Stop Castor : informations sur le trajet Valognes-Gorleben

Publié le par dan29000

castoraffichetravailFiniLegerInformations sur ce trajet

Le 24 novembre prochain, un train de déchets nucléaires vitrifiés allemands, quittera le terminal ferroviaire de Valognes dans la Manche à 14h20 pour rejoindre le centre de stockage temporaire de Gorleben.

En France, il traversera notamment la Manche, le Calvados, l’Eure, la Seine-Maritime et la Somme. Ensuite de trois trajets sont prévus. A Amiens deux directions sont envisagées par AREVA et la SNCF. Le train pourrait se diriger vers le nord de la France ou descendre vers Reims pour ensuite rejoindre l’est de la France, où il passera la frontière franco-allemande. Là aussi différentes issues sont envisagées pour passer la frontière, afin d’éviter les militants. Aussi, nous publions les horaires de passage potentiel sur ces différents trajets.

Vous trouverez également sur cette page toutes les informations techniques relatives à ce transport.


Trajets et Horaires possibles

Attentions, nous communiquons ici les informations en notre possession. Cependant, il est possible qu’AREVA et la SNCF décide de modifier le trajet à la dernière minute. A Rouen, le train devrait poursuivre sa route vers Amiens, mais il se peut qu’il prenne la direction de la Grande Couronne nord de Paris.

Téléchargez la fiche des horaires possibles

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horaires et trajets potentiels

Informations générales

Le convoi sera composé de 11 conteneurs de type TN 85, également appelés CASTOR (CAsk for Storage and Transport Of Radioactive material). Ils contiendront des déchets vitrifiés, déchets radioactifs de très haute activité (HA).

Ils seront d’abord acheminés par la route de l’usine AREVA de La Hague au terminal ferroviaire de Valognes, distant d’une trentaine de km. Cette acheminement devait être effectué entre le 18 et le 23 novembre, mais selon certaines sources proches du transporteur, les containers seraient acheminés dès cette semaine, à partir du lundi 14 vers Valognes. La présence du Camp de Valognes y serait-elle pour quelque chose ?

Les déchets quitteront ensuite Valognes par le rail, pour rejoindre le terminal ferroviaire de Dannenberg en Allemagne, un dangereux périple de près de 2000km.

Là, ils seront à nouveau chargés sur des camions pour parcourir les derniers kilomètres qui les séparent de leur destination finale : le centre de stockage temporaire de Gorleben.

Il s’agit du dernier retour de déchets vitrifiés de très haute activité à destination de l’Allemagne. S’en suivra une série de retours de déchets dits "de moyenne activité" (MA).

Pourquoi ce transport ?

L’électricité issue des réacteurs nucléaires est produite par un procédé de fission de l’uranium 235. Cette production génère un volume considérable de déchets nucléaires dont l’industrie ne sait et n’a jamais su quoi faire.

En 1965 une usine de retraitement du combustible irradié a été ouverte à La Hague, dans la Manche.

Pendant des années de nombreux pays, dont l’Allemagne ont envoyé les déchets issus de leurs réacteurs nucléaires à l’usine AREVA de La Hague, afin qu’ils soient "retraités". Alors qu’il y a quelques années l’usine de La Hague avait de nombreux clients (Japon, Suisse, Australie, Suède, etc.), la plupart d’entre eux ont aujourd’hui décidé de stopper leurs envois.

Une fois les opérations de "retraitement" et de conditionnement des colis effectuées, ces déchets retournent, sous différentes formes, dans les pays qui les ont produit.

Quelques informations concernant la coopération franco-allemande sur le retraitement de combustibles irradiés

Le dernier accord sur la coopération franco-allemande sur le retraitement de combustibles irradiés issus de centrales nucléaires allemandes à l’usine française de retraitement de La Hague a été conclu 25 avril 1990 entre les Gouvernements allemands et français.

Le retour de ces déchets allemands a été autorisé par un décret (le Décret n° 2008-1369 du 19 décembre 2008 portant publication de l’accord sous forme d’échange de lettres entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République fédérale d’Allemagne relatif au transport de colis de déchets radioactifs provenant du retraitement de combustibles irradiés, signées à Paris les 20 et 28 octobre 2008).
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000019962441

Les déchets vitrifiés qu’est-ce que c’est ?

Le retraitement consiste à séparer les différents radioéléments contenus dans le combustible usé :
95 à 96% d’URT (Uranium de retraitement)
1 à 2% de plutonium
3 à 4% de déchets de très haute activité radioactive (produits de fission et actinides mineurs)

Suite à ces opérations de séparation, ces 3 à 4% de déchets de très haute activité, les éléments les plus radioactifs, sont fondus dans du verre. C’est ce qu’on appelle les déchets vitrifiés.

Comment sont conditionnés ces déchets ?

Ces déchets vitrifiés sont ensuite déposés dans des conteneurs spéciaux d’environ 500 litres appelés Canisters. Ceux-ci sont ensuite déposés dans des très gros containers d’environ 110 tonnes appelés CASTOR (Cask for Storage and Transport Of Radioactive material). Chaque Castor contient 28 canisters.

Où vont-ils aller ?

Les CASTOR sont ensuite envoyés dans un centre de stockage temporaire, à Gorleben, en Allemagne. C’est un simple hangar de dépôt qui sert de centre d’entreposage intérimédiaire. L’industrie Allemande souhaiterait que ces déchets soient ensuite stockés à 500 mètres de profondeur et de manière définitive, dans un centre de stockage creusé dans un gisement de sel sous le site de Gorleben. Mais la population allemande résiste depuis les années 1970 contre ce projet.

De Bure à Gorleben : Enfouir les déchets, une bien mauvaise idée

Enfouir les déchets nucléaires en profondeur c’est prendre le risque de contaminer des territoires entiers pour des dizaines de milliers d’années.

En Allemagne, le site de Gorleben a été choisi plus pour des raisons politiques que pour des raisons géologiques : faible densité de population, structure économique désavantagée, électorat conservateur et position géopolitique avantageuse : Gorleben se trouve sur l’Elbe, à la frontière avec l’ancienne Allemagne de l’Est.

Le type de sous-sol du site est pourtant totalement incompatible avec l’enfouissement des déchets nucléaires - il n’y a de toute pas de sous-sol adapté puisqu’on ne peut ni prévoir ni contrôler les réactions de la roche, et l’infiltration de l’eau, une fois les déchets entreposés.

L’exemple de la mine de sel de Asse devrait suffire à dissuader les "gestionnaires" de ces déchets. Des milliers de fûts de déchets dits faiblement et moyennement radioactifs y ont été enfouis - officiellement à titre expérimental - dans les années 60-70. A l’époque, les autorités se voulaient rassurante. Mais aujourd’hui, la mine prend l’eau et s’effondre, contaminant ainsi de manière irréversible les nappes d’eau souterraines.

En France à Bure, l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) cherche elle aussi à implanter un centre d’enfouissement. Bure est un petit village de 92 habitants à la limite des départements de la Meuse, de la Haute-Marne. L’État a ciblé ce secteur en 1994 pour y implanter à 500 mètres de profondeur un « laboratoire de recherches scientifiques souterrain ». Sous le terme de « laboratoire » se cache une autre réalité : l’enfouissement programmé des déchets nucléaires. Ce projet appelé CIGEO (Centre Industriel de Stockage géologique) doit être mis en œuvre par l’ANDRA en 2017 et comprendra :

Un site d’enfouissement à 500 m sous terre d’une surface de 15 km² et devant accueillir à terme 8800 m3 de déchets HAVL (Haute Activité à Vie Longue) et 70000 m3 de déchets MAVL (Moyenne Activité à Vie Longue).
Un site de 70 ha nucléarisés en surface constitué d’une zone de stockage intermédiaire dite « zone tampon » qui accueillera les déchets le temps nécessaire à ce que leur température diminue suffisamment pour être manipulés.
Une usine de reconditionnement afin de compacter les déchets pour que ceux ci prennent moins de place et que leur format soit compatible avec le mode de stockage définitif à 500m sous terre.

Localement, des associations et militants résistent contre ce projet :
Bure Stop http://burestop.free.fr/spip/
Bure Zone Libre (55) http://burezoneblog.over-blog.com/
Bure zone libre gère la Maison de la Résistance contre la poubelle nucléaire de Bure, via une SCI dont BZL _ détient 60% des parts et le réseau « Sortir du Nucléaire » 40%. Bure Zone Libre est une association antinucléaire spécifiquement axée sur l’opposition à l’enfouissement des déchets nucléaires mais assure également son soutien à de nombreuses luttes nationales et internationales. Au delà des moyens d’actions classiques de toute association souhaitant diffuser de l’information, nous disposons donc d’un outil particulièrement précieux qu’est la Maison de résistance à la poubelle nucléaire.
CACENDR (Collectif d’Action Contre l’Enfouissement des Déchets Radioactifs) (54) http://cacendr.over-blog.com/
CEDRA (Collectif contre l’Enfouissement des Déchets Radioactifs) (52) http://burestop.free.fr/spip/spip.php?rubrique60
EODRA (Association des élus opposés à l’enfouissement des déchets radioactifs) http://www.stopbure.com/
Les Habitants Vigilants http://habitantsvigilants.wordpress.com/
QV (Qualité de vie à Ville sur Terre) (52) http://www.villesurterre.com/index.php

Un transport absurde et dangereux

Non seulement le traitement à l’usine de La Hague ne diminue pas la radioactivité des déchets, mais il augmente leur volume. Cette activité est également extrêmement polluante et contamine l’eau et l’environnement. De plus, les wagons spéciaux, restent irradiés pleins ou vides et il est fortement déconseillé de s’en approcher ou d’intervenir sur le train. En outre, transporter ces déchets est extrêmement risqué : les déchets vitrifiés transportés dans les conteneurs étant très hautement radioactifs, les conséquences d’un accident pourraient être gravissime.

Un transport tenu secret au mépris des élus, des cheminots et de la population

Malgré les risques encensés de ce transport, la population n’est pas informée du passage de ce train. Comme à leur habitude, les autorités et l’industrie nucléaire ont fait le choix du secret et de l’opacité, tenant les élus, les cheminots et les riverains dans l’ignorance la plus totale.

Il n’existe pas de "solution" pour la gestion des déchets radioactifs : l’unique issue de raison est de cesser au plus vite leur production en sortant du nucléaire.



Source : Réseau sortir du nucléaire

Publié dans environnement

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Mitsuko 17/11/2011 08:55



Tous ces transports de déchets radioactifs sont tenus secrets et passent sur les rails normales, je le sais pour en avoir vu déjà beaucoup dans mon village
...


Et comme ils traversent essentiellement de nuit, personne ne s'en rend compte où presque ...


Et ça continue encore et encore ...


La seule solution est de sortir le plus vite possible du Nucléaire ... il n'y a rien d'autre à dire ... Il va juste falloir dénoncer tout cela et faire en
sorte qu'il n'y ai plus de nucléaire ... mais je suis un peu naïve et je le sais mais c'est quand même la seule solution ...



dan29000 17/11/2011 09:58



Tu as raison, mais en avec le PS, sortir du nucléaire, comme on le voit cette semaine, cela ne risque pas de se faire, ce parti étant totalement sous les ordres du lobby nucléaire...En attendant
il reste à bloquer le castor.../