pays natal, le Honduras, ne doit jamais se produire car elle soulève l’indignation d’une portion significative de la société québécoise.


Mais il faudra redoubler d’ardeur car la mauvaise presse que Dany a reçue depuis un an et plus n’a pas du tout aidé à susciter la sympathie auprès de l’opinion publique.


Nous ne pouvons nous permettre que l’État canadien réussisse à enlever le seul fils qui reste à Lilian Maribel Madrid, la mère de Fredy. La déportation de Dany constituerait non seulement une formidable victoire pour le SPVM et les Martineau & Lagacé de ce monde, mais elle aurait également des conséquences catastrophiques pour la famille Villanueva.


Alors que la mesure de renvoi prononcée contre Dany est en appel, voici un appel à tous les sympathisants à la cause des Villanueva pour empêcher que l’irréparable soit commis…encore une fois !


Bien des gens ont laissés tomber l’enquête publique ; ne laissons pas tomber Dany Villanueva !


Si la cause des Villanueva vous tient à cœur, faites circulez la pétition contre la déportation de Dany !


Alexandre Popovic,
Coalition contre la répression et les abus policiers
Notes

[1] http://ruefrontenac.com/nouvelles-g...


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