Roanne : bavure pénitentiaire au Centre de détention, témoignages

Publié le par dan29000

Violences pénitentiaires au Centre de Détention de Roanne.

Publié le 14 juillet

 


Vidéo tournée le 4 juillet 2012 au centre de détention de Roanne à l’insu de l’administration pénitentiaire, et suivie d’une lettre explicative écrite par des prisonniers, témoins de la répression du mouvement de protestation.


 

Bavure péni­ten­tiaire au Centre de déten­tion de Roanne



Mercredi 4 juillet 2012, quatre déte­nus ont refusé la remon­tée de pro­me­nade pour pro­tes­ter.

 

Les reven­di­ca­tions por­taient sur une modi­fi­ca­tion des horai­res de pro­me­nade et sur toutes les pré­cé­den­tes reven­di­ca­tions publiées le 25 avril 2012 par les déte­nus de Roanne.


A 18h45, les quatre déte­nus refu­sent de remon­ter en cel­lule et deman­dent à être entendu dans un esprit paci­fi­que. Boyer (le direc­teur du CD) pré­fère lâcher ses chiens, envi­ron dix sur­veillants équipés de cas­ques, bou­cliers. La pro­cé­dure d’inter­ven­tion de l’Administration Pénitentiaire n’est pas res­pec­tée et l’action menée à la cow-boy mais sans lasso (voir vidéo).
L’inter­ven­tion a d’abord porté sur deux déte­nus âgés d’une ving­taine d’années malgré qu’un des déte­nus ait osten­si­ble­ment levé les mains en l’air.
Dans la foulée, un groupe de sur­veillants a chargé bou­cliers en avant deux déte­nus. Ceux-ci ripos­tent pour repous­ser l’assaut. L’un d’eux se fait cein­tu­rer immé­dia­te­ment, les autres déte­nus s’éparpillent dans cette cour sans issue. Les sur­veillants se sen­tent dépas­sés, ce qui a décu­plé leur agres­si­vité. La chasse à l’homme est alors ouverte. Placage à la rug­by­man, balayette à la Bruce Lee, les sur­veillants ont fait l’étalage de leur supé­rio­rité phy­si­que et numé­ri­que. Jusqu’à l’ultime action, l’agres­sion d’un pri­son­nier âgé dont le seul tort était d’être en pro­me­nade.
Boyer réci­dive donc dans la manière de gérer les reven­di­ca­tions des déte­nus. Déjà à Corbas, en 2010 deux sur­veillants avaient été condam­nés pour des faits de vio­lence envers des déte­nus (datant de 2009). Ce direc­teur exprime sa toute puis­sance dans son centre de déten­tion déclen­chant l’assaut sans négo­cia­tion et avant même l’horaire de fer­me­ture des cel­lu­les, ce qui est vécu comme une pro­vo­ca­tion par les déte­nus de Roanne. Certains ont jeté des pro­jec­ti­les type bou­teilles d’eau, savon, javel en soli­da­rité avec les quatre vic­ti­mes de cette nou­velle bavure de Boyer.
Les quatre déte­nus ont été jetés manu mili­tari au mitard et nous sommes depuis sans nou­vel­les.


Nous, déte­nus de Roanne, attes­tons avec une vidéo à l’appui de la non-vio­lence de ces reven­di­ca­tions légi­ti­mes et récla­mées par l’ensem­ble des déte­nus et de la vio­lence extrême de l’admi­nis­tra­tion péni­ten­tiaire sur ces quatre déte­nus. Nous témoi­gnons de l’achar­ne­ment des sur­veillants sur le plus âgé des quatre. Nous sommes soli­dai­res de nos com­pa­gnons et témoi­gnons avec une vidéo et ce texte.


Les déte­nus de Roanne.

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affiche collée en soutien aux détenus sur les murs de Roanne

A lire aussi Lettre d’un pri­son­nier du centre de déten­tion de Roanne et Roanne : l’admi­nis­tra­tion place un détenu à l’iso­le­ment pour s’être exprimé sur ses condi­tions de déten­tion.

 

 

 

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