Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

 

 

 

SCENES.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Durant les plus belles décennies du cinéma, la notion aujourd'hui un peu obsolète de film culte était une réalité, une belle réalité pour tous les cinéphiles du monde entier. Et dans les sixties "Scènes de chasse en Bavière" était justement un film culte qui venait à la toute fin de cette décennie particulièrement riche. Le film fut même sélectionné pour la Semaine de la critique à Cannes en 1969.

Tiré d'une pièce de théâtre de Martin Sperr, le synopsis de départ est assez simple à dire vrai. Abram (Martin Sperr himself) est un jeune mécanicien qui rentre chez sa mère qui vit dans un village de Bavière, après une longue absence. Peu à peu les commérages vont bon train et chacun se doute plus ou moins qu'Abram était en prison. En prison, sans doute pour homosexualité. Il aurait eu des "rapports" avec un jeune débile mental.

Progressivement, et c'est la formidable richesse du film, l'on voit se mettre en place le subtil et terrible engrenage pervers de la bêtise fascisante des habitants du village.

Au début, juste des quolibets, de petites remarques presque anodines, et lentement mais sûrement, le processus se met en place. Personne ne sait vraiment que ce qui s'est passé pour Abram...Peu importe, on pense que, on se doute que, et on parle, on colporte, et le feu va prendre.

Et la chasse peut alors commencer...

Quarante ans plus tard, le film n'a rien perdu de sa puissance. Fleischmann ne datant pas vraiment son action, le film ne vieillit même pas dans le temps, comme certains films, un peu datés des sixties ou des seventies.

Avec une caméra qui dévoile au-delà des faits, le réalisateur allemand nous offre un terrible portrait d'une petite communauté bien vertueuse, bien croyante, bien propre sous tous ses aspects. Mais derrière cet ordre nouveau bien établi se cache une violence psychologique digne des "grandes années" de la montée du nazisme.

Les idéologies destructrices, du nazisme au fascisme en passant par le stalinisme, ne sont pas que des doctrines politiques totalitaires, mais elles impactent aussi tous les aspects de la vie quotidienne et de la culture, y compris au fin fond d'un village.

Un magnifique noir et blanc renforce aussi sans nul doute, l'insidieuse puissance des images.

Le film marque aussi les débuts d'actrices d'Angela Winkler (Le Tambour, Palme d'Or en 1979) et d'Hanna Schygulla (Le Mariage de Maria Braun et Lili Marleen de Fassbinder).Deux actrices allemandes d'exception.

 

Un des films importants d'une époque charnière du nouveau cinéma allemand qui marquait alors l'Europe. Hélas le cinéaste ne confirma pas vraiment son talent par la suite.

Enfin le complément où l'on découvre un entretien avec le cinéaste est tout à fait passionnant et éclaire encore mieux le film. Dommage qu'il soit si bref, nous aurions aimé l'écouter au-delà des cinquante minutes proposées.

 

Dan29000

 

Scènes de chasse en Bavière

Peter Fleischmann

Editions Montparnasse

2011 / 1 H 22 + 49' / 18 euros

VO / VF / VOST

 

 

Presse

"Un diamant noir oublié" Télérama


"Quarante ans plus tard, Scènes de chasse en Bavière est un film toujours aussi corrosif et gonflé." Le nouvel observateur


"Film d'un réalisme brutal, d'une vulgarité objective et d'une force peu commune. Très intéressant." Le Canard enchainé, 1970


Complément

Entretien avec Peter Fleischmann Par Volker Schaner et Angelika Stute - 2010 - 49 minutes

 

Tag(s) : #écrans

Partager cet article

Repost 0