Retraites : Lyon : huit mois de prison pour Fabien, étudiant manifestant !

Publié le par dan29000

 

 

 

 

 

Violences urbaines : huit mois ferme pour un étudiant

 

 

 



JUSTICE - Fabien P., 22 ans, dormira en prison jusqu'à la fin de l'année universitaire. Cet étudiant en licence de droit et science politique à Lyon II a été condamné mercredi à 8 huit mois de prison ferme pour avoir participé en octobre dernier à des violences en marges de manifestations contre la réforme des retraites. C'est la plus lourde peine prononcée par le tribunal correctionnel de Lyon sur la cinquantaine de personnes présentées devant la justice depuis un mois…
Fabien P. fait partie des rares interpellés à avoir refusé sa comparution immédiate. Il est aussi de ceux à qui les faits reprochés sont les plus graves. L'étudiant avait été arrêté le 15 octobre après avoir été repéré par des policiers en train de casser les vitres de plusieurs voitures et de mettre partiellement le feu à l'une d'entre elles avec un fumigène. Lors de de son arrestation, il avait cassé le doigt à un commandant de police. Puis avait ensuite refusé de donner son identité et de se soumettre aux tests adn. La plupart des autres interpellés en marge des manifestations lyonnaises ne s'étaient vus reproché que des jets de cailloux, souvent sans avoir provoqué ni dégats, ni blessures.

Lors de sa présentation en comparution immédiate le mois dernier, Fabien P. avait fait savoir par le biais de son avocat M° David Metaxas qu'il préférait ne pas être jugé dans le contexte particulier des émeutes où le parquet ne cachait pas sa volonté de "faire des exemples". Le tribunal avait décidé de le faire patienter en prison. Un mois plus tard, la tension n'est pas totalement redescendue. Hier, à l'encontre de l'étudiant, le parquet avait réclamé 11 mois fermes. Le tribunal en a retenu au final 8 fermes, dont 2 pour avoir refusé de se soumettre aux tests adn. Il a cependant accordé à l'étudiant un régime de semi-liberté qui lui permettra d'aller en cours et au travail le jour, avec l'obligation de retourner en prison passer ses nuits.

Lors de l'audience, Fabien P. a été présenté par le procureur comme "un authentique casseur". « Il faut faire la part des choses entre les vrais casseurs, ceux qui viennent pour ça, qui préméditent leur action, et les simples collégiens et Fabien P. fait partie de la première catégorie », a expliqué le représentant du parquet en brandissant à l'audience un tract retrouvé sur Fabien P. au moment de son arrestation. Tract donnant des consignes à suivre en cas d'arrestation… comme le refus de se soumettre à des tests adn.

Fabien P. ne correspond pas vraiment au profil du casseur politiquement déconnecté. L'étudiant est un militant, proche de l'extrême-gauche. Il vit en colocation solidaire. Il reconnaît en grande partie les faits qui lui sont reprochés. Mais défend ses positions, notamment sur son refus d'être "fiché". Boursier et contraint de travailler pour pouvoir financer ses études, il a produit à l'audience une série d'attestations de ses enseignants expliquant qu'il est un étudiant appliqué et assidu. Son avocat s'est étonné qu'il soit "le seul casseur qu'on ait trouvé".

Plus de 300 personnes avaient été interpellées dans les rues de Lyon en marge des manifestations durant la deuxième quinzaine d'octobre. Pour des violences qui auraient fait selon les estimations de la préfecture plus de 700.000 euros de dégâts.

Alice Géraud.
Source : Libération

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