Retraites : mobilisation étudiante, AG Paris III-Censier-Sorbonne nouvelle

Publié le par dan29000

 

 

 

 

 

HNS-info

Mobilisation des étudiants contre la réforme des retraites : compte-rendu de l’AG de l’université Paris III - Censier - Sorbonne nouvelle




Une Assemblée générale réunissant environ deux cents personnes s’est réunie ce mardi 12 octobre à l’université Paris III. L’essentiel des interventions visait à informer les gens présents (majoritairement des étudiants) et enclencher une véritable mobilisation.


A la tribune, Sophie [1] explique la genèse de la mobilisation à Censier et l’essentiel de la réforme que veut imposer le gouvernement :


« Un collectif unitaire a été créé il y a quelques mois à Paris III. Il regroupe aussi bien des étudiants que des enseignants et des personnels non-enseignants et est à l’origine de quelques AG d’information depuis plusieurs semaines. Celles-ci étaient nécessaire étant donné la désinformation venant du gouvernement et véhiculée par les médias dominants. Aujourd’hui on en n’est plus au stade de l’information mais de la mobilisation.


La réforme est voulue par le gouvernement suite à la crise économique et vise à allonger la durée de cotisation. Avant, on avait le droit de partir à la retraite à soixante ans et on partait à soixante-cinq ans avec une pension à taux plein. Le gouvernement veut repousser ces âges de deux ans et utilise des arguments démographiques et budgétaires qui ne sont que du bla-bla car il y a d’autres enjeux de fond.


En effet, il y a un chômage massif des séniors à partir de cinquante-huit ans. Si cette réforme est appliquée, nous serons plus longtemps, plus vieux au chômage ce qui, en plus de provoquer une baisse des cotisations, entraînera une baisse mécanique des pensions. Ceci pour financer les conséquences de la crise et la rigueur comme ça a lieu dans toute l’Europe. Conséquence logique au maintien des séniors dans l’emploi : l’augmentation du chômage des jeunes. Un million de personnes en plus qui restent au travail, cela signifie autant de jeunes au chômage. C’est nous !


Contrairement à ce que nous dit la propagande gouvernementale, on peut faire autrement ! Le problème du financement des retraites ne se limite pas à l’évolution démographique : la productivité a énormément augmenté ces dernières décennies, donc les gens, à temps de travail égal, produisent plus de richesses. Il serait aussi possible d’augmenter les cotisations patronales ainsi que de taxer les revenus du capital et les stocks options.


Cette réforme est une attaque contre les salariés et contre les jeunes. Ceux-ci subissent même une double peine : avec l’allongement progressif de la durée d’études, ils entrent plus tard sur le marché du travail ; à ceci s’ajoute l’augmentation du chômage résultant du maintien en activité des séniors.


La jeunesse ne se contente pas de soutenir les salariés, elle a des revendications propres : la prise en compte dans le calcul des pensions des années d’études, de stages et d’inactivité forcée.


Aujourd’hui n’est pas une journée anodine : il y a eu plus de trois millions de manifestants à de nombreuses reprises (ça représentait le pic de la mobilisation contre le CPE), alors que le mouvement ne fait que commencer.


La question de la grève se pose partout en France. Elle se durcit dans certains secteurs comme la pétrochimie, avec des blocages de dépôts. De même dans les transports et les lycées. La jeunesse veut avoir droit à un avenir. Il y a eu des AG de 300 personnes à Rouen, 250 à la Sorbonne, 150 à Toulouse le Mirail et deux facs sont aujourd’hui bloquées.


On ne doit pas suivre la grève de loin mais y participer pour le retrait de la réforme. On n’est plus dans une phase de négociations : celles-ci n’ont eu lieu qu’à la marge et leur résultat est totalement insuffisant. Cette réforme n’est pas amendable. Voter la grève dans une université ne perturbe pas beaucoup l’économie, certes, mais c’est se donner du temps pour convaincre les autres et construire la mobilisation. Ici, les premières AG ont réuni une quarantaine de personnes dans de petites salles. On est cinq fois plus aujourd’hui dans un grand amphi.


Nicolas : une augmentation de deux ans de la durée de cotisation c’est peu par rapport à la durée des stages. La culture est un des domaines principaux de l’exploitation et de l’usure des stagiaires. Sarkozy a fait passer une loi qui oblige les patrons à payer les stagiaires employés pendant plus de quatre mois. Du coup, maintenant, on fait souvent des stages de deux fois deux mois avec une semaine de pause entre les deux. Il faut donc se mobiliser pour ça. Comme dit le Président « ensemble tout devient possible ! ».


Patrick : on lit dans les journaux que le gouvernement a peur que les jeunes s’y mettent. Si on le fait bien, il va chier dans son froc et ça ne va pas durer longtemps ! Les salariés ont parfois du mal à se mobiliser parce que quand ils font grève, ils perdent leur salaire ; nous on n’a rien à perdre !


Pierre : il y a encore beaucoup de questions ; donc il faut continuer à donner de l’information face au discours dominant. Cette réforme doit être financée à 80 % par le travail et à 20 % par le capital. Les arguments du gouvernement sont démographiques et financiers, mais, quand on gratte, on voit que des solutions existent : ce qui est en jeu c’est le rapport entre le capital et le travail. Il y a des intérêts divergents vis à vis d’un projet de société qui s’inscrit dans des structures scandaleusement racistes. Le gouvernement veut détruire le système par répartition : ce sera plus dur d’avoir une retraite à taux plein, donc les gens vont devoir capitaliser pour avoir une pension correcte. Ce sont les marchés qui vont en profiter ; ça n’a rien à voir avec un système où l’argent est à tout le monde. Il faut que ça bouge dans les lycées et les facs. Sarkozy a dit qu’il fallait « surveiller la jeunesse comme le lait sur le feu ». [2]Faisons déborder la casserole !


Fanny : l’erreur a été une mobilisation qui est partie à différentes vitesses. C’est maintenant qu’il faut y aller ; il ne faut pas attendre que le mouvement s’amplifie mais créer une cohésion avec le mouvement des travailleurs. Le gouvernement dit qu’en France on est les plus favorisés, or, en Europe, la moyenne de départ à la retraite est de 63 ans. Il ne faut pas se laisser avoir par l’argument européen.


Sofiane : je ne vous dit pas quelle organisation je représente, vous la voyez sur l’autocollant que je porte ! [3] Une réforme est nécessaire, mais laquelle veut-on ? Il y a le problème de l’âge de départ qui ne doit pas être le même pour tous-tes, des carrières longues, de la pénibilité et de l’insertion professionnelle. Le problème de la jeunesse est d’accéder à un emploi stable.


Thomas : est-ce qu’il faut absolument une réforme ? Je ne le pense pas ! Avec 10 % de chômage, forcément le système fonctionne moins bien ; c’est d’autant plus vrai que 80 % des jeunes de moins de 27 ans sont dans cette situation. Il faut obliger le patronat à libérer les séniors pour embaucher des jeunes.


Nous ne sommes pas là pour faire de la pub pour nos orgas, ce sont juste des outils pour construire la mobilisation ; on ne les représente pas. Tous ensemble, nous devons nous auto-organiser pour se débarrasser des partis et syndicats ; nous sommes 17 000 étudiant-e-s à Censier, imaginez si chacun-e donne un euro …


Michel (personnel non-enseignant) : le gouvernement est méprisant, englué dans ses magouilles et dérives racistes. Il y a les rituelles journées de mobilisation mais la loi est en train d’être votée. Le temps est compté. On ne peut pas se contenter de journées de mobilisation isolées, l’histoire du mouvement social le montre, en particulier 1995. Il faut un blocage économique pour faire plier le gouvernement. Cette réforme ne peut profiter qu’aux banques et aux assurances.


Benjamin : qui oppose les générations en forçant les personnes âgées à rester au travail ? Le gouvernement stigmatise les travailleur-euse-s des services publics. Nous avons un message de rassemblement : retraite à taux plein à 60 ans pour tous-tes ! Il faut se mobiliser maintenant : on n’est pas un jour comme un autre, ni à un moment comme un autre. En effet, depuis mars, les journées d’action se succèdent mais le gouvernement est bloqué et ne veut rien entendre (à part quelques aménagements ridicules). Il est temps de hausser le niveau de la mobilisation ! Selon le ministère (c’est dire que les vrais chiffres doivent être plus importants !) : un enseignant sur deux est en grève, 299 lycées sont bloqués. Nos vies sont en jeu. A l’image de ce qui s’est passé en Grèce, ils testent notre résistance à la casse de tous les acquis sociaux qui est en cours. [4]


Marcel : je voudrais relever un mensonge du Premier ministre. Il a dit : « le travail n’est pas une injustice en soi ». [5] Qu’il vienne travailler dans les usines de la métallurgie !


Ludovic : moi aussi je représente la Confédération Etudiante. Cette réforme est injuste et nous sommes d’accord sur le constat global. Est-ce qu’on aura une retraite, nous qui sommes étudiants ? Le système est basé sur le travail et non le capital, or on ne connaît pas la situation du marché du travail dans dix ans. Nous sommes le pays d’Europe où il y a le plus de chômage chez les jeunes et chez les plus de 50 ans. Vouloir faire bosser les jeunes à la place des vieux ça ne marche pas ! [6]


Céline : vos élus étudiants sont là ! Vous n’aurez pas d’échec aux examens parce que vous vous mobilisez ! Sarkozy a dit en mai 2008 : « je ne toucherai pas aux retraites parce que je ne suis pas mandaté pour ça ». Alors casse toi ! [7]


Majid : Sarkozy n’a fait que des conneries, comme le ministre qui gère cette réforme !


Votes :
prochaine AG jeudi 14 octobre à midi
retrait de la réforme (unanimité)
départ à la retraite à 60 ans (unanimité moins deux absentions et cinq NPPV)
retour aux 37,5 annuités (majorité écrasante)
prise en compte des années d’études dans le calcul de la retraite → rejeté
prise en compte de la durée des stages dans le calcul de la retraite (unanimité)
participation au rassemblement du mercredi 13 octobre devant le Sénat, avec un départ groupé de Censier en manif (unanimité)
élection de cinq délégués pour la coordination universitaire d’Ile de France
grève (majorité écrasante)


Source : Gachet, HNS-info

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ANICOLET 13/10/2010 18:49



je ne comprends pas les manifestations etudiantes :


-le scandale ç est le deficit que nous les anciens leur laissons


-le scandale ç est de voir des departs à la retraite à 55 ou 60 ans


-le scandale est la destruction de l industrie en france


le scandale est le poids de l administration (bcp trop de departements, de députés de sénateurs )


le scandale ç est le poids leger de l impot sur les transmission et l exces de poids sur le travail


 



dan29000 13/10/2010 18:58



je crois que vous mélangez plein de choses différentes, la colère des étudiants et lycéens me semble justifier, il faudrait être à l'ump pour ne pas la saisir, je vous invite à  lire plus
souvent notre site, nous avons publié divers articles au sujet des retraites, à savoir qu'un autre projet est possible à court terme, et su rle long terme, c'est surtout une autre société qui est
possible débarasser d'une infime minorité qui exploite totalement la très grande majorité...