Réfugiés Kurdes : Ce gouvernement bafoue les lois du droit d'asile

Publié le par dan29000

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Après l'arrivée à Bonifacio jeudi de 124 migrants clandestins qui sont probablement Kurdes originaires de Syrie, le Préfet sous les ordres du gouvernement a pris la responsabilité de les faire transférer, contre leur volonté, et enfermer dans des CRA (Centre de rétention administrative), procédure illégale d'après les associations de soutien aux étrangers. Seule une femme sur le point d'accoucher a été hospitalisée à Toulouse.

Ces méthodes d'un autre âge sont indignes et soulèvent les protestations de l'ensemble des organisations de soutien. En période pré-électorale, Besson, l'homme aux 29 000 expulsions en 2009, veut aller vite au mépris de la loi et surtout au mépris des droits de l'homme.

Rappelons que le peuple Kurde n'a pas d'état et subit partout la répression. Dans la plupart des cas, les Kurdes obtiennent donc le statut de réfugiés (environ 60 % des demandes). Sans nul doute est-ce cela que veut éviter le gouvernement Sarkozy, en plein débat sur l'identité nationale. Déjà ses représentants faisaient en région parisienne la chasse aux Roms, cette semaine une triste variante : la chasse aux Kurdes en tentant de ne pas appliquer les lois internationales.


Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a  appelé samedi Paris à "s'assurer que toutes les personnes" découvertes vendredi en Corse puissent demander l'asile et bénéficier d'un "examen complet et équitable" de leur situation.
Lorsqu'une personne est placée en centre de rétention administrative (CRA), sa demande d'asile fait l'objet d'une procédure accélérée, dite prioritaire, non susceptible de recours suspensif, explique William Spindler, porte-parole du HCR en France. "Cette mesure est destinée aux personnes habituellement placées en CRA qui sont depuis quelque temps sur le territoire et qui n'ont pas fait de demande d'asile auparavant. (...) Ce qui nous inquiète, c'est qu'ils soient placés en situation prioritaire. Le délai est court d'autant que la période de rétention a commencé en Corse dans le centre sportif dans lequel ils ont été hébergés" et non dans les CRA ont ils ont été transférés samedi. Pour SOS Soutien aux sans-papiers, "on n'a pas le droit de les placer en CRA, car ce sont des réfugiés et ils ne sont donc pas expulsables". 

"Le droit est bafoué, il y a détournement de la loi", annonce Jean-Paul Nunez, délégué national de la Cimade en Languedoc-Roussillon. "Dans l'ordre des choses, d'abord on traite les dossiers de demande d'asile et après éventuellement, on place en CRA. Là, c'est l'inverse qui a été choisi."
La Ligue des droits de l'Homme (LDH) est également très critique : 

"Là, on traite tout réfugié qui arrive en France comme immédiatement expulsable sans connaître son histoire, c'est invraisemblable", a annoncé Jean-Pierre Dubois.

"Les droits les plus élémentaires de ces personnes sont grossièrement violés", déplore la LDH dans un communiqué cosigné par la fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), le réseau euroméditerranéen des droits de l'Homme et l'association européenne des droits de l'Homme.
"Ils peuvent à la rigueur être placés en zone d'attente le temps qu'ils puissent formaliser leur demande d'asile, mais les diriger vers des centres de rétention constitue une violation délibérée des engagements les plus essentiels de la République française", jugent ces associations.

Quant à Pierre Henry, président de  France Terre d'asile, il déclare que "le choix de les transférer  vers des lieux privatifs de liberté complique la tâche des défenseurs des droits". "La procédure est très accélérée en CRA et nous avons peu de temps pour déposer les recours", a-t-il expliqué.

"Nous aurions préféré que ces personnes soient reçues dans un centre d'hébergement et que le Haut comité aux réfugiés puisse intervenir pour donner une information impartiale sur l'accès à la demande d'asile", a-t-il dit. "Ils n'ont pas demandé asile parce que personne ne leur a expliqué comment ça se passait", a assuré Pierre Henry. Il ne serait "pas étonné que compte tenu de la procédure retenue, des juges prononcent un grand nombre de remises en liberté".

Un premier rassemblement de soutien devant l'adresse du Juge des libertés à Marseille a eu lieu dimanche midi à l'appel de la Cimade, RESF et LDH, alors que plusieurs familles avec dix enfants sont enfermées au CRA du Canet.

Besson et l'appareil judiciaire compte sur la rapidité des procédures pour règler le problème des 124, le mouvement de solidarité doit bloquer ce processus aussi illégal qu'odieux.



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anonyme 25/01/2010 18:40


Ouais, c'est Besson qui faut virer...