Saint-Denis (93) : festival Bobines rebelles, entrée à prix libre

Publié le par dan29000

 

Bobines rebelles dans le 93

2e festival du documentaire d'auteur, social et politique dans le 93

Samedi 26 et Dimanche 27 novembre à Saint-Denis

Entrée et restauration à prix libres

Festival : en programmant pendant deux jours une série de films documentaires, nous voulons proposer un moment fort, permettant de créer une véritable dynamique de réflexion.

Documentaire : en revendiquant un point de vue clairement affirmé, le documentaire permet de faire apparaître une réalité qui, d'habitude, nous est cachée. Il favorise une démarche critique et l'émergence d'une conscience politique plus engagée.

Politique et social : à l'heure où les tenants du pouvoir nous imposent une pensée unique associée à une fausse bipolarisation politique, nous voulons partager nos interrogations, confronter nos dissidences. Indépendance politique et autonomie de pensée sont, aujourd'hui, une exigence sociale

« Le documentaire social se distingue du documentaire tout court et des actualités de la semaine par le point de vue que défend nettement son auteur. Ce documentaire social exige que l'on prenne position car il met les points sur les i. S'il n'engage pas un artiste, il engage au moins un homme. Ceci vaut bien cela. (...) Ce documentaire social devra nous dessiller les yeux». Jean Vigo (1905-1934)

Deux journées, deux salles, quatorze documentaires et dix réalisatrices et réalisateurs présents.

 

Après La Creuse, le festival Bobines rebelles a lieu samedi 26 et dimanche 27 novembre à la bourse du travail de Saint-Denis. Une sélection de films d’auteurs, sociaux et politiques. Chaque projection est suivie d’un débat avec les réalisateurs. Les entrées sont à prix libre.



Samedi 26 novembre

12h : La Langue de Zahra, de Fatima Sissani, France, 2011, 93 minutes.

Les Kabyles existent d’abord par la parole. Chaque geste, chaque instant de leur quotidien peut donner lieu à une langue de vers, de métaphores, de proverbes... Ne dit-on pas que dans ces contreforts montagneux dont ils sont les hôtes, la joute oratoire était un exercice courant ? Une réalité qu’on se représente mal lorsque l’on plonge dans la société de l’immigration où ces hommes et femmes, souvent analphabètes, sont relégués exclusivement au rang d’ouvriers et de femmes au foyer... On imagine alors mal les orateurs qu’ils devien- nent lorsqu’ils retournent dans leur langue. Cette réalité, je la pres- sentais. J’en ai réalisé toute l’acuité, mesuré la dimension en filmant ma mère, son quotidien et son histoire. J’ai vu, fascinée, une femme arrimée à sa langue de façon indéfectible. Une femme dévoilant une oralité transmise de génération en génération. Une langue charriant éloquence et poésie pour dire l’enfance buco- lique, l’exil, la pauvreté... Cette langue, c’est l’ultime bagage que des milliers d’émigrants kabyles ont emporté avec eux… Une langue pour se construire un ailleurs qui ne soit pas que l’exil.

14h : En maternelle au Val-Fourré, de Marie Dolez, France, 2003, 55 minutes.

La vie d’une école maternelle dans le quartier du Val-Fourré, à Mantes-la-Jolie. L’école publique aspire à donner le même enseigne- ment à tous les enfants, transcendant les origines et les cultures. Au Val-Fourré, les enseignantes - qui n’y sont pas spécifiquement for- mées - sont confrontées aux particularités d’un quartier où la situation sociale s’aggrave et qui a tendance à se structurer en communautés. En dépit des difficultés, "la maternelle" joue un rôle essentiel auprès des enfants et de leurs familles.

14h : Frères de classe, de Christophe Cordier, France, 2004, 52 minutes.

La Bretagne, Saint-Brieuc, mars 1972. Une grève avec occupation éclate aux usines du Joint français. Le 6 avril, l’affrontement avec les forces de l’ordre est imminent. De cette lutte, un moment unique va être immortalisé par un cliché photographique : un manifestant, un CRS face-à-face. L’ouvrier est en rage, semble hurler, le visage déformé par la colère. Il tient le CRS par la vareuse... Deux hommes prêts au corps à corps. Mais l’image ne dit pas tout...

15h30 : Les Roses noires, d’Hélène Milano, France, 2010, 53 minutes.

Un voyage au coeur du langage et des images vécues par les jeu- nes filles en banlieue parisienne et dans les quartiers marseillais. Si la langue de la rue fonctionne aujourd’hui comme une frontière, une identité affirmée, elle raconte aussi la blessure liée au sentiment d’ex- clusion. Mais quelle est la situation particulière des filles dans leur rap- port au langage ?

15h30 : Demain, de Carmit Harash, France-Israël, 2010, 58 minutes.

De retour en Israël, Carmit Harash filme son frère, trentenaire. On le voit d’abord en famille, puis la réalisatrice pose sa caméra chez lui. Le temps d’un entretien en plan-séquence, Israël, cloué à son canapé, est confronté aux questionnements de sa sœur. Elle le pousse à s’interroger sur son service militaire et à se situer politi- quement.

17h : Les Conti gonflés à bloc, de Philippe Clatot, France, 2010, 130 minutes.

Le 11 mars 2009, les mille cent vingt employés de l’usine Continental de Clairoix, dans l’Oise, apprennent par les médias la fer- meture de leur usine de pneumatiques prévue en 2010. Un accord avait pourtant été signé au cours de l’année 2007, revenant sur les trente-cinq heures pour assurer l’avenir du site jusqu’en 2012… Sous le choc, tous les employés qui seront bientôt appelés les "Conti" se rassemblent en assemblée générale et mettent en place un comité de lutte pour organiser et coordonner leur action de résistance. Leur but est de faire entendre leurs revendications à la direction allemande du groupe et à l’État français. Le film nous immerge dans l’aventure des "Conti" depuis les débuts des assemblées générales devant l’usine, jusqu’à l’annonce des indemnisations par le groupe Continental. Il retrace un à un les événements de cette lutte qui a défrayé la chro- nique des semaines durant. Avec pour fil conducteur toutes les gran- des étapes de la lutte des "Conti" (manifestations, fêtes de soutien...), le film permet de découvrir comment ce mouvement de lutte solidaire fut aussi une aventure humaine et collective sans précédent.

17h : Yvette, de M.Bassolé & F.Bassono, France- Burkina Faso, 2011, 20 minutes.

Yvette, ou la réalité d’une femme au village de Perkouan (Burkina Faso), dont la condition se révèle à travers ses tâches quotidiennes, son environnement et ses réflexions...

18h : Koundi et le jeudi national, d’Ariane Astrid Atodji, Caméroun-Allemagne, 2010, 86 minutes.

"Koundi, gros bourg de 1 200 habitants de l’Est du Cameroun, tire la plus grande partie de ses revenus de l’exploitation de la forêt équato- riale. Dans l’éventualité où l’État romprait son contrat de forêt commu- nautaire, les autorités municipales instituent un "jeudi national" : un jour mensuel de travail en commun des hommes qui permettra de commencer une plantation cacaoyère. Découpé comme une semaine du dimanche au samedi, "Koundi et le Jeudi national" a la saveur d’une chronique villageoise. Mais jamais le point de vue de sa réalisa- trice ne se rabat sur le folklore quand affleure, au jour le jour, la poli- tique. Cette perspective - utopique ? - d’autogestion future fonctionne dans ce film, magnifiquement photographié comme un prisme à travers lequel observer la vie en communauté, de la classe ("abstinence, fidé- lité, condom !") au lavage du linge, de la fabricante de vin (qui refuse de vendre aux ivrognes) à la guérisseuse, du jour de paye (une liasse de billets accompagnée d’une bière) au procès pour adultère, en pas- sant par la drague au bar du cru, le "Jet Set". Est-ce un hasard si le jeudi national est réservé aux hommes, tandis que les femmes tra- vaillent en cuisine pour ceux qui s’activent à la machette ?... (Charlotte Garson, Cinéma du réel 2011)

Dimanche 27 novembre

12h : La Mort de Danton, de Alice Diop, France, 2011, 64 minutes. Steve a la dégaine d’un « loulou des quartiers » ceux-là même qui alimentent les faits-divers sur la violence des banlieues. En septembre 2008, il décide subitement de changer de vie. À l’insu de ses copains du quartier, il entame une formation d’acteur au cours Simon, une école de théâtre parmi les plus prestigieuses en France...

12h : Entrée du personnel, de Manuela Fresil, France, 2011, 59 minutes. Ce film a été réalisé à partir des récits de vie des ouvriers des grands abattoirs industriels. "Au début, on pense qu’on ne va pas rester. Mais on change seulement de poste, de service. On veut une vie normale. Une maison a été achetée, des enfants sont nés. On s’obstine, on s’arc-boute. On a mal le jour, on a mal la nuit, on a mal tout le temps. On tient quand même, jusqu’au jour où l’on ne tient plus. C’est les articulations qui lâchent. Les nerfs qui lâchent. Alors l’usine vous licencie. À moins qu’entre temps on ne soit passé chef, et que l’on impose maintenant aux autres ce que l’on ne supportait plus soi-même. Mais on peut aussi choisir de refuser cela."

13h : Histoires autour de la folie, de Paule Muxel & Bertrand de Solliers, France, 1993, 110 minutes.

Ce film concerne la vie et les relations d’un certain nombre de per- sonnes, soignants et soignés, à partir d’un important hôpital de soins en santé mentale de la région parisienne, Ville-Evrard, un ancien grand asile, appartenant à l’institution publique. La parole et la mémoire restituent des situations relatives à l’enfer- mement, au rejet, à l’exclusion, mais aussi à l’évolution, surtout du point de vue des mentalités, du XIXe siècle jusqu’à la période contem- poraine. "Les histoires autour de la folie" sont d’abord une histoire, l’histoire de l’asile de Ville-Evrard fondé en 1868...

14h : De l’autre côté de la route, de Laurence Doumic, France, 2010, 52 minutes.

Une nuit, Colette aperçoit par sa fenêtre un grand feu sur le terrain de l’autre côté de la route. Le lendemain, elle entend le bruit des mar- teaux et voit des cabanes s’élever entre les arbres. Curieuse, elle décide de traverser la route à la rencontre de ces étranges habitants. Elle est accueillie par toute une famille Tsigane de Roumanie. Colette s’éprend peu à peu d’Eva, de Sami et de leurs deux enfants. En dépit de leur situation précaire, elle croit en leurs multiples capaci- tés et veut que cela se sache. Elle entreprend alors de convaincre les habitants de sa cité, les badauds et aussi les élus de traverser la route à leur tour...

15h30 : Voyage en mémoires indiennes, de Jo Béranger & Doris Buttignol, France-Allemagne, 2003, 94 minutes.

Sally est une jeune femme autochtone originaire de la réserve de Lower Post située à la lisière du Yukon. Très jeune, Sally a été enle- vée à sa mère pour être placée dans une famille d’accueil très loin de sa communauté d’origine. Parvenue à l’âge adulte et devenue elle- même mère, elle reconstitue difficilement l’histoire de sa famille dont tous les membres ont été dispersés. Aujourd’hui, elle cherche à com- prendre pourquoi et comment tout cela est arrivé. L’histoire personnelle de Sally lève le voile sur un chapitre méconnu de l’histoire des Premières Nations, éclairant sous un jour nouveau les enjeux du combat actuel pour le contrôle de l’éducation. Acculturation, perte d’identité, souffrances mais également guérison et espoir pour les générations à venir, telles sont les différentes étapes du périple que nous allons vivre avec Sally.

15h30 : Nous étions communistes, de Maher Abi Samra, France-Liban, 2010, 84 minutes.

Le film est une exploration de l’espace public libanais entre commu- nautés confessionnelles et de l’intégration des individus dans cet espace fragmenté. Construit autour de trois personnages, dont l’au- teur, anciens membres du Parti Communiste libanais, de leurs années d’engagement politique pendant la guerre civile, du chemin qu’a pris chacun d’entre eux dans la société d’après guerre et de leur situation actuelle alors que le pays semble à l’orée d’une nouvelle guerre...


Un festival à prix libre

Le prix libre est une démarche politique, non marchande. Ce n’est pas pour autant la gratuité et, afin de donner un élé- ment d’évalutation, les coûts de revient d’une place de ciné- ma et d’un repas seront affichés. Concrètement, à l’accueil, seront distribués à prix libre des tickets d’entrée et des tickets de repas.

La bourse du Travail de la ville de Saint-Denis (93) est située au 9-11 rue Génin. Métro ligne 13, station “Porte de Paris”


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