Québec : projet d'un journal internet de la gauche sociale et politique, Presse-toi à gauche

Publié le par dan29000

 

 

 

 

Presse-toi à gauche !

Le projet d’un journal Internet de la gauche sociale et politique

 

Presse-toi à gauche fête ses cinq ans en lançant une nouvelle mouture de son site. C’est surtout l’occasion pour nous de rencontrer ses rédacteurs et ses rédactrices, ses lectrices et ses lecteurs et ses ami-e-s qui se comptent aujourd’hui par milliers, et qui nous donnent l’énergie et la volonté d’élargir encore plus son rayonnement.

Rappel : date et lieu des lancements

L’état désastreux de l’information au Québec

Au Québec, la concentration des médias est tout bonnement ahurissante. Deux puissants trusts (Power et Péladeau) contrôlent la vaste majorité des journaux, revues, radios et télévisions privées.

Les grands médias de Power et Quebecor servent tous les jours les discours néolibéraux sur l’état dramatique de la dette, sur la supériorité du privé, sur les bienfaits du libre-échange. La parole est réservée aux représentants de l’oligarchie qui défendent leurs thèses antiécologiques, militaristes et inégalitaires. Nous nous faisons rabattre les oreilles sur le caractère éthique des sables bitumineux, sur la fonction civilisatrice de l’intervention militaire en Afghanistan, sur le pouvoir excessif des organisations syndicales, sur les mérites des plus riches et autres spéculateurs.

Il suffit de comparer la couverture médiatique de la Marche mondiale des femmes, réduite à la section région des quotidiens sans mentionner le mépris exprimé par plusieurs chroniqueurs, avec celle offerte en même temps au sinistre Réseau Liberté Québec, carrefour de la droite extrême et favori des éditorialistes pour comprendre l’ampleur du monopole médiatique actuel. L’exemple du mouvement contre les gaz de schiste fait la démonstration que malgré les efforts colossaux des citoyenNEs, des intellectuelLEs, des chercheurEs, des artistes, les grands médias continuent à draper l’industrie des énergies fossiles dans le manteau de la respectabilité, camouflant au passage les travers de cette industrie cultivant le secret.

Mais combien de fois parle-t-on des paradis fiscaux, de l’injustice fiscale, du lien entre les profits des industries pharmaceutiques et les hausses des dépenses en santé. Sans parler du mépris dans lequel ces trusts médiatiques tiennent les journalistes et les personnels qu’ils emploient et du formatage idéologique qu’ils leur imposent.

Des réformes radicales seront nécessaires pour démanteler ce système de domination des médias : loi contre la concentration financière et industrielle des médias, droits accordés dans la loi à l’autonomie des rédactions, défense des droits syndicaux et professionnels des personnels de ces journaux qui depuis des années maintenant font face aux attaques de ces grands patrons de la Presse. La liberté de la presse sera à ce prix.

À l’heure de la concentration de la presse, de la pensée unique, de la fabrication orchestrée du consentement, il est plus que jamais nécessaire que se développe au Québec une alternative indépendante capable de faire écho aux luttes et de faire entendre la voix de ceux et celles qui s’opposent au néolibéralisme conquérant, aux injustices et aux destructions qu’il porte dans son sillage.

Presse-toi à gauche veut apporter sa contribution dans cette démarche vers la construction d’une presse alternative véritable qui saurait trouver une diffusion auprès de larges secteurs de la population.

Le défi : travailler ensemble

Des journaux, des radios et des télévisions et des sites Internet de groupes populaires, de syndicats, d’associations étudiantes, de groupes écologistes, de groupes de femmes, de groupes de solidarité internationale, de médias alternatifs... se sont multipliées ses dernières années. La présence de ces nombreuses initiatives exprime le besoin des mouvements sociaux de pouvoir compter sur des médias libres et indépendants et de retrouver ainsi une liberté d’expression, d’information et de création réduites à peu de choses dans les mass media dominants.

Mais le travail de ces médias alternatifs se fait trop souvent de façon isolée, se définissant soit autour de problèmes particuliers, soit dans des champs locaux, régionaux ou thématiques. Chaque initiative rejoint un public cible particulier généralement assez restreint.

Presse-toi à gauche a voulu s’inscrire d’emblée dans le cadre de ce développement de pratiques médiatiques alternatives. Comme tribune de la gauche, Presse-toi à gauche se donnait comme mission d’élargir les échanges et de répercuter les différentes luttes et débats pour démontrer qu’ils représentaient un combat commun pour une société plus juste et plus égalitaire. Nous avons compté sur les militantes et les militants directement impliqués des luttes pour les faire connaître et pour nourrir les réflexions sur les enjeux sociaux auxquels font face les différents mouvements. C’est seulement à partir de cette information et de ces échanges qu’il est possible de favoriser la solidarité et l’action commune.

Le lancement de ce nouveau site est pour nous le symbole d’une nouvelle étape dans le travail de Presse-toi à gauche. Le défi est de travailler ensemble. Le défi est de faire de Presse toi à gauche, un instrument parmi d’autres sans doute, mais essentiel pour dépasser le fonctionnement en vase clos des médias des organisations sociales et de gauche. Nous voulons créer un lieu de convergence permettant d’organiser systématiquement un véritable travail collaboratif pour créer un outil de production d’informations, un lieu d’échanges et une plate-forme de diffusion. Il s’agit de réunir les volontés de dépasser les approches sectorielles ou ponctuelles en jouant le rôle de porte-voix pour des centaines d’organisations et des milliers de militantes et militantes qui pensent qu’il est essentiel de s’orienter dès maintenant vers la construction d’une presse alternative capable de s’opposer à une échelle de masse au discours dominant.

Les tâches qui sont devant vous !

Pour publier de l’information originale sur les luttes, il faut pouvoir faire des reportages aux quatre coins du Québec sur les luttes sociales, multiplier les entrevues avec les acteurs et les actrices de ces dernières, produire et diffuser des vidéos inédits. Pour alimenter les débats sur les enjeux sociaux et politiques, il faut que les militantes et les militants dans différentes organisations croient que leurs propos méritent d’être débattus dans des forums. Pour préparer des dossiers thématiques qui informent et renseignent, il faut pouvoir compter sur les expertises développées sur le terrain.

Cela ne sera possible que si Presse-toi à gauche et ses ami-e-s savent convaincre les militantes et militantes qui agissent comme journalistes, photographes, vidéastes, caricaturistes partout au Québec de collaborer. Si nous sommes capables, dans un premier temps, d’organiser les ami-e-s de Presse-toi à gauche dans les différents milieux et régions du Québec en une véritable communauté agissante, nous pourrons augmenter considérable l’impact du discours de la gauche dans l’ensemble de la société québécoise. Pour ce faire, il sera également nécessaire, de pouvoir mobiliser les ressources financières pour soutenir concrètement un tel projet.

C’est le défi que nous posons et que nous posons aux ami-e-s de Presse-toi à gauche avec ce lancement. Est-il possible d’avancer pour rendre la parole de la gauche politique et sociale audible pour le plus grand nombre. Mais surtout et plus essentiellement, qu’est-ce que nous pouvons faire maintenant pour avancer vers cet objectif essentiel ?

 


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