Rennes : cercle de silence

Publié le par dan29000

 

 

Cercle de silence à Rennes


Le Cercle de silence existe à Rennes depuis mars 2008. Le Centre de rétention administrative (CRA) de Rennes-St-Jacques est, lui, ouvert depuis l’été 2007. Un premier Cercle de silence a été initié à Toulouse par les franciscains à l’automne 2007. Il y a actuellement en France des Cercles de silence dans environ 165 villes, dont deux autres en Ille-et-Vilaine : à Saint-Malo et à Chartres-de-Bretagne.

 

Le Cercle de Rennes s’est tenu sans discontinuité, depuis mars 2008, les premiers mercredis de chaque mois, en pleine canicule ou sous la neige ou la pluie… Nous avons choisi le cœur de la ville, la place de la Mairie, un lieu au demeurant assez passant, de 18h à 19h. Il y a sans doute des lieux plus fréquentés, mais moins symboliques !

 

C’est un groupe de la communauté Saint-Augustin de Rennes, interpellée lors de la Journée des Migrants de janvier 2008 par l’une de ses membres, par ailleurs responsable du secteur « migrants » au Secours catholique 35, qui a pris cette initiative. Au départ, ce noyau, qui s’est baptisé : « Citoyens et chrétiens 35 », a été très vite en lien avec les franciscains de Rennes. Puis, peu à peu, d’autres mouvements l’ont rejoint : le Secours catholique, la Cimade, la Ligue des droits de l’homme, les Fraternités franciscaines, le CCFD, la Vie Nouvelle, le Mouvement de la paix, l’ACAT, la Service civil international et, dernier en date, l’Amitié entre les religions.

 

Le nombre des participants au Cercle de Rennes est très variable : d’une cinquantaine au cœur de l’été à cent-vingt certains mercredis. Ce que nous constatons, c’est que des passants, incités par nos trois panneaux : « Liberté », « Egalité », « Fraternité », et par les flyers distribués, entrent dans le Cercle pour un moment plus ou moins long. Cela nous semble manifester une réelle compréhension de ce que nous proposons. Les distributeurs de flyers, eux, répondent aux questions. Rares sont les réactions de franche hostilité, mais elles existent, bien sûr.

 

Les visiteurs des personnes retenues au CRA, dans le court temps des parloirs, abordent rarement cet aspect des choses. Mais cela arrive et l’écho est bon. Plusieurs de ces visiteurs participent de temps en temps au Cercle. Ces actions sont complémentaires. Les panneaux d’information tiennent compte de ce qui peut remonter de ces visites, comme des diverses audiences judiciaires.

 

Parmi ceux qui fréquentent le Cercle de silence, certains sont sûrement partisans d’actions plus « musclées ». Encore faut-il s’entendre sur ce que l’on entend par là ? Organiser des visites régulières au CRA, être présents à des audiences judiciaires, trouver des hébergements pour des sans-papier, soigner des étrangers malades ne bénéficiant pas de couverture sociale, interpeller à temps et à contretemps les pouvoirs publics, participer aux opérations du DAL… Chacun a largement le choix, suivant sa sensibilité et ses disponibilités. Les Cercles de silence se veulent une action non-violente de sensibilisation du public, pouvant réunir des citoyens d’origines diverses. Nous croyons que notre silence peut être un cri plus fort que l’invective ou l’injonction…

 

Nous avons en effet eu des retours de personnalités. Nous avons reçu le soutien clair et précis de trois députés et d’un sénateur d’Ille-et-Vilaine, ainsi que de quatre municipalités de la Métropole. Quant à l’archevêque, il a pris clairement position, fin août, par un communiqué de presse, contre le placement d’enfants et de familles en rétention. Après l’occupation de locaux de la communauté Saint-Augustin, en décembre dernier, il a demandé au Secours catholique 35 de gérer l’accueil d’une quarantaine de migrants dans les locaux de l’ancienne paroisse Saint-Marc, à Villejean.

 

Mettre en route un Cercle de silence dans une localité ? Oui, en essayant, dès le départ, d’avoir une base militante la plus large possible, pour ce ne soit pas l’affaire d’un seul groupe ou d’une seule tendance d’opinion. S’interdire toute manifestation bruyante et ostensiblement provocatrice. Informer des faits tels qu’ils sont, et c’est déjà beaucoup ! Actualiser sans cesse l’information fournie au public. Se tenir en dehors des partis ou des organisations partisanes. Se doter d’une charte acceptée par toutes les parties pour fixer les modalités de l’action. Choisir un lieu significatif pour la tenue du Cercle, mais qui soit suffisamment passant pour toucher le public. S’armer de patience, de détermination et de persévérance. C’est, inévitablement, un voyage au long cours...

 

 

Source : Parténia sans frontière

Publié dans actualités

Commenter cet article