Québec, témoignage : paroles de résistant dans la rue

Publié le par dan29000

carréATTENTION LE TEXTE EST COMPLEMENTAIRE DE LA VIDEO

 

(voir la vidéo d'abord)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publiée le 25 mai 2012 par

Commentaire supplémentaire du citoyen interrogé :

"Je dois préciser que j'ai fait cette entrevue sur l'adrénaline... on venait de se faire charger par l'anti-émeute... et tabasser... alors oui il manque quelques précisions à mon témoignage... Voilà plutôt le fils de ma pensée par écrit :

Les étudiants ne laisseront pas les libéraux saboter nos acquis sociaux si facilement.

Dis moi carrés «verts», dans quel monde une hausse des prix entraîne une hausse de la demande?

Seulement 17% des étudiants recevront des bourses. C'est donc dire que 83 % des étudiants s'endetteront davantage.

Considérant qu'un emprunt de 28 000 $ remboursé pendant 10 ans aura coûté 42 563 $ à l'étudiant, les banques privées à charte fédérale encaissent un profit de 14 563 $. Le Régime de remboursement proportionnel aux revenus permettra, certes, aux étudiants de payer moins chaque mois, mais on sait que plus il prendra de temps plus les intérêts sur sa dette étudiante s'accumuleront.

Les Banques doivent saliver à l'idée de cette nouvelle niche de titrisation pour des papiers commerciaux adossés à des prêts étudiants dont ces derniers ne peuvent même pas se départir s'ils font faillite et qui sont garantis par le gouvernement. Pour les Banques, aucun risque, profits élevés!

À l'inverse, un investissement public de 28 000 $ coûtera à l'État par ses recettes fiscales 28 000 $ (aucun intérêt ici). En fait, pour les contribuables, la hausse des frais de scolarité équivaut à 1¢ par contribuable par jour (sans vouloir rire de Mme Beauchamp).

Si on se fit à la période libérale de 1990 à 1996 où les frais ont considérablement augmenté passant de 563 $ à environ 1300 $, il est permis d'estimer la baisse de fréquentation scolaire liée à une hausse des frais à 7 000 étudiants par année. C'est donc dire que si on ne hausse pas les frais, 7 000 étudiants resteront sur les bancs de nos universités.

Sur 25 ans, c'est donc 175 000 étudiants (autant d'ingénieurs, de cinéaste, de travailleurs sociaux, d'infirmières, d'agronomes, de géographes, d'historiens, de philosophes, de sociologues, d'anthropologue, de designers industriels, etc.)

Néanmoins, la vie humaine n'est pas que comptable. Considérant que la valeur sociale de l'éducation est encore jeune et fragile chez les Québécois (90 % de la population était analphabète en 1963 quand on a construit notre système d'éducation, aujourd'hui 40% de la population est analphabète fonctionnel), il est normal que peu d'entre nous y soient déjà allés.

Je suis le premier de toute ma famille élargie à atteindre l'université. À l'Université du Québec en Outaouais, 70 % des étudiants sont les premiers de leurs familles à atteindre les études supérieures. Il est donc permis de dire que nous devons être vigilents face à nos acquis sociaux.

Ceci étant dit, on peut néanmoins être fier de notre système d'éducation. Et comme le rappelait Guy Rocher, le 11 avril dernier dans Le Devoir : « Mais la gratuité est-elle possible à l'aune de la mondialisation? C'est vrai qu'on vit dans un monde élargi de compétition, mais il y a d'autres pays qui vivent dans le même monde que nous et qui ont adopté de tout autres politiques», souligne-t-il en faisant allusion à la Scandinavie, où la gratuité est une idée plus répandue. «J'ai l'impression que la Finlande a lu le rapport Parent et qu'elle l'a appliqué! », conclut-il. [1] Parlant de compétition mondiale, les Québécois se situe au « 2e rang dans le monde occidental en mathématique, après la Finlande; 13e rang mondial en sciences; 6e rang mondial en lecture et compréhension (2e en Occident, toujours après La Finlande) ». [2]

Selon moi, si l'éducation est publique, c'est qu'elle repose sur un pacte intergénérationnel sacré. À savoir, les aînés paieront par leurs impôts l'éducation des plus jeunes qui à leur tour leur permettront d'avoir une retraite et des services sociaux adéquats en fin de vie.

Il s'agit pour moi de solidarité et de justices sociales.

Jean-Pierre Lord
Étudiant en travail social -- UQÀM
Président de l'association locale de Sainte-Marie-Saint-Jacques
Parti Québécois
www.facebook.com/SMSJ.PQ
www.facebook.com/jeanpierre.lord

Sources :

[1] http://www.ledevoir.com/societe/education/347145/la-lutte-des-etudiants-est-j... (diffusé le 11 avril 2012)

[2] http://www.ledevoir.com/societe/education/312879/resultats-du-quebec-au-pisa-...

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