Revenu de base, la grande peur de la gauche

Publié le par dan29000

Le revenu de base ? Même pas peur ! Opinions 18 septembre 2012 Frédéric Bosqué


 

« Le revenu de base fait peur à gauche », tel est le titre d’un article paru  samedi sur le site Slate.fr sous la plume d’Emmanuel Daniel. Frédéric Bosqué répond point par point aux arguments avancés contre le revenu de base, et démontre le bien-fondé de cette proposition.

 

 


Je n’ai pas le plaisir de connaître M. Daniel mais j’aurais aimé discuter avec lui avant la parution de cet article (offre valable après également…). Peut être d’ailleurs que d’autres articles vont suivre ? J’en serais tout autant ravi. Le titre d’une prochaine publication sur ce thème pourrait d’ailleurs être « le revenu de base fait peur à la droite  », « au centre », « aux écologistes »,  « aux chrétiens démocrates », « aux patrons », « aux salariés »,  « aux syndicats », « aux chômeurs »,  « aux … » (remplacer les … par la partie prenante de la société de votre choix).


Le point commun qui unit une large majorité de ces groupes est qu’elles réduisent les humains à n’être que la prothèse d’une activité de production marchande. Elles font d’ailleurs de même avec la nature et la plupart de ses formes de vie en les réduisant à un support jetable ou renouvelable pour alimenter en matière première ce vaisseau devenu fou, sans cap et sans pilote.

Car, si le revenu de base fait débat auprès de toutes les parties prenantes de la société de production, c’est justement qu’il en annonce la fin. Tout comme le droit de vote, même à l’état embryonnaire, annonçait la fin du droit divin dans l’espace public et son système monarchique aux multiples privilèges, le revenu de base, même à l’état embryonnaire, est l’émergence d’un nouveau droit qui annonce la naissance d’une nouvelle organisation sociale à la fois plus juste et plus efficace. Remarquez que je ne parle pas ici la fin de la production en soi, mais de l’organisation qui place l’activité de production marchande comme seul moyen d’intégration des citoyens dans la communauté humaine. Cette activité doit reprendre sa place parmi les autres, ni plus, ni moins.

Il ne s’agit donc pas ici de se battre à coup d’arguments économiques (même si nous verrons que les arguments en faveur du revenu de base ne manquent pas). Il s’agit ici de redonner à l’économie sa dimension politique et donc une forme d’esthétique qui remet les choix techniques au service d’un idéal porté par la volonté commune de « faire société ».

La question du vivre ensemble devient alors primordiale et par suite la définition de ce que l’on entend par « bien commun », par « utilité commune » et par « distinctions sociales » est essentielle. C’est ici que commence la redéfinition de ce que nous appelons « travail », « production », « participation », « droit », « devoir » et bien d’autres activités. Le revenu de base vient questionner ces nominalisations. Que signifient les termes « travailler », « produire », « participer », « profiter », « devoir » à l’heure du XXIème siècle ?

Sans le questionnement à la fois des présupposés de la société de production finissante et de la perspective qu’offre la société de l’émancipation naissante, les débats autour du revenu de base se réduisent finalement à une actualisation du mot «charité » ou du mot « solidarité » selon le camp auquel on appartient.

Mais revenons donc à l’article de Slate, et reprenons, point par point, les objections soulevées.

Objection n°1: « C’est une mesure libérale »

Le revenu de base est-il une mesure libérale ? La réponse est oui. Le revenu de base est-il une mesure sociale ? La réponse est oui. Le revenu de base est-il une mesure écologique ? La réponse est encore oui.

Quelle que soit notre volonté instinctive de classer le revenu de base, via l’une de ses propriétés, dans une catégorie politique de la société de production, une autre nous fera sortir de ces catégories préhistoriques. Ainsi l’argument qui vise à établir que la mise en place d’un revenu de base permettrait une baisse de la prise en charge du coût salarial par les entreprises, et donc favoriserait leur propriétaire est un point de vue qui part de la défense d’un camp contre un autre, comme d’ailleurs celui qui affirme que la mise en place d’un revenu de base serait absorbée par une hausse des prix.

Si nous prenons un peu de recul et regardons la société de production actuelle, nous verrons que chacune de ses parties prenantes tend naturellement à établir sa toute puissance le plus loin possible. L’histoire récente nous montre qu’aucune de ces parties prenantes n’a eu le rôle de bourreau ou de victime à titre définitif et, sans des mécanismes de régulation, chacune d’elles déploie son pouvoir par la violence, au détriment des autres, quitte à mettre en danger de mort le corps social tout entier. Des mécanismes de régulation doivent assurer la dialogie des parties prenantes de notre société, c’est-à-dire leurs interactions à la fois complémentaires, antagonistes et concurrentes, nécessaires à l’émancipation des humains et au développement soutenable de leurs organisations.

Le revenu de base est un nouveau droit introduisant un revenu monétaire qui ne provient pas directement de la participation individuelle de chaque citoyen à la production marchande mais de leurs contributions collectives et inter-générationnelles. Il pose comme nouvelle distribution des revenus la prise en compte de deux revenus :  l’un variable que nous appelons « revenu d’activité », issu de ma participation individuelle à une activité de production marchande, et l’autre fixe que nous appelons « revenu de base » issu de notre participation collective et inter-générationnelle à cette même production.

Ainsi dans l’instauration de ce nouveau droit, il s’agira de commencer par faire apparaître le revenu de base à l’intérieur des revenus d’activités avant de le faire croître puisqu’il n’existe pas encore. Comme aujourd’hui le revenu de base est fusionné avec le revenu d’activité, au travers d’allocations diverses et variées, il nous faudra le séparer progressivement.

Voilà pourquoi certains ressentent que les revenus issus directement de l’activité individuelle de production marchande (travail salarial ou non) vont baisser et ils ont raison ! Ce qu’ils ne disent pas, c’est qu’un nouveau droit, le revenu de base, vient compléter cette baisse et qu’en fin de compte aucun citoyen n’est perdant, bien au contraire. Il en est de même des citoyens qui vivaient d’allocations puisque, si certaines allocations vont baisser ou disparaître, elles seront toutes compensées par le revenu de base.

Chaque citoyen pourra progressivement choisir, grâce à son revenu de base, une activité non pas exclusivement pour avoir un revenu mais parce qu’il aura un revenu. Il pourra progressivement choisir une activité marchande ou non, et ainsi expérimenter à nouveau le chemin de son propre bonheur.

Quant à la hausse des prix évoquée pour récupérer ce supplément de revenu, elle devient caduque, du moins dans la première phase de son instauration puisque globalement il n’y a pas accroissement des revenus mais simplement une redistribution de ceux-ci sous deux formes.

 

Objection n°2: « Le postulat de départ est erroné »

L’article de Slate défend ensuite le point de vue selon lequel les gains de productivités ne seraient pas destructeurs d’emplois.

Qui peut aujourd’hui contester la hausse de la productivité, c’est-à-dire la quantité de biens, de services et d’informations produits par unité de temps ? Ce n’est pas parce que ce temps a été ensuite utilisé pour de nouvelles activités marchandes que la hausse de cette productivité n’existe pas. Ce n’est pas parce que certains en ont volé le produit financier pour le détourner dans des activités de spéculation destructrices que cette hausse de productivité n’existe plus.

Combien d’enfants en France travaillent du lever au coucher du soleil ? Qui peut contester l’avènement de la semaine des 40 heures et des congés payés, l’assurance maladie ou l’assurance chômage et d’autres droits sociaux encore qui nous ont permis de profiter de plus de  temps libre et de voir nos enfants s’instruire plutôt que de pousser des chariots de charbon ? Il est évident que le temps passé au travail individuel pour survivre n’a cessé de baisser depuis la taille du premier silex.

Voilà pourquoi, pour mesurer l’effet de cette hausse de productivité, il est bon de mesurer les temps passé par les humains, dans nos social-démocraties du moins, à assurer ce qui est nécessaire à la vie, autrement dit au bien commun. Si notre contrat social nous invite à avoir une utilité commune envers ce bien commun, une fois celui-ci assuré, nous reprenons notre liberté pour retrouver le chemin de notre propre bonheur. A chacun ensuite de décider ce qu’il veut faire de sa vie : Passer du temps à produire des biens, des services et de l’information puis à les échanger contre de la monnaie sur un marché ou bien avoir une activité non marchande, basée sur une certaine sobriété ou bien encore un mélange entre les deux.

Contrairement à ce que certains affirment, il n’est pas question d’imposer à tous un mode de vie naturel, un retour à la nature, comme si la nature était une sorte d’idéal civilisationel.  Non ! Il s’agit de permettre à chacun de refaire des choix de vie pour expérimenter le chemin de son propre bonheur et, que cela passe par un changement de mode de vie… ou non.

Ce qui compte pour les partisans du revenu de base, c’est le retour à l’activité choisie, et non subie. Aujourd’hui, de nombreuses activités marchandes n’ont plus rien à voir avec la préservation de notre bien commun et l’extension de nos libertés individuelles, objets – je le rappelle – de notre contrat social. Il ne faut donc pas s’étonner des conflits de plus en plus grands provoqués par ces activités entre toutes les parties prenantes de notre civilisation dans laquelle j’inclue toutes les formes de vie et la nature.

Préférer la diminution générale du temps de travail à l’instauration d’un revenu de base est une vision qui part encore une fois de la société de production. Pour certains des nôtres, il est difficile de penser un humain en dehors de sa place au sein de l’appareil de production marchand. C’est un peu comme si sous prétexte que la photosynthèse est nécessaire à la vie, tous les animaux devraient s’y mettre et qu’on devait diviser le temps passé à la photosynthèse sur toutes autres formes de vie. Non seulement c’est impossible mais cela part encore une fois de la hiérarchisation des toutes les activités par rapport à la production marchande. Chaque forme de vie participe à sa manière à la survie des autres. A nous de choisir aujourd’hui vers quelle société nous voulons vivre : une société de prédation, de parasites ou une société symbiotique. Je préfère de loin la dernière.

Parmi d’autres mesures permettant la transition, le revenu de base est là pour conduire chaque citoyen vers ce choix. Si certains d’entre eux se sentent capables et peuvent produire ce qui est nécessaire à la vie de façon efficace et durable, et que je n’ai pas besoin de participer à cette production marchande, alors un revenu de base permettra sans problème de rapprocher les uns des autres. Comme pour la baisse des temps de travail et les congés payés, de nombreuses activités marchandes et non marchandes vont émerger de l’instauration de ce nouveau droit pendant que d’autres, illégitimes, violentes centrées sur le « chantage à la faim » disparaîtront.

 

C’est toute une reconfiguration des rapports sociaux qui se modifiera surtout avec la mise en place en parallèle d’une politique centrée sur l’incitation à la relocalisation de la production et au développement d’activités autosuffisantes. Cela se produira d’autant plus rapidement que le revenu de base  deviendra progressivement un revenu d’autonomie capable de permettre à tout citoyen de dire « oui  » ou « non » à une activité marchande. 

Objection n°3: « Ça ne permettra pas de réduire les inégalités »

Poser comme la solution aux inégalités le fait « d’entamer l’enrichissement des plus riches » c’est encore une fois considérer comme alpha et oméga que les inégalités trouvent leur origine dans celles des revenus. De fait, cela pose comme coeur éternel de toute civilisation le système productif marchand pour produire les biens, services et informations et, comme  système de distribution unique, leur vente en monnaie sur un marché.

A partir de cette vision, il suffirait ensuite que les riches soient moins riches pour que toutes les inégalités soient de fait régulées. L’histoire proche du XXIème siècle nous montre que lorsqu’on supprime un groupe dominant, il s’en forme un nouveau encore plus puissant que le précédent jusqu’à ce qu’à nouveau il soit balayé par un nouveau encore plus violent … Quand arrêterons-nous d’opposer les uns aux autres et de partir de son camp pour résoudre tous les problèmes du monde ?

Isolément, le revenu de base ne solutionnera pas, bien sûr, les inégalités. En complément d’autres outils de régulation, il peut par contre introduire un seuil au-dessous duquel aucun humain ne pourra plus tomber. Ce seuil sera atteint quand de façon constitutionnelle chaque citoyen aura la possibilité de choisir durablement son activité parce qu’il disposera des moyens d’exister de façon autonome c’est à dire  « par ses propres règles ». Il pourra ainsi s’orienter vers les activités de son choix pourvu que celles-ci respectent celles des autres humains et de la nature, c’est-à-dire le bien commun.

Contrairement au point de vue qui consiste à dire que le revenu de base ne modifierait en rien  « le cœur même de la génération des revenus », bien au contraire, la mise en place d’un revenu de base transformera progressivement et en profondeur les rapports sociaux et donc la génération des revenus.

Le seul fait d’assurer, même en phase de transition, un revenu de base à tous les citoyens leur permettrait de faire des choix de vie nouveaux au long terme. Dans le modèle le plus minimal (400 euros pour les adultes et 200 pour les enfants), une famille avec deux enfants se verrait attribuer, sans condition et sans contrôle, un revenu de 1 200 euros par mois durant au moins 18 ans, et pourrait donc envisager une baisse de temps de travail voire un changement ou une création d’activité. Si nous prenons la version où le revenu de base serait versé, au moins en partie en monnaie complémentaire locale, ce revenu irriguerait des entreprises prioritairement locales et respectueuses des humains et de la nature ce qui permettrait une relocalisation de l’économie au profit du tissu des petites et moyennes entreprises et se retrouverait donc dans le financement par l’impôt des collectivités territoriales qui auraient à nouveau les moyens de leur politiques économiques, sociales et environnementales.

Prenons maintenant le modèle d’un revenu de base complet pour les enfants soit 400 euros où la moitié de ce revenu serait investi, jusqu’à leur majorité, dans un Fond d’Investissement pour la Transition (F.I.T.). Ce fonds financerait ensuite la mise à niveau de l’appareil de production local afin qu’il puisse sur vingt ans produire de façon durable ce dont les nouveaux citoyens auront besoin pour vivre d’ici là. Le capital abondé des fruits de cette nouvelle richesse produite localement pourrait ensuite être restitué au citoyen majeur ce qui, avec son revenu de base complet, lui donnerait un capital suffisant pour se lancer avec confiance dans la vie et viendrait diminuer l’une des inégalités les plus grandes : la constitution d’un patrimoine.

D’autre part, ce F.I.T. pourrait financer prioritairement des activités de relocalisation de la production et en particulier les citoyens désirant entreprendre des activités autosuffisantes. Et la contre garantie en euros de cette monnaie complémentaire locale pourrait être placée sur des comptes épargne éthiques. Ce système sortirait ainsi une masse monétaire de plus en plus importante de la spéculation financière pour la réinjecter plus utilement dans la société.

Ainsi, le revenu de base s’attaque au cœur même du processus des inégalités qui, dans une société de production, consiste à ne considérer comme « normaux» que les citoyens produisant des biens et des services ou de l’information pour les échanger en monnaie sur un marché. De fait, cette idéologie, que l’on retrouve à droite comme gauche et même chez les écologistes, est consubstantielle à toutes les parties prenantes de cette société de production. Elle disqualifie, réduit à la mendicité et à l’indignité tous les citoyens qui ne veulent faire de leur vie une marchandise.

Quand je pense que l’on a quasiment tranché le fait de fixer un « salaire maximal » alors que l’on discute encore d’un revenu de base pour tous les citoyens de monde, j’ai parfois du mal à situer où se trouvent les forces de progrès, celles qui il y a un temps faisaient mourir heureux des humains pour leur dignité retrouvée. C’est en plus un mauvais calcul économique quand on voit l’explosion des activités marchandes et non marchandes qu’ont initié les congés payés, la semaine des 40 heures et finalement les droits à la retraite.

 

Objection n°4: « Pas de droits sans devoirs »

Voilà encore un point de vue directement issu de la société de la production qui devient caduque dans une société de l’émancipation. Un droit est un droit. L’opposer à un devoir est une contradiction. Sinon cela n’est plus un droit mais une contrepartie. Nous sommes vraiment dans une civilisation où tout passe par un contrat de réciprocité. C’est, je crois, le pire de l’héritage de la marchandisation de tout et de n’importe quoi… Si l’on suit cette logique, même la vie devient une marchandise !

Un enfant qui naît a-t-il, oui ou non droit à la vie ? Que va-t-on lui demander en contrepartie ? Déjà faudrait-il qu’on lui ait demandé s’il voulait naître, cet enfant ! Et encore, faudrait-il lui décrire l’objet du contrat de vie… et qu’il puisse en « consommateur responsable » décider si les contreparties de sa vie en valent la peine… Mais je soupçonne que peu d’entre nous ont vraiment eux ce choix. En tout cas, je n’ai rien signé, moi !

 

Quand au fait qu’ « il y en a qui bossent pour moi », je crois que là on décroche le pompon ! Qui sur cette planète pourra rembourser au soleil les photons qu’il nous a livré gratuitement depuis plusieurs milliards d’années? Et la matière dont on est faits, à qui devrons nous la payer ? Aux galaxies ? À l’univers ? Je suis atterré par un tel mercantilisme. Smith, Keynes, Marx, Gorz, réveillez-vous, ils sont devenus fous !

Mais au-delà de la boutade, allons plus profond. Car cet argument qui nous vient autant de nos amis de droite que de gauche et même écologistes, mérite d’être traité.

Qui peut réclamer en propre la totalité de la part de son travail ? Déjà, le temps et le lieu où nous sommes nés, qui ont créé l’espace de nos opportunités actuelles, comment les revendiquer en propre ? Et la part issue de notre génétique, de notre éducation, des services de la collectivité ? Je ne parle même pas du champ économique dans lequel nous sommes tombés et qui nous permet d’exploiter nos talents pour en faire un prix ou pas ? Combien de générations successives sont mortes pour le constituer ?

Ainsi, il existe un capital humain, dont une partie appartient à chaque citoyen et que personne ne peut réclamer en propre pas même un collectif, fût-il souverain. Ce capital doit être mis à disposition de tous et transmis enrichi aux générations futures pour que justement, assisses sur les épaules des géants qui les ont précédés, « exister » soit pour elles de moins en moins une question de survie mais plutôt une question de plaisir d’être et de choix individuels et collectifs.

Il ne s’agit pas, comme à l’époque de la société de rareté, de voir celui qui ne « travaillait pas » prendre à celui qui « travaillait » car l’ensemble de la production ne suffisait pas à faire vivre tout le monde. Il s’agit ici de revenir à la base, au revenu de base qui permet à chacun d’être en position de choisir.

Bien sûr que nous sommes capables de produire collectivement de quoi maintenir en bonne santé, nourrir, loger, informer, transporter chaque citoyen du monde. Et si nous nous en tenons à notre contrat social lié au bien commun, nous pourrions y arriver avec bien moins d’heures d’activité marchande que celles dont nous avons besoin aujourd’hui. Ainsi rendons à chacun la liberté de choisir son activité, qu’elle soit marchande ou non.  Même ceux qui seraient capables de produire de quoi vivre sobrement ne le peuvent pas car tout me système passe par la monnaie et que pour participer il faut donc forcément vendre une production sur un marché ! Quand sortirons-nous enfin de cette aliénation ?

Quant à cette économie soit disant à deux vitesses, c’est toujours la même histoire. Pour les partisans de la société de la production c’est l’économie qui est la sphère la plus grande. Pour eux, elle  englobe toutes les autres pour le meilleur et surtout pour le pire. Alors que dans la société de l’émancipation, l’économie est l’une des sphères de l’activité humaine. Cette question de deux vitesses n’a donc plus de sens, puisqu’il existe d’autres sphères d’activités non marchandes tout aussi légitimes que la sphère marchande.

Certains préfèrent  encore à ce stade la réduction générale du temps de travail à l’instauration d’un revenu de base. Mais enfin, un être humain peut-il exister en dehors du système marchande, même à temps partiel ? La réponse est oui. Il doit être possible à un humain, doté d’un revenu de base et d’un petit capital pour démarrer sa vie d’adulte de pouvoir parcourir le monde à la recherche d’une activité sans se préoccuper de savoir si ce qu’il va produire sera vendu sur un marché ou non ! Est-ce vraiment si difficile à conceptualiser ?

Cela me fait penser à ces débats sur l’instruction publique où ses opposants lançaient l’argument suivant: « Mais enfin, ils n’ont pas besoin de savoir lire pour tirer du charbon toute leur vie ! ». Non, c’est vrai ! Mais pour exister en tant qu’humain-citoyen c’est tout de même mieux non ?

Et si jamais la production nécessaire à la vie venait à baisser et ne pouvait plus satisfaire les besoins fondamentaux de tous les humains, alors une baisse du revenu de base conduirait à un retour vers les activités marchandes. J’ajouterai pour être complet, que seuls ceux qui n’auraient pas fait le choix de produire par eux mêmes, ou avec d’autres autour d’eux de quoi satisfaire leurs besoins fondamentaux retourneraient « travailler »… ce qui serait déjà un grand pas dans l’émancipation du genre humain ! 

Objection n°5 : « Les modes de financement sont insensés »

 

 

SOURCE SUITE ET FIN

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