Rennes : face à l'inertie des pouvoirs publics, squat de l'ancien funérarium

Publié le par dan29000

 

 

 

 

 

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L’ancien funérarium squatté à Rennes

 
  


Les grands squats des demandeurs d’asile ne sont plus le triste apanage de la région parisienne. À Rennes, l’ancien funérarium est occupé par plus de 80 personnes qui logent dans des conditions inhumaines.

Trois bougies posées sur une table pour contrer l’obscurité qui envahit les combles glaciaux de l’ancien funérarium, rue Louis Postel, à Rennes, à un jet de pierre de la préfecture de région. Les premiers frimas de l’hiver sont là. Emmitouflés dans leurs doudounes, une dizaine de Mongols, s’apprêtent à passer une nouvelle nuit sans chauffage, sur des matelas jetés à même le sol. Parmi eux, un bébé d’un an.

 

Le danger est partout.

 


Au rez-de-chaussée, les plus chanceux ont pu investir les anciennes chambres mortuaires où s’ébattent une dizaine de petits Géorgiens. Ici, les murs en dur permettent de chauffer convenablement les pièces d’une dizaine de mètres carrés où se serrent tous les soirs cinq ou six personnes. Sur les portes, sont toujours accrochées les anciennes pancartes de dénomination des salles, « Roazhon », « Brocéliande ». Et les pinces dans lesquelles on glissait le nom des défunts. Un détail qui fait froid dans le dos.

 

Yannic Cottin, un des membres actifs de DAL 35 - Droit au Logement -, le collectif qui a procédé à la « réquisition » des bâtiments, poursuit la visite, une torche à la main. « Certains sont mieux installés que d’autres. Ils ont construit des cloisons avec ce qu’ils ont trouvé », explique-t-il en poussant la porte d’une cabane où vivent un couple et son bébé de 15 mois. Effectivement il fait meilleur dans cette pièce aux murs tapissés de carton. Au sol, un barbecue électrique et un service à raclette rougeoyants, trouvés dans les poubelles, irradient la pièce de leur chaleur.

 

« Si un de ces appareils se renverse, c’est la catastrophe » poursuit Yannic Cottin. Le DAL en est conscient. Un simple coup d’oeil sur les branchements électriques anarchiques en dit long sur les dangers encourus par les 50 adultes et la trentaine d’enfants qui occupent les lieux. Les rallonges et les câbles, qui courent dans tous les sens, s’échauffent. Le danger est partout. Dans une autre chambre, occupée par un couple d’Albanais et leur fille scolarisée dans un lycée de la ville, une réserve d’eau côtoie une multiprise. La pièce est sombre et décrépie. Zola doit s’en retourner dans sa tombe.

 

« Il faut évacuer et reloger »

 

« Nous avons alerté Jean-Yves Le Drian et le président du conseil général, Jean-Louis Tourenne. Ainsi que la ville et la préfecture. Personne ne bouge. Il faut évacuer ce lieu et reloger tout le monde. » Inévitablement, pour une poignée de personnes en situation irrégulière, cette opération se solderait par une arrestation. « Mieux vaut cela qu’un incendie et dix victimes », conclut Yannic Cottin.

 

 
Source : letelegramme.com

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