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SANS PAPIERS en lutte>>>coordination nationale

Charte Mondiale des Migrants

>
>
> 17 février 2011


> Charte mondiale des migrants
>
> Charte proclamée à Gorée (Sénégal) le 4 Février 2011
>
>
>
> Les personnes migrantes sont les cibles de politiques injustes.
> Celles-ci, au détriment des droits universellement reconnus à chaque
> personne humaine, font s’opposer les êtres humains, les uns aux autres
> en utilisant des stratégies discriminatoires, fondées sur la préférence
> nationale, l’appartenance ethnique, religieuse ou de genre.
>
> Ces politiques sont imposées par des systèmes conservateurs et
> hégémoniques, qui cherchent à maintenir leurs privilèges en exploitant
> la force de travail, physique et intellectuelle des migrants. Pour
> cela, ils utilisent les prérogatives exorbitantes permises par la
> puissance arbitraire de l’État Nation et du système mondial de
> domination hérité de la colonisation et de la déportation. Ce système
> est à la fois caduque, obsolète et génère des crimes contre l’humanité.
> C’est la raison pour laquelle il doit être aboli.
>
> Les politiques sécuritaires mises en place par les États Nations font
> croire que les migrations sont un problème et une menace alors qu’elles
> constituent depuis toujours un fait historique naturel, complexe,
> certes, mais qui loin d’être une calamité pour les pays de résidence,
> constituent un apport économique, social et culturel inestimable.
> Les migrants sont partout privés du plein exercice de leur droit à la
> liberté de circulation et d’installation sur notre planète.
> Ils sont également privés de leurs droits à la paix ainsi que de leurs
> droits économiques, sociaux, culturels, civiques et politiques pourtant
> garantis par différentes conventions internationales.
> Seule une large alliance des personnes migrantes pourra promouvoir
> l’émergence de droits nouveaux pour toute personne de par sa naissance
> sans distinction d’origine, de couleur, de sexe ou de croyance. Pour
> cela, cette alliance des migrants devra leur permettre, autour de
> principes éthiques, de contribuer à la construction de nouvelles
> politiques économiques et sociales. Elle devra leur permettre aussi de
> contribuer à une refonte de la conception de la territorialité et du
> système de gouvernance mondiale dominant actuel et de son soubassement
> économique et idéologique.
> C’est pourquoi nous, migrants du monde entier, à partir des
> propositions qui nous sont parvenues depuis 2006 et après une large
> discussion à l’échelle planétaire, adoptons la présente Charte Mondiale
> des Migrants.
> Notre ambition est de faire valoir à partir des situations que vivent
> les migrants dans le monde, le droit pour tous de pouvoir circuler et
> s’installer librement sur notre planète, et de contribuer à la
> construction d’un monde sans murs.
> Pour cela, nous, personnes migrantes qui avons quitté notre région ou
> pays, sous la contrainte ou de notre plein gré et vivons de façon
> permanente ou temporaire dans une autre partie du monde, réunies les 3
> et 4 février 2011 sur l’Ile de Gorée au Sénégal,
> Nous proclamons,
> Parce que nous appartenons à la Terre, toute personne a le droit de
> pouvoir choisir son lieu de résidence, de rester là où elle vit ou de
> circuler et de s’installer librement sans contraintes dans n’importe
> quelle partie de cette Terre.
> Toute personne, sans exclusion, a le droit de se déplacer librement de
> la campagne vers la ville, de la ville vers la campagne, d’une province
> vers une autre. Toute personne a le droit de pouvoir quitter n’importe
> quel pays vers un autre et d’y revenir.
> Toutes dispositions et mesures de restriction limitant la liberté de
> circulation et d’installation doivent être abrogées (lois relatives aux
> visas, laissez-passer, et autorisations, ainsi que toutes autres lois
> relatives à la liberté de circulation).
> Les personnes migrantes du monde entier doivent jouir des mêmes droits
> que les nationaux et citoyens des pays de résidence ou de transit et
> assumer les mêmes responsabilités dans tous les domaines essentiels de
> la vie économique, politique, culturelle, sociale et éducative. Ils
> doivent avoir le droit de voter et d’être éligible à tout organe
> législatif au niveau local, régional et national et d’assumer leurs
> responsabilités jusqu’à la fin du mandat.
> Les personnes migrantes doivent avoir le droit de parler et de partager
> leur langue maternelle, de développer et faire connaître leurs cultures
> et leurs coutumes traditionnelles, à l’exception de toute atteinte à
> l’intégrité physique et morale des personnes et dans le respect des
> droits humains. Les personnes migrantes doivent avoir le droit de
> pratiquer leurs religions et leurs cultes.
> Les personnes migrantes doivent jouir du droit d’avoir un commerce là
> où elles le désirent, de se livrer à l’industrie ou à l’exercice de
> tout métier ou de toute profession permis au même titre que les
> citoyens des pays d’accueil et de transit ; cela de façon à leurs
> permettre d’assumer leur part de responsabilité dans la production des
> richesses nécessaires au développement et l’épanouissement de tous.
> Le travail et la sécurité doivent être assurés à toutes les personnes
> migrantes. Quiconque travaille doit être libre d’adhérer à un syndicat
> et/ou d’en fonder avec d’autres personnes. Les personnes migrantes
> doivent recevoir un salaire égal à travail égal et doivent avoir la
> possibilité de transférer le fruit de leur travail, les prestations
> sociales et de jouir de la retraite, sans aucunes restrictions. Tout
> cela, en contribuant au système de solidarité nécessaire à la société
> de résidence ou de transit.
> L’accès aux prestations des services de banques et d’organismes
> financiers doit être assuré à toutes les personnes migrantes de la même
> manière que celui accordé aux nationaux et citoyens des pays d’accueil.
> Tout le monde a le droit à la terre, qu’ils soient hommes ou femmes. La
> terre doit être partagée entre ceux qui y vivent et qui la travaillent.
> Les restrictions à l’usage et à la propriété foncière imposées pour des
> raisons d’ordre ethnique, national et/ou sur le genre, doivent être
> abolies ; cela au profit d’une nouvelle vision d’une relation
> responsable entre les humains et la terre, et dans le respect des
> exigences du développement durable.
> Les personnes migrantes, au même titre que les nationaux et citoyens
> des pays de résidence ou de transit, doivent être égales devant la loi.
> Nul ne doit être séquestré, emprisonné, déporté ou voir sa liberté
> restreinte sans que sa cause ait été équitablement et préalablement
> entendue et défendue dans une langue de son choix.
> Les personnes migrantes ont le droit à l’intégrité physique et à ne pas
> être harcelées, expulsées, persécutées, arrêtées arbitrairement ou
> tuées en raison de leur statut ou parce qu’elles défendent leurs
> droits.
> Toute loi qui prévoit une discrimination fondée sur l’origine
> nationale, le genre, la situation matrimoniale et/ou juridique ainsi
> que sur les convictions doit être abrogée, quelque soit le statut de la
> personne humaine.
> Les droits humains sont inaliénables et indivisibles et doivent être
> les mêmes pour tous. La loi doit garantir à toutes les personnes
> migrantes le droit à la liberté d’expression, le droit de s’organiser,
> le droit à la liberté de réunion ainsi que le droit de publier.
> L’accès aux services de soin et à l’assistance sanitaire doit être
> garanti à toutes personnes migrantes, au même titre que les nationaux
> et les citoyens des pays d’accueil et de transit, avec une attention
> particulière aux personnes vulnérables. A toute personne migrante
> vivant avec un handicap doivent être garantis le droit à la santé, les
> droits sociaux et culturels.
> La loi doit garantir à toute personne migrante le droit de choisir son
> partenaire, de fonder une famille et de vivre en famille. Le
> regroupement familial ne peut lui être refusé et on ne peut la séparer
> ou la maintenir éloignée de ses enfants.
> Les femmes, tout particulièrement, doivent être protégées contre toute
> forme de violence et de trafic. Elles ont le droit de contrôler leur
> propre corps et de rejeter l’exploitation de celui-ci. Elles doivent
> jouir d’une protection particulièrement renforcée, notamment en matière
> de condition de travail, de santé maternelle et infantile, ainsi qu’en
> cas de changements de leur statut juridique et matrimonial.
> Les migrants mineurs doivent être protégés par les lois nationales en
> matière de protection de l’enfance au même titre que les nationaux et
> les citoyens de pays de résidence et de transit. Le droit à l’éducation
> et à l’instruction doit être garanti.
> L’accès à l’éducation et à l’instruction, du préscolaire à
> l’enseignement supérieur, doit être garanti aux personnes migrantes et
> à leurs enfants. L’instruction doit être gratuite, et égale pour tous
> les enfants. Les études supérieures et la formation technique doivent
> être accessibles à tous dans une nouvelle vision du dialogue et du
> partage des cultures. Dans la vie culturelle, dans les sports et dans
> l’éducation, toute distinction fondée sur l’origine nationale doit être
> abolie.
> Les personnes migrantes doivent avoir droit au logement. Toute personne
> doit avoir le droit d’habiter dans l’endroit de son choix, d’être
> décemment logée et d’avoir accès à la propriété immobilière ainsi que
> de maintenir sa famille dans le confort et la sécurité au même titre
> que les nationaux et citoyens de pays d’accueil et de transit.
> A toutes personnes migrantes, il faut garantir le droit à une
> alimentation saine, et suffisante, et le droit à l’accès à l’eau.
> Les personnes migrantes ambitionnent d’avoir l’opportunité et la
> responsabilité, au même titre que les nationaux et les citoyens de pays
> d’accueil et de transit, de faire face ensemble aux défis actuels
> (logement, alimentation, santé, épanouissement...).
> Nous, personnes migrantes, nous engageons à respecter et promouvoir les
> valeurs et principes exprimés ci-dessus et à contribuer ainsi à la
> disparition de tout système d’exploitation ségrégationniste et à
> l’avènement d’un monde pluriel, responsable et solidaire.                          
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SOURCE /  ZPAJOL liste sur les mouvements de sans papiers

Tag(s) : #actualités

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