Rilleux la pape (69) : soutien au fort de Vancia

Publié le par dan29000

 

 

L’appel et la pioche ! Soutien au fort de Vancia




Il n’y avait pas grand monde autour du feu ce soir là. La plupart des gens tentait de se réchauffer dans les bus aménagés en sleeping ou dans les caravanes prêtées par les potes Rroms. Cela faisait quelques semaines déjà que les ex-habitant.e.s campaient sous les murs désormais silencieux de la friche RVI, essayant de s’organiser entre les rondes de flics et l’odeur d’incendie tenace. Un dernier carré de vaillant.e.s grelottait devant le braséro, théorisant à n’en plus pouvoir sur un avenir improbable pendant qu’un cubi de mauvais rouge faisait le tour de l’assemblée.


Il fal­lait tout de même trou­ver une solu­tion : après un été de mobi­li­sa­tion quand la pres­sion a com­mencé à monter, un tri­bu­nal qui donne 6 mois de délai avant l’expul­sion, et un incen­die en plein concert des Binamé, avec tel­le­ment de coïn­ci­den­ces trou­blan­tes qu’il ferait suf­fo­quer le plus blasé des com­plo­tis­tes, ça fait beau­coup pour une petite bande de squat­teu­reu­ses qui n’en deman­dait pas tant.

Alors, on fait chauf­fer les neu­ro­nes à défaut des corps, et évidemment on ne fait pas dans la den­telle : une caserne aban­don­née en plein centre ville de Lyon, oui, accepté, même si ça sent le casse-pipe. Et un plan B ?

On nous avait parlé d’un lieu en péri­phé­rie, un fort parait-il. Ah oui ? Un fort ?

Les pre­miers repé­ra­ges sur les photos satel­li­tes ne don­nè­rent rien. Rien. À part un mor­ceau de forêt entouré de douves. Ha oui ? Une forêt qui pousse sur les toits ? C’est pas commun et ça mérite qu’on voit ça de plus près... Il n’a pas fallu long­temps pour décou­vrir un site de 176 000 mètres², des bâti­ments datant de la fin du 19e siècle, une source, des gale­ries creu­sées dans la roche et un accès limité à un pont et une porte blin­dée. De se dire que c’était com­plè­te­ment irréa­liste, et que ça serait trop bête de ne pas essayer.

Deux mois plus tard, le prin­temps bour­geonne par­tout sur les che­mins de Vancia. Le GIPN n’est pas venu le jour de l’ouver­ture, pas plus que l’armée de terre, la BAC,et Interpol, d’ailleurs ne ne nous excu­sons abso­lu­ment pas d’avoir inter­rompu leurs entrai­ne­ments sur place, et nous aime­rions bien leur ren­voyer les rési­dus de leurs pas­sa­ges en tra­vers de la gueule, tant c’est mal­sain de voir des cha­tons jouer avec des balles de fla­sh­ball.

Le fort renait donc dou­ce­ment, le maté­riel arra­ché aux cen­dres de RVI meuble les gran­des salles où doi­vent sûre­ment errer quel­ques fan­tô­mes d’une guerre où d’une autre. Les acti­vi­tés se met­tent dou­ce­ment en place : une biblio­thè­que, un pota­ger, une taverne, des fours à pains d’époque remis en marche, des salles de ciné, danse, gym, fri­pe­rie, méca­ni­que, un ate­lier séri­gra­phie et une salle de concert en chan­tier, des mil­liers de pro­jets dans les têtes.

Des voisin.e.s comme des oufs qu’on puisse faire un truc pareil, des papy-mamies qui vien­nent serrer la pogne et boire des tisa­nes en racontant le temps où le fort était ouvert à la popu­la­tion, où les famil­les les plus pau­vres venaient y vivre, le temps ou les rive­rains se ren­contraient et fes­toyaient sous les tilleuls.

Sauf que.

Après quel­ques inti­mi­da­tions poli­ciè­res bien mala­droi­tes et un pre­mier procès raté où le syn­di­cat de com­mu­nes pro­prié­taire s’est pure­ment et sim­ple­ment gouré de juri­dic­tion, le Justicier des Référés nous donne jusqu’au 5 mai pour quit­ter le site. C’est pas cher payé pour avoir joué la carte ins­ti­tu­tion­nelle.

Ce lieu, nous nous y sen­tons chez nous, nous y avons pro­jeté nos rêves et nos rages, et nous vou­lons main­te­nant le faire par­ta­ger, ouvrir les portes aux ami.e.s de par­tout.

Et des ami.e.s nous en avons beau­coup ces temps çi. De toutes celles et ceux qui croient aux vertus des portes ouver­tes sur des mai­sons à faire revi­vre, du jar­di­nage col­lec­tif et de la confec­tion d’info­kios­ques. Les pas­sioné.e.s de pou­bel­les de super­mar­chés bio ou de réa­li­sa­tion de zine. Les acharné.e.s de la réu­nion-fleuve où de la socio­lo­gie de combat.

Un mois pour faire beau­coup de bruit, se ren­contrer, se coor­don­ner avec les luttes du moment, cons­truire, s’appro­prier encore plus les lieux, jouer ensem­ble bien sur, faire la fête évidemment, pro­duire une effer­ves­cence que ceux-d’en-face ne pour­rons plus igno­rer, juste détour­ner les yeux et retour­ner dans leur cocon, loin de la fureur du monde.

Ceci n’est pas un exer­cice.

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En pra­ti­que :


Ceci est un appel à peu­pler le fort de Vancia de nos pra­ti­ques et de nos moti­va­tions. Les idées d’ate­lier et d’actions diver­ses sont vive­ment recom­man­dées, les apport en matos et connais­san­ces for­te­ment inci­tées.

Pour l’accueil et l’héber­ge­ment, les slee­pings sont en place et on ne manque pas de cou­ver­tu­res. Bien sur, on peut plan­ter tentes et tout autre type de cons­truc­tions sur place... Pas de souci de ce côté-là donc, mais ramène quand même ton duvet, on ne sait jamais...

Pour la bouffe, les super­mar­ché du coin sont géné­reux sur la récupe, des tour­nées moto­ri­sées s’orga­ni­sent dans les bleds autour.

Attention, les véhi­cu­les les plus hauts ne ren­trent pas dans le fort, et il y a peu d’espace pour se garer à l’inté­rieur mais il y a un grand par­king tran­quille juste devant...

Pour venir de Lyon :

en bus : bus 59 direc­tion Vancia depuis Part-Dieu ou Charpennes, arrêt Vancia le bas

en voi­ture : pren­dre le périph nord direc­tion Paris-Bourg-Genève, rocade Est direc­tion Genève, direc­tion Rillieux satho­nay /sortie n°4 Rilleux, rond point Vancia -rond point direc­tion-Chantemerle-rond point direc­tion Sathonay vil­lage, 100 mètres au pan­neau de sortie pre­mière à droite sur l’allée de pla­ta­nes

Nous contac­ter :

le blog lafri­che­van­cia
lafri­che­fri­che­van­cia [at] gmail.com
Fort de Vancia, route de Sathonay vil­lage, hameau de Vancia
69140 Rilleux la Pape

Source : REBELLYON

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