Ramallah : la vraie victoire de l'équipe de football palestinienne

Publié le par dan29000

 

 

 

L'autre victoire de l'équipe de foot palestinienne


 

 

Et puis, plus rien. Un silence, long, douloureux. Les darboukas ne résonnent plus, les rares vuvuzelas ont rendu l'âme. Certains sèchent leurs yeux mouillés dans un keffieh, cette fois-ci la pluie glaciale n'y est pour rien. Il y a quelques minutes encore, plus de 10 000 personnes chantaient d'une seule voix. Le premier ministre de l'Autorité palestinienne, Salam Fayyad, avait même lâché la tribune officielle pour rejoindre des gamins surexcités venus de toute la Cisjordanie. C'était avant que le stade d'Al-Ram ne s'éteigne brutalement. 

Mercredi 9 mars, l'équipe de foot de Palestine a rencontré la Thaïlande, dans une banlieue de Jérusalem, près de Ramallah. Les Palestiniens ont échoué aux tirs au but : ils sont définitivement éliminés de la course à la qualification pour les Jeux olympiques de Londres 2012. Mais peu importe, car "la victoire" est ailleurs : pour la première fois de son histoire, une équipe nationale palestinienne a pu disputer un match officiel sur son sol.

D'habitude, elle jouait ses rencontres à domicile en Jordanie ou dans un autre pays frère. Il y a bien eu quelques confrontations à la maison, mais ce n'étaient que des matches amicaux. Comme en octobre 2008, quand le président de la Fédération internationale de football association (FIFA), Sepp Blatter, avait assisté au premier match reconnu par son instance. Ou en octobre 2010, quand Jacques Rogge, président du Comité international olympique (CIO), avait voulu se rendre compte par lui-même de la situation du sport palestinien.


Liberté de circulation


D'ailleurs, ce Palestine-Thaïlande a été l'occasion pour le président du comité olympique palestinien, Jibril Rajoub, de marteler en arabe, en anglais et en hébreu que "les Israéliens doivent changer leur politique". L'évènement a trouvé écho : plus de 150 journalistes accrédités, dont 15 israéliens. Le "Pelé israélien", Mordechaï Spiegler, une ancienne star du Paris Saint-Germain, a tenu à assister à cette rencontre. Le président de la Confédération asiatique de football, Mohammed Ben Hammam, a aussi fait le déplacement et a demandé que soit respectée "la liberté de circulation des athlètes palestiniens".

Car pour eux, le déplacement à l'intérieur du pays et à l'étranger est un véritable casse-tête. Pour ce match contre la Thaïlande, douze joueurs de Gaza ont été sélectionnés mais quatre seulement ont obtenu un laissez-passer. Fin février, l'entraîneur de l'équipe olympique est resté bloqué dix jours à Amman : impossible de revenir en Cisjordanie. "J'ai dû gérer les entraînements par téléphone", raconte Mokhtar Tlili. Il a pu rejoindre Ramallah le 7 mars, 48 heures avant le match. "Si nous avons perdu, c'est aussi à cause d'Israël, lâche-t-il. Mais politiquement nous avons gagné. Désormais, tous les pays seront obligés de venir jouer chez nous." Fin juin, la Palestine devrait disputer ses premiers matches de qualification pour le Mondial 2014.


Mustapha Kessous Article paru dans l'édition du 11.03.11

 

Source : Le Monde

Publié dans Monde arabe - Israël

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Mitsuko 13/03/2011 07:02



PS : j'ai oublié de te dire que je n'aimais pas le foot ... mais là, j'ai lu l'article avec un grand plaisir ... pourvu que ça dure ... mais ça ne me fera pas changer d'idée sur le
foot.


A bientôt. Bises ...


Mitsuko



dan29000 13/03/2011 09:36



Certain j'aime pas le foot non plus, mais c pas un article sur le foot...!!!



Mitsuko 13/03/2011 07:00



Bonjour Dan,


Il est amusante et stupéfiant  de réaliser que ce soit le football qui arrive à faire en sorte que la vraie victoire ne soit pas de gagner un match mais que pour la première
fois de sont histoire, une équipe nationale palestinienne a pu disputer un match officiel sur son sol.


Pour moi, cela relève de l'exploit ... mais ça me fait terriblement plaisir... vraiment et sincèrement ...


Comme quoi, le sport mène à tout .... A suivre ... sans hésitation possible ...


Bon dimanche à toi, Dan. Bises.


Mitsuko



dan29000 13/03/2011 09:37



oui, c le bon mot, cela fait plaisir, et c un acte politique important, et symbolique aussi, et dans les luttes politiques, les symboles sont importants, bon dimanche...