Soweto : pendant la Coupe du monde, les luttes continuent...

Publié le par dan29000

A Soweto, la Coupe du Monde, «c'est de la poudre aux yeux»

Par Fabrice Rousselot, envoyé spécial en Afrique du Sud (Libération) 

A la Uniting reformed church of South Africa, dans le quartier d’Orlando est, l’heure est à la réunion hebdomadaire des « citoyens inquiets de Soweto ». Une trentaine de personnes sont rassemblées autour de petits pupitres, avec un thème écrit au crayon feutre sur un tableau blanc: « Comment devenir un leader de ma communauté ? ».

Les « Soweto concerned residents » se sont formés le 11 mai 2005, avec pour principal objectif de « faire valoir leurs droits de citoyens » auprès des autorités locales et nationales. En ces temps de préparation de Coupe du Monde, Eunice et Thandi, deux de leurs représentantes, assurent « qu’elles continuent à faire pression, pour ne pas être oubliées ».

Militantes de la première heure de la cause noire, elles n’ont pourtant pas que des compliments à adresser à l’ANC, le parti au pouvoir. « Lors des premières élections multiraciales de 1994, on nous a fait de nombreuses promesses », tempête Eunice. « Le pouvoir politique a promis que l’eau et l’électricité seraient gratuites dans les townships, mais aujourd’hui, c’est loin d’être une réalité ».

Depuis des semaines, le groupe organise des manifestations contre la compagnie nationale des eaux. A chaque fois, plusieurs centaines de militants détruisent les compteurs d'eau que l'entreprise a essayé d’installer à l’entrée des townships.

« Ce que nous voulons, c’est un tarif fixe qui soit abordable pour tout le monde ». « Soweto concerned residents » a également lancé une campagne baptisée la « Five rand campaign » et réclament de ne payer que 5 rands (0,5 euros) par famille pour bénéficier du nettoyage des rues et du ramassage des ordures de la part des services municipaux.

Pour Eunice, la Coupe du Monde de football, célébrée dans tout le pays, n’est que « de la poudre aux yeux ». « On veut nous faire croire à un miracle, celui d’une nation toute unie autour du sport. Mais en réalité c’est un mirage ».

Source : Libération 



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