Résistons ensemble, numéro 85, à faire circuler

Publié le par dan29000

Voici le N° 85, avril 2010, du petit journal mobile recto-verso A4
"RESISTONS ENSEMBLE" du réseau contre les violences policières et
sécuritaires. Il est destiné à être photocopié et à être diffusé
localement. Vous pouvez télécharger en format pdf, avec mise en page sur
le site du réseau : http://resistons.lautre.net/ Si le journal vous
plaît vous êtes
invitEes à participer à son élaboration, à sa rédaction, à se joindre à
l'équipe de rédaction. Nous
attendons vos contributions, propositions, critiques ...
à bientôt.
L'équipe de rédaction


RESISTONS ENSEMBLE / bulletin numéro 85 / avril 2010

SOMMAIRE

- Abstention – boycott dans les quartiers populaires
- Les inculpés de la révolte de Vincennes font appel du verdict
- RIPOSTE dans les quartiers populaires – Tremblay – Epernay – Woippy <
- [ C H R O N I Q U E D E L ' A R B I T R A I R E ]
Terrorisme d’Etats
Du bon désencerclement
l’Etat assassine
Ceux qui subissent au quotidien la violence et le racisme des flics <B
Pour Voynet, les Rroms ne sont toujours pas écologiques <BR>
Impunité pour la BAC à Saint-Fons <BR>
Le flicage, un business très lucratif
Martinique : Encore un œil crevé par un flashball ?
Arrestations massives - la loi sur les « bandes » est testée
Dernière nouvelle : Villiers-le-Bel

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Abstention – boycott dans les quartiers populaires

C’était il y a cinq ans, en 2005. Les révoltes ont balayé les quartiers
populaires du pays. Isolement, répression, mépris ont eu raison d’elles.
Pourtant ses causes, la misère (un tiers des habitants y vivent
en-dessous du seuil de pauvreté), le racisme officiel, le harcèlement
policier et judiciaire n’ont pas disparu avec les années… tout au contraire.
Cinq ans plus tard : abstention record dans le pays en général,
abstention dévastatrice dans les cités, frôlant les 80-90% des inscrits
dans certains quartiers. C’est pourtant dans ces mêmes cités que la
gauche a obtenu des votes élevés en 2007. Par exemple à Clichy-sous-Bois
Ségolène Royal obtenait 61,7% des inscrits avec 18% d’abstention
seulement. Même dans les quartiers où les partis politiques ont réussi à
embaucher des représentants de la soi-disant « diversité » c’est pareil.
Cette abstention est donc aussi une manière d’exprimer son opinion sur «
la gauche ». Pour cause, 20 régions sur 22 en métropole étaient déjà
dirigées par « la gauche ».
A cette abstention écrasante il faut rajouter les non-inscrits et ceux
qui sont privés de droit de vote (étrangers, sans-papiers, prisonniers).
D’après les calculs « maison », la « majorité » de 54% obtenue par la
gauche est réduite en réalité à 22,2 % ! Il est significatif que ce
résultat (très approximatif) soit introuvable dans les statistiques
officielles. Pour cause, la majorité électorale, qu’elle soit de «
gauche » ou de droite est en réalité ultra-minoritaire dans le pays.
Alors, à cette échelle, le bilan de ces élections, ce n’est plus une
abstention par indifférence, mais l’expression, par le canal électoral
très déformant, d’une résistance populaire. Ca s’appelle un boycott à
caractère politique.


Les inculpés de la révolte de Vincennes font appel du verdict

Le 17 Mars,14h45, après avoir fait expulser une personne du public et
fait confisquer un téléphone portable, la juge Dutartre, fidèle à elle
même, annonce en quelques minutes le verdict : des peines allant de 8
mois à 36 mois de prison ferme et en prime des amendes « cadeaux »
allant de 700 à 2500 euros au bénéfice des flics (de ce qu’on sait :
irritation due à l’inhalation de fumée, doigt de pied écrasé ou moral à
zéro). Dutartre accède aussi à une autre demande du procureur Flam : une
expertise technique afin de déterminer si les matériaux et le mobiliers
étaient conformes aux normes et quelles ont été les causes de la
propagation de l’incendie. Cette expertise que réclamaient les avocats
et qui leur a toujours été refusée aura finalement bien lieu mais dans
le but de faire payer aux 10 inculpés la reconstruction du nouveau
centre de Vincennes. En tous cas plus de 80 personnes étaient encore là
pour les soutenir et nous serons à nouveau nombreux au tribunal lorsque
le jugement sera réexaminé en appel car aucun des inculpés disposant
d’un avocat ne s’est résolu à accepter ce nouvel affront.


RIPOSTE dans les quartiers populaires

Tremblay – Au lendemain de la diffusion d’un reportage qui présentait
leur cité et leur ville comme un carrefour de la drogue tenu par des
dealers et la descente de police qui l’a précédée, la collusion entre
journalistes et politiques ne fait plus de doute pour les habitants de
Tremblay (93). Beaucoup refusent désormais de répondre aux questions des
journaleux et les envoient au diable et ces derniers de s’interroger :
serions nous pour quelque chose dans la stigmatisation de ces quartiers
? Halte à la mascarade.
Epernay – On nous raconte que c’est l’œuvre des voyous, des bandes,
l’influence des rappeurs gangsta… On nous dit que les pierres balancées
sur les policiers le 8 mars c’est à la suite d’un simple contrôle
routier. Simple ? Oui, à condition que l’on admette que c’est « normal »
: « Lui (le policier) prend les nerfs, sort ses armes: arme de poing,
gaz lacrymogène, matraque. Et fait une gestuelle genre “tu vas voir ce
que je vais te faire”. » raconte celui qui en était l’objet. La suite ?
Sept voitures ont été brûlées, Fillon n’a pas hésité à enterrer
précipitamment, dans un but électoral, le policier blessé, qui depuis
est sorti du coma.
Woippy – C’était en janvier 2010. Le « parchocage » des flics a encore
frappé. Un mort, deux blessés graves à Woippy. Un « accident » pour les
autorités : comme en mai 2002 à Dammarie-les-Lys (77), en avril 05 à
Aubervilliers (93), en mai 2006 à Montpellier… voir RE N° 83
http://resistons.lautre.net/spip.php?article444
Mais cette fois-ci il y a des survivants. Nabil est sorti de plusieurs
semaines de coma, il est en chaise roulante mais il accuse : « Ils (les
policiers municipaux, ndlr) nous ont coursés, ils nous ont fait tomber
», puis « Quand nous étions à terre, ils nous ont frappés »
affirme-t-il. Après les manifestations des jeunes du quartier en
janvier, cette fois-ci c’est le survivant lui-même qui attaque. D’après
l’avocate de Nabil : « Ce dossier est une patate chaude. Il risque de
réserver des surprises ».


> [ C H R O N I Q U E D E L ’ A R B I T R A I R E ]

Terrorisme d’Etats

Le 18 avril 2009 Jon Anza, militant indépendantiste basque, disparaît
dans le train Bayonne-Toulouse où il va rejoindre des membres de l’ETA.
Le 29 avril il est trouvé inconscient dans un square toulousain et
hospitalisé. Il meurt le 11 mai, sans que l’hosto ni la préfecture
n’arrivent à l’identifier. Ce n’est qu’en mars qu’une employée «
retrouve » son corps dans une morgue de Toulouse... Les recherches
menées par la famille et le collectif de soutien auprès des hôpitaux et
morgues n’avaient jamais abouti. Selon l’autopsie pratiquée le 15 mars
il serait mort des suites de son cancer du nerf optique, attrapé après
20 ans de taule. Et beaucoup d’affirmer que Jon a été enlevé par un
corps spécial de la police espagnole entre Bayonne et Toulouse,
interrogé, torturé. Comment ne pas y croire ?! Alors que les
séquestrations de militants se succèdent depuis un an sous diverses
formes avec menaces, demande de collaboration, tabassages : en juillet
par exemple, après que de faux clients aient requis ses services de
maçon, Alain Berastegi est enlevé par douze personnes cagoulées et
armées de mitraillettes et retenu en haute montagne pendant au moins
sept heures. Il faut savoir que la guerre ouverte est menée par les
Etats espagnol et français contre le mouvement indépendantiste basque
sous toutes ses formes. L’enjeu est une souveraineté territoriale, une
autonomie politique et culturelle loin de tout nationalisme.


Du bon désencerclement

Ha ha. Le 16 février, au centre d’entraînement de la gendarmerie de
St-Astier (24), 16 gendarmes mobiles ont été blessés alors qu’ils
jouaient les manifestants face à des gardes républicains dans le cadre
d’une formation sur les « émeutes urbaines ». Un malheureux gradé leur a
en effet balancé une grenade de « désencerclement » dans les jambes au
lieu de la cage en béton prévue pour atténuer sa déflagration lors de
l’exercice. Hin hin. Une cheville blessée et des tympans abimés. Ces
grenades doivent en vrai permettre à un flic ou gendarme pris dans une
échauffourée de se dégager. Cette violence prédestinée n’est pas
étonnante, votre sourire à la lecture de ce fait-divers non plus. Hu hu.
En manif pas de cage à béton, ce qui est un accident pour un gendarme
mobile devient la norme pour un manifestant.
Le 29 janvier 2009, la grande manif intersyndicale avait regroupé 25000
personnes à St Nazaire; du jamais vu. Les CRS habituellement discrets,
étaient pour l’occasion, déployés et particulièrement agressifs avec une
visible volonté d’en découdre. Résultat: quatre arrestations violentes
et des blessés. Pascal Vaillant est atteint au pied par le tir d’une
bombe sonore à déflagration et se retrouve amputé de 2 orteils. Il
décide de porter plainte, aidé par le CODELIB (collectif pour la défense
des libertés fondamentales contre les dérives sécuritaires), le
procureur de la république vient de classer cette plainte sans suite.
Avec la multiplication des armes dite « non létales », c’est un permis
de mutiler qui est donné aux forces l’ordre.


l’Etat assassine

Abou Bakari Tandia est mort lors d’une garde à vue au commissariat de
Courbevoie en janvier 2006, son seul délit : défaut de titre de séjour.
Quelques semaines après, l’affaire est classée sans suite par le parquet
de Nanterre, qui se contente des allégations d’un flic qui prétend que
Mr Tandia s’est projeté tout seul contre le mur, et d’un rapport
d’autopsie réalisé sans le dossier médical de la victime. La famille
décide de déposer plainte avec constitution de partie civile pour « acte
de torture et de barbarie ». Maitre Yassine Bouzrou, l’avocat, fait
constater la disparition du dossier médical et la panne de la caméra de
surveillance et demande une nouvelle expertise. Le 24 février, les
nouvelles conclusions rédigées avec le dossier complet viennent
contredire la version policière. Mr Tandia a du subir « un ébranlement
cérébral par secousses » tellement violent qu’il a privé son cerveau
d’oxygène, de plus il a été « maintenu » à l’aide d’un « étranglement
avec l’avant bras », ce qui lui a été fatal. L’avocat se demande
pourquoi « les fonctionnaires de police ne sont pas encore mis en examen
»… site : http://abtandia.free.fr/


Ceux qui subissent au quotidien la violence et le racisme des flics

À Martigues, un congolais est invité à dîner, il se fait fracturer le
bras par des baqueux intervenus suite à un appel d’une voisine dérangée
par le bruit du dîner ; cette intervention lui a valu une
hospitalisation, une opération en urgence, 45jours d’ITT (dont 15 d’ITT
pénale) et une accusation d’outrage et rébellion. Il décide quant à lui
de porter plainte contre ses agresseurs. Pétition à signer sur:
http://www.lapetition.be/en-ligne/comite-de-soutien-a-yannick--6521.html,
collectif de soutien : soutienyannick@yahoogroupes.fr
A Toulouse, une enquête vient d’être ouverte pour traiter 2 autres
plaintes déposées contre la police. Cette fois il s’agit de deux groupes
de personnes Rroms : les premiers ont été interpellés alors qu’ils
mendiaient et ont été tabassés avec un gant plombé par un flic qui
sentait l’alcool à plein nez, les secondes ont été contrôlées alors
qu’elles lavaient les pare-brises de voitures, les flics leur ont
confisqué passeports et cartes d’identité.


Pour Voynet, les Rroms ne sont toujours pas écologiques

On ne sait pas grand chose du projet d’aménagement d’un éco quartier par
la mairie de Montreuil ; une chose est sûre d’après les plans c’est que
le « logement tsigane » prévu juste à côté de la déchetterie n’en fera
pas partie. La mairie de Montreuil poursuit son grand nettoyage.


Impunité pour la BAC à Saint-Fons

En février 2007, deux ados sont mort dans un « accident de la
circulation » lors d’une course-poursuite avec la BAC à Saint-Fons (69).
Sans surprise et dans la continuité de ses jugements habituels en faveur
de l’impunité policière, la cour d’appel de Lyon a confirmé le non-lieu
pour les policiers de la BAC.


Le flicage, un business très lucratif

En matière d’écoutes téléphoniques l’État ne chôme pas. Quelques
chiffres lâchés dans la presse sur l’activité policière officielle en la
matière sont assez édifiants. 29000 « interceptions judiciaires » en
2009 bien sûr facturées par les opérateurs pour un montant de 33
millions d’euros auxquels s’ajoutent 22 millions d’euros en frais de
location de matériel… plus de 5000 ans de SMIC, flicage et profits font
bon ménage.


Martinique : Encore un œil crevé par un flashball ?

Un jeune martiniquais accuse la police d’avoir délibérément tiré sur lui
avec un flashball dans la nuit du jeudi 25 au vendredi 26 mars. Alors
qu’il s’arrêtait à un feu rouge, il aurait vu un canon pointé sur sa
tempe. Un coup serait parti. Pris de panique, il aurait cherché à
accélérer et aurait provoqué un accident ; moment choisi par les
policiers pour lui tirer une seconde fois dessus. Transporté au CHU de
Fort-de-France dans un état jugé sérieux, il pourrait perdre un œil.
Selon la police, le jeune aurait d’abord brûlé un feu rouge, puis refusé
d’obtempérer, plusieurs grammes de marijuana auraient été retrouvés dans
son véhicule. Quand bien même, les flics auraient le droit de crever un
œil pour ça ?


Arrestations massives - la loi sur les « bandes » est testée

Le 28 mars 2010 une manifestation anticarcérale à Paris, a regroupé une
centaine de personnes à proximité de la prison de la Santé. Bien que le
trajet ait été déposé et la manif autorisée, les flics n’attendaient
qu’un prétexte pour intervenir. La nouvelle loi sur les bandes leur en a
fourni le cadre juridique. Il suffit qu’une personne se cache le visage
ou qu’un flic prétende avoir vu quelqu’un le faire ou encore qu’un flic
infiltré cache le sien pour que l’intention soit constituée et qu’une
rafle de l’ensemble des participants soit opérée. Pire que la loi « anti
casseurs », abrogée en 1981, la loi sur les bandes offre un boulevard à
la répression.


Dernière nouvelle :

La mort de Moushin et Larimi ne sera pas étouffée aussi vite que le
souhaitait le juge d’instruction qui avait ordonné le 23 octobre un non
lieu et blanchi les policiers à propos de la collision entre un véhicule
de police et leur moto le 25 novembre 2007 à Villiers-le-Bel
(Val-d’Oise). La chambre de l’instruction de la cour d’appel de
Versailles a annulé le 7 avril le non-lieu en faveur des quatre
policiers et ordonné un supplément d’information en vue « de la
notification de la mise en examen du conducteur (du véhicule de police)
du chef d’homicide involontaire », a déclaré un de leurs avocats à
l’issue d’une audience à huis clos.



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