RSF : 108 cyberdissidents emprisonnés dans le monde entier

Publié le par dan29000

Le Web a désormais droit à un chapître spécifique dans le rapport annuel sur la liberté de la presse de Reporters sans frontières. L'organisation a en effet, depuis 2002, décidé de tenir le compte « les blogueurs, cyberdissidents et internautes emprisonnés dans le monde pour avoir exprimé sur le Web leurs opinions. »

108 cyberdissidents emprisonnés dans le monde

En 2009, selon RSF, 151 simples citoyens ont été arrêtés ou interpellés en 2009, et 108 restent encore emprisonnés, victimes de la censure et de la « criminalisation de l'expression libre » sur Internet.

L'actualité en Iran le montre : Internet est devenu un moyen d'expression, de contestation et de mobilisation capable de déranger les régimes autoritaires ou coupables de discriminations.

RSF cite une longue liste d'exemple de blogueurs contestataires emprisonnés :
Wu Yilong, emprisonné depuis le 19 juin 1999 en Chine
l'Egyptien Kareem Amer
le Birman Zarganar en prison pour encore trente-quatre ans
les Chinois Hu Jia et Liu Xiaobo
les Vietnamiens Nguyen Trung et Dieu Cay
Adnan Hadjizade et Emin Milli, deux Azerbaïdjanais condamnées à deux ans de prison « pour avoir tourné en dérision les élites politiques dans une vidéo ».
Le dernier en date : El Bachir Hazzan, blogueur marocain, en prison depuis le 7 décembre.

Un blogueur iranien est même mort dans une prison de Téhéran en mars dernier, alors qu'il avait été arrêté un mois plus tôt. Omidreza Mirsayafi tenait un blog sur la musique traditionnelle persane et la culture, mais avait eu l'audace de publier deux ou trois articles satiriques.

Pour RSF, la censure d'Internet touche dix fois plus de pays

Les pays censeurs s'attaquent aussi directement aux réseaux sociaux, aux sites et aux blogs, les surveillant et les bloquant si nécessaire : « D'une année sur l'autre, le nombre de pays touchés par la censure d'Internet a été multiplié par deux. »

Il y a un an, 37 pays utilisaient la censure sur Internet. Cette année, l'association en dénombre 60, « une tendance inquiétante qui illustre le renforcement du contrôle exercé sur les nouveaux médias alors que des millions de net-citoyens sont de plus en plus mobilisés sur la Toile. »

Les principaux gouvernements censeurs sont d'abord la Chine, l'Iran, la Tunisie, la Thaïlande, l'Arabie saoudite, le Viêtnam et l'Ouzbékistan. L'internet turkmène, ouvert seulement en 2008 aux particuliers, reste sous lecontrôle de l'État.

Le mot qui fâche dans les blogs : la « crise »

Certains sujets sont plus sensibles et dangereux sur la toile. Ainsi, beaucoup de gouvernements ne supportent pas l'emploi du mot « crise ».

« En Corée du Sud, un blogueur a été détenu à tort pour avoir commenté la situation catastrophique du pays.


“En Thaïlande, une demi-douzaine de net-citoyens qui ont été interpellés ou intimidés pour avoir évoqué la crise au sein du royaume.”


RSF n'a pas oublié les pays démocratiques : flicage du téléchargement illégal dans beaucoup de pays européens, système obligatoire de filtrage en Australie pour “ la sécurisation du web ”, censure de sites comme Youtube en Turquie…

Des mesures qui ne sont pas toujours d'une grande efficacité. Les internautes sont malins et connaissent des adresses relais : en Turquie, YouTube reste ainsi le cinquième site le plus visité.


Source : RUE89

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