Sète : Daniel Vermeille, mort d'un journaliste rock devenu SDF

Publié le par dan29000

 

 

 

 

 

Sète  Vie et mort d’un clochard céleste

 


Vie et mort d’un clochard céleste

DR

 

 

 

 


 

Son corps a été découvert dimanche soir, dans un recoin du parking du Canal. Mort vraisemblablement d’une hémorragie interne. Et de nombreux excès… La triste fin d’un SDF, d’un clodo, paumé, largué, perdu dans l’alcool, la drogue et les méandres d’une vie hors norme.

 


 

Le SDF du parking souterrain, décédé à l’âge de 58 ans sans un regard, sans un sourire, c’était Daniel Vermeille, une légende underground du journalisme rock, un copain de Keith Richards et d’Iggy Pop, une icône de la beat génération, un disciple de Phil Spector, un grand frère sulfureux pour une poignée de gamins de Sète, un assassin, un repris de justice. Et un clodo de Sète qu’on ne voyait plus. Il était là pourtant, canne en main, à traîner sa solitude et sa déchéance sur l’Esplanade, devant les halles ou dans les cellules de dégrisement du commissariat.

Ils étaient encore quelques-uns ici à connaître son histoire, à porter sur lui un regard brouillé d’admiration et de pitié.
Danielle Vermeille avait fondé dans les années 70 Rock and Folk. Avec Alain Pacadis, lui aussi décédé, avec Philippe Manœuvre, ils avaient écrit des papiers fondateurs d’un mythe. Ils avaient façonné une génération : rock, punk, libre, déjantée, droguée, rebelle.
Vermeille avait débarqué à Sète, on ne sait pas trop comment, en 1972. Il revenait de Nice où il avait suivi les Rolling Stones dans leur Exile on Main street.

Il a alors quelques années de plus qu’Hervé Di Rosa, Robert Combas, Philippe Gros, le chanteur de Joli Garçon et leur petite bande du lycée Paul-Va.

Forcément, en 1975, Daniel Vermeille fait peur aux parents. Mais fascine les ados. Il noue des liens. Di Rosa travaille même sur un BD scénarisée par Vermeille. Une œuvre inachevée. Dans le même temps, le journaliste s’envole pour les États-Unis suivre la tournée des Stones. Il voyage dans le jet privé de Mick Jagger. Pas étonnant pour Philippe Gros : « Tout le monde avait compris que ce mec possédait une fibre émotionnelle et artistique exceptionnelle. »

Vermeille a à peine plus de 20 ans et Albin-Michel lui promet monts et merveilles pour une biographie des Stones. Qu’il n’écrira pas. Tant pis pour les monts et merveilles.

C’est là-bas, sur les bords du Pacifique qu’il se marie avec une riche Américaine. Ils créent ensemble un foyer pour les personnes en difficultés sociales. Sans savoir qu’il fréquentera ces mêmes foyers 35 ans plus tard. Il devient aussi le grand spécialiste de la musique californienne, et passe son temps à fréquenter les studios hollywoodiens.

La suite est moins glorieuse. Vermeille, le fils de bonne famille, le petit-bourgeois, rejeton d’un riche agent immobilier de Conflans-Sainte-Honorine, verse dans le drame dans la nuit du 26 au 27 septembre 1992. Installé dans un appartement du Cap d’Adge, il tue sa petite amie d’un coup de canne après une soirée alcoolisée. Et tentera deux jours plus tard de maquiller l’affaire en suicide.

Son procès aux assises de Montpellier fera la une de la presse et de Midi Libre. Il est écroué en 1997 avec dix ans de réclusion sur le dos.

Le témoignage des Sétois et de ses proches, à lire aujourd'hui dans votre édition locale de Midi Libre.

 

Source : Midi libre

 

Publié dans lectures

Commenter cet article

Sophie K. 28/01/2011 10:34



Encore une fois, vérifiez vos sources : Rock & folk a été fondé en 1966 par Philippe Koechlin, Robert Baudelet et Jean Tronchot. Daniel Vermeille avait alors 14 ans (il est de la génération
de Philippe Manoeuvre), et n'est entré comme pigiste au journal que dans les années 1970.


http://fr.wikipedia.org/wiki/Rock_%26_Folk