Stoppons les stigmatisations orchestrées par ce gouvernement

Publié le par dan29000

c-resistances-copie-3.jpgAmnesty international

La France doit mettre un terme à la stigmatisation des Roms et des gens du voyage



Amnesty International demande au gouvernement français de mettre fin à la stigmatisation des Roms et des gens du voyage en France, alors que les autorités poursuivent le démantèlement de quelque 300 camps illégaux et l’expulsion de centaines de personnes en Roumanie et Bulgarie.


Quelque 280 Roms ont été renvoyés dans leur pays d’origine jeudi 26 août, à l’instar des 216 Roms déjà expulsés les 19 et 20 août. Selon le ministre français de l’Immigration Éric Besson, environ 800 Roms devraient être renvoyés d’ici à la fin du mois.


Ces mesures ont été prises au lendemain d’une réunion interministérielle spéciale organisée en juillet pour débattre des « problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms en France ».


Au cours de cette réunion, le président français Nicolas Sarkozy aurait qualifié les camps illégaux de Roms de « sources de criminalité », notamment en termes d’exploitation des enfants et de prostitution.


« Les hauts responsables français devraient s’attacher à lutter contre la discrimination, plutôt que de faire des déclarations provocatrices qui établissent un lien entre un groupe entier de la société et une criminalité présumée et risquent d’exacerber la discrimination à l’égard des Roms et des gens du voyage, a déclaré David Diaz-Jogeix, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.


« En aucune circonstance personne ne doit être confronté à un renvoi ou à une expulsion simplement parce qu’il est Rom. »


On estime qu’en juillet, avant le début des expulsions, environ 20 000 Roms originaires de l’est et du centre de l’Europe vivaient en France, pour beaucoup dans des campements non autorisés.


Les communautés de gens du voyage qui résident en France, dont la majorité sont des citoyens français, sont également visées par l’annonce du démantèlement de 300 campements en situation irrégulière.


Quelque 400 000 personnes itinérantes, de nationalité française, sont déjà soumises à des obligations discriminatoires : elles doivent se présenter régulièrement aux services de police et être enregistrées depuis trois ans dans une municipalité pour obtenir le droit de vote.


Au titre de la loi française, toutes les communes de plus de 5 000 habitants sont tenues d’aménager des aires d’accueil pour les gens du voyage.


Or, en avril 2009, seules 25 % des communes concernées s’étaient acquittées de cette obligation, donnant lieu à un accroissement du nombre de gens du voyage séjournant sur des aires d’accueil non autorisées.


« Au lieu de faire des Roms et des gens du voyage des boucs émissaires, la France devrait s’efforcer d’appliquer pleinement sa propre législation, de fournir des aires d’accueil adéquates et d’assurer la protection des droits au logement de tous », a poursuivi David Diaz-Jogeix.


Au titre du droit international relatif aux droits humains, les autorités françaises sont tenues de garantir les droits de tous, y compris des Roms et des gens du voyage, à un logement convenable. Elles ne doivent procéder à aucune expulsion, même s’il s’agit d’un campement illicite, tant que toutes les autres possibilités n’ont pas été épuisées, après consultation de l’ensemble des occupants concernés.


Elles ne peuvent procéder à des expulsions que si des garanties de procédure adaptées sont mises en place, des solutions de relogement convenable proposées et les habitants relogés indemnisés pour tous les préjudices subis.


Amnesty International exhorte la France à supprimer de ses textes de loi toutes les dispositions discriminatoires envers les gens du voyage, notamment l’obligation d’être munis d’un titre de circulation et la restriction de leur droit de vote.

 

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