Retour sur les lasagnes au cheval : la véritable escroquerie, c'est la PAC

Publié le par dan29000

Lasagne à la viande de cheval : la véritable escroquerie c’est la PAC

 

 

 

La logique de notre système implique une recherche constante des coûts les plus bas possible pour maximiser la rentabilité financière. Cette règle d'airain du libéralisme s'applique à tous les secteurs et n'épargne évidemment pas l'agro-industrie. Le scandale de la viande de cheval est révélateur des nombreux disfonctionnement de la chaine alimentaire. Il en est presque une caricature. Les responsables de ce trafic, ceux qui de manière consciente on vendu de la viande de cheval en provenance de Roumanie en la faisant passer pour de la viande de bœuf, doivent être recherché et poursuivit en justice. Toutefois la condamnation de ces escrocs ne suffira pas à améliorer globalement et durablement l'état de la chaine alimentaire et la manière dont nos concitoyens se positionnent par rapport à leur nourriture.

 

 


 

En Europe, une poignée de centrale d'achat contrôle l'approvisionnement des grandes surfaces qui, à leur tour, concentrent selon les pays entre 70% et 90 % de la vente des produits alimentaires.


L'arrivée du Hard discount a empiré les choses. La guerre des prix est sans concession. Les fournisseurs de l'agro-alimentaire, s'ils veulent être référencés, n'ont pas d'autres solutions que de se battre eux aussi pour avoir accès à la matière première la moins chère possible. La viande devient du minerai (sic) de bœuf... ou de cheval. Il faut compresser les couts pour terrasser la concurrence.

viandecheval350legende

L'immense majorité des consommateurs recherchent également les prix les plus bas, soit parce qu'ils n'arrivent pas à boucler les fins de mois, soit parce qu'ils privilégient d'autres postes de dépenses comme les loisirs, le matériel électronique, ou les vêtements de marque. Les dépenses alimentaires qui représentaient encore 30 % des dépenses des foyers il y a trente ans, ne pèsent plus que 15 % dépenses des foyers aujourd'hui en France. L'idée que l'alimentation doit être la moins chère possible est entrée peu à peu dans les têtes. La qualité alimentaire a un coup incompressible !


Malgré ces scandales à répétition, les mentalités n'évoluent pas ou trop lentement. Et la recherche d'un bouc émissaire ne résoudra pas en profondeur les dysfonctionnements de notre système d'approvisionnement. Celui de la viande de cheval est l'arbre qui cache la forêt. Nul besoin d'être devin pour ne prédire que si nous ne changeons pas notre politique agricole et alimentaire, nous serons confrontés à d'autres crises, qui peuvent comme nous le savons être beaucoup plus graves qu'une tromperie sur la marchandise.


Le libéralisme ne fait pas bon ménage avec l'alimentation, surtout lorsque les traders et les fonds financiers investissent massivement dans l'agro-industrie. La transparence et la traçabilité, imposées aux éleveurs qui doivent mettre des étiquettes jaunes dans les oreilles de leurs animaux, sont devenus un leurre. La viande, passe par toute une chaine complexes d'intermédiaires basés à Chypre, en France au Luxembourg, en Irlande. Chaque achat et chaque revente rajoute une couche d'opacité.


Ce nouveau scandale doit nous pousser à nous intéresser, non pas uniquement à l'arbre, mais à la forêt : car la véritable escroquerie que personne ne semble vouloir dénoncer c'est la réforme de la Politique Agricole Commune qui est en discussion actuellement au niveau européen.

 

 

 

 

 

SOURCE / LARZAC.ORG

Publié dans environnement

Commenter cet article