Revenu universel : prêt à être payé sans rien faire ?

Publié le par dan29000

projetPrêt à être payé à ne rien faire ?

 

Par

Ses articles

Editeur de livres jeunesse, je reste curieux de tout, de toutes et de tous. J'aime creuser les questionnements et partager mes interrogations.


 

Attention, ce billet peut déranger et semer quelques graines subversives : pour sa lecture, il est fortement conseillé de mettre de côté ses préjugés.


La notion abordée ici peut faire sourire, mettre en colère, susciter un haussement d’épaules, un profond mépris ou même vous faire quitter votre fauteuil.


En tout cas, une chose est sûre : en aucun cas elle ne laisse indifférent.

Avez-vous envie d’être payé à ne rien faire ?

Le concept de revenu universel*, versé à chaque citoyen, sans condition ni contrepartie et tout au long de la vie, avait déjà croisé mon quotidien il y a un peu plus de 20 ans, à une époque où j’étais ce que je qualifierais aujourd’hui de jeune idéaliste écervelé que seul le manque de culture et d’expérience peut excuser.

Du coup, j’avais rejeté cette idée de revenu universel en bloc, sans même chercher à en étudier les mécanismes. De mon côté, je travaillais dur, je commençais à bien gagner ma vie et c’était tout juste si je comprenais l’intérêt d’une sécurité sociale : “il te suffit de mettre suffisamment de côté et comme ça tu es tranquille”.
Je rejetais l’idée même de dépendre de qui ou quoi que ce soit… sans même observer que la vie en société fonctionne en grande partie sur l’interdépendance. Comme quoi on peut changer ;-)

Une idée qui ne date pas d’hier

L’idée d’un revenu de base universel n’est pas une idée neuve. Depuis la Renaissance – Thomas More l’évoque dans Utopia - l’idée a circulé dans de nombreux pays et est aujourd’hui défendue à la fois par des alter-mondialistes ou des libéraux.

En France, le principe d’une allocation universelle est évoquée – à des mesures différentes – par les Verts, Alternative libérale, le mouvement des libéraux de gauche mais également par le Parti Fédéraliste ou Christine Boutin.

Voir le concept ainsi repris de tous bords depuis de nombreuses années, sans pour autant émerger, est sans doute une démonstration de la complexité du principe et de ce qu’il implique.

Par contre, depuis quelques années, et notamment depuis la crise de 2008, l’idée semble circuler plus que jamais et des exemples d’applications comme celui du village d’Otjivero en Namibie tendent à démontrer que la chose peut aller au-delà du simple concept.

Une idée belle à faire peur.

Le principe d’un revenu inconditionnel fait souvent peur au premier abord car il nous renvoie brutalement à nos responsabilités et à nos interrogations les plus intimes :

“Que ferais-je pour la société si je n’avais aucune obligation ?”
“Comment pourrais-je occuper mes 8 heures par jour, 5 jours par semaine ?”
“Quel est mon but dans la vie ?”

C’est justement la force du film “Revenu de base, une impulsion culturelle” réalisé par Enno Schmidt et Daniel Häni. Ce film pointe du doigt autant les aspects économiques, pratiques que philosophiques et culturels touchés par une réflexion sur un revenu de base universel.

(bande annonce – le film est disponible en téléchargement sur le site)

L’idée de ce billet n’est pas de faire le tour du principe du revenu de base, mais de donner quelques pistes de lectures afin que chacun puisse être à même de prendre le temps de se forger une opinion.

Quelle que soit votre sensibilité politique, je vous invite à regarder le film d’Enno Schmidt et Daniel Häni. Il a le mérite de poser des questions intéressantes et d’apporter une proposition concrète.

Après de nombreuses lectures, je continue de m’interroger sur les répercussions de la mise en place d’un tel revenu. Et la question principale que je me pose est : “sommes-nous prêts à faire face à tant de liberté et à la responsabilité qu’elle appelle en chacun ?”

*également nommé : revenu de vie, dividende universel, dotation inconditionnelle de citoyenneté, allocation universelle, revenu forfaitaire, revenu garanti, revenu de citoyenneté, revenu social de solidarité, revenu d’existence, dividende universel, revenu social garanti, revenu citoyen…

(Illustration CC Dimitri Lecoussis)

++ Pour aller plus loin ++

A lire également : la critique de Arnaud Gonzague dans Terra Eco de février 2011 sur “Désobéir dans l’entreprise”
(coll. Les Déobéissants – Ed. le passager clandestin)

Publié dans actualités

Commenter cet article

Piyou 04/04/2013 18:55


Les retraités nous donnent déjà une petite idée de la chose, or les retraités sont souvent des gens très actifs, qui s'investissent dans tout un tas d'associations. Combien de petits clubs
auraient du mal à vivre sans eux ?

dan29000 04/04/2013 19:08



Tout à fait...Le problème étant que chacun doit avoir la possibilité de vivre un minimum sa vie, sans devoir attendre la retraite, phase finale...Alors si quelque part des gauches existaient,
elles devraient être en pointe sur cette revendication, plutôt que de toujours mendier, plus de croissances, ou qq centimes de plus sur le point d'indice...Le revenu de base devrait être la mère
de toutes les batailles...