Saint-Denis : après l'expulsion du Hanul, les Rroms trahis par la mairie

Publié le par dan29000

rroms--50--.jpgAprès l’expulsion violente hier matin, les Rroms du Hanul se sont dirigés
vers la mairie de Saint-Denis. Suivis à chaque pas par la police, ils y
sont arrivés quelques minutes avant l’heure d’ouverture. Cependant, les
portes de la mairie sont restées fermées. Un messager a indiqué aux
expulsés que le directeur du cabinet du maire recevrait une délégation.
Renata et Denisa, deux fillettes nées au Hanul et enregistrées à l’état
civil de St-Denis, faisaient partie de la délégation.


Après un exposé d’environ 20 minutes où Mme. Haye, adjointe au maire, a
mis en valeur l’engagement politique de la ville en faveur des Rroms,
Denisa a pu poser la première question : « où allons-nous dormir ce soir ?
». En guise de réponse, la petite fille de 9 ans a pu apprécier un second
exposé sur le même thème, cette fois-ci par M. Proult, lui-aussi adjoint
au maire.

Les deux élus ont maintenu tout au long de l’entretien que la ville
n’avait pas de locaux pour un hébergement d’urgence, mais qu’elle faisait
beaucoup d’efforts pour les Rroms, notamment avec un « village d’insertion
» et avec un discours en faveur de l’ouverture du marché de l’emploi aux
Roumains. En effet, M. Braouezec, anciennement député-maire et
actuellement président de la Communauté d’agglomération Plaine Commune a
posé une question au gouvernement en ce sens il y a quelques jours.
Toujours est-il que la ville est contre la pérennisation des bidonvilles
et qu’elle a refusé d’ouvrir un gymnase ou un autre local pour héberger en
urgence les familles expulsées. Elle se congratule cependant de
l’obtention d’une table ronde régionale au mois de septembre au sujet des
Rroms qui vivent dans des campements.


En ce qui concerne l’urgence pour ces familles, la seule proposition de la
ville était de se joindre à une demande d’entretien avec la préfecture de
la région. Or, comme les solutions éventuellement envisagées dans ce cadre
correspondent à quelques nuitées d’hôtel, la proposition n’a pas été jugée
sérieuse par les expulsés, et même contradictoire avec les objectifs à
long terme affichés, notamment celui de l’ouverture du marché de travail,
qui reste de la compétence de l’Etat. Aussi, un membre de la délégation a
jugé l’attitude de la ville comme une trahison : « votre soutien n’a été
qu’une mise en scène politique, pour faire semblant d’aider les pauvres en
bons communistes, mais finalement vous nous jetez dans la rue comme des
chiens, comme pendant la seconde guerre mondiale », - a dit M. Boti,
ancien habitant du Hanul. Des employés de la Plaine Commune, dirigée par
M. Braouezec, accompagnaient les CRS pendant l’expulsion.

Une fois de plus, comme souvent dans leur histoire européenne de 600 ans,
les Rroms ont du se débrouiller par eux-mêmes, aidés par quelques
dyonisiens, notamment des artistes, qui détenteurs de l’esprit de
solidarité de leur ville.

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Source : La voix des Rroms


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