Retraites : un tract qui circule, un autre point de vue sur la vie, le travail

Publié le par dan29000

 

 

 

 

Quelle est cette vie ?

Quelle est cette vie ? lorsque c’est la violence du réveil qui te tire du lit, lorsque tu passes de longues heures dans les transports, au boulot. À devoir subir les chefs, le bruit des machines, la luminosité d’un écran, à courber l’échine, à devoir être rentable. Lorsque ton corps se détruit, que mal de dos, de ventre, d’articulations, d’oreilles … te rappellent qu’il n’est pas une machine dont une défaillance quelconque se résout par un remplacement d’une pièce neuve. Nos organes seront défectueux à jamais, alors bonjour les médocs et autres saloperies médicinales qui te détruiront encore un peu plus, te pourriront le reste de l’existence … une existence d’esclave salarié.



Le caractère étranger du travail apparaît nettement dans le fait que dès qu’il n’existe plus de contrainte économique, physique LE TRAVAIL EST FUI COMME LA PESTE.



Voilà la réalité, que parfois que tu te caches à toi-même : tu vantes les mérites du travail en public, te complais dans ce que tu fais, alors que tu sais au fond de toi qu’il te détruit et que tu voudrais vivre sans ce fardeau.



Bizarre quand même ! La dictature de l’économie qui t’oblige à te vendre pour survivre se transforme en une servitude volontaire : tu proclames que le travail est nécessaire ! Alors écoute ton corps et comprends que le capital te fait jouer un rôle, jusqu’à sentir ton corps se délabrer et savoir que jamais tu ne pourras profiter pleinement de la vie, jusqu’en crever comme tes collègues que tu connaissais si bien et morts des «suites d’une longue maladie».



Que l’on travaille jusqu’à 60, 62 ans ou plus encore, ce qui est en cause c’est le travail lui-même !



Aujourd’hui, dans cette manifestation tu crois que les choses peuvent changer, que le nombre, le bruit, les couleurs, les flonflons suffiront pour que cette loi qui aggrave nos conditions de vie soit annulée. Or ce nombre n’est pas la force, c’est du vent. «Nos» dirigeants syndicaux, politiques de gauche nous comptent, parce que pour eux, nous ne sommes qu’une masse de manœuvre pour faciliter leur retour aux affaires, un vulgaire marchepied. Parvenus là, que changeraient-ils à cette loi ? Rien ! Parce que cette société régie par le profit impose dictatorialement l’allongement du temps de travail, impose une exploitation toujours plus accrue de la force de travail. Notre riposte n’étant pas à la hauteur des attaques subies, il n’y a aucune raison pour que les bourgeois ne continuent pas dans la voie de l’austérité !



Le programme des bourgeois à l’échelle du monde est clair :

Tu dois trimer toujours plus, toujours plus longtemps, tout en fermant ta gueule !



Mon ami, mon camarade, mon collègue de travail ce que l’on t’a mis dans la tête, c’est le fatalisme. De croire que tu ne peux rien, sinon glisser éventuellement un bulletin de vote dans une urne, en clair ne rien faire pour que les choses changent radicalement. Ne faisons en rien confiance à ceux qui parlent en notre nom pour que notre exploitation se perpétue. Ne leur déléguons pas notre force, car nous savons d’expérience qu’ils sont prompts à nous vendre au plus offrant, copains comme cochon avec les gouvernants.



Tu pourrais être une force active, qui change le monde. Aujourd’hui en acceptant les principes de cette manifestation, tu restes dans le rôle de l’éternel râleur qui se fait manipuler. Gueules tant que tu veux ! Tu délègues ta force alors que le pouvoir est en toi. Ton pouvoir qui dort, absorbé par la routine — métro-boulot-télé-dodo — par l’isolement et le repli sur soi, par la croyance que seuls des sauveurs suprêmes sont à même de te sauver, pendant que tu te tues au travail pour un salaire de merde. La peur, la routine, la passivité régissent nos semblants de vie.



Alors sors de ton isolement ! Retrouvons-nous ! La grande peur des gouvernants, syndicats y compris, c’est que tu te prennes en charge toi-même au lieu de rester spectateur et t’admirer à la télé, comble de l’impuissance. Ils flippent que tu t’organises avec tes potes en donnant plus de force à ce que tu fais déjà : de la résistance quotidienne — sabotage, coulage, absentéisme, pause — jusqu’à l’organisation de grèves sauvages en passant par le soutien à d’autres luttes. Nous sommes tout dans ce monde, mais paradoxe cruel nous ne sommes rien aujourd’hui. Rien que des moutons qui défilent derrière des chefs de file.



Ce qui peut assurer le triomphe de nos exigences c’est l’organisation de notre force autonome en dehors et contre toutes les structures de l’État ! En dehors et contre les syndicats, partis politiques quels qu’ils soient !


Des prolétaires 



Ne pas jeter sur la voie publique. Au contraire fais circuler…

 

Source : Jura libertaire (contact des auteurs sur le site) 

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Kéruzien 30/10/2010 21:51



"... le travail est fui comme la peste" : tout dépend de quel  travail on parle, S'il s'git du travail salarié, probablement. Mais quand on voit l'activité qu'on peut développer dans plein
de domaines de façon bénévole, ça me parait moins évident. Par exemple en ce moment on voit apparaitre des chantiers participatifs où des gens viennent "donner un coup de main" à d'autres pour
construire leur maison. Le coup de main en question correspond souvent à un vrai travail dans le sens mais pas rémunéré comme on l'entend habituellement, on est plutôt dans l'échange.



dan29000 31/10/2010 07:46



tout à fait d'accord...