Suicides à La Poste : un rapport accablant d'un cabinet externe ISAST

Publié le par dan29000

Un rapport accablant pour La Poste !

 par Philippe Crottet


Suite au suicide Brigitte au CRSF de Paris, un cabinet externe ISAST, sur demande du CHS-CT vient de rendre son rapport.

 


Jean-Paul Bailly annonce sa volonté « d’ouvrir un cycle d’écoute et de dialogue sur la santé et le bien-être au travail ». Dans les circonstances que nous connaissons, parler de bien-être au travail montre l’abime entre la perception des dirigeants de La Poste et la réalité.

Dans ce cadre, le rapport présenté hier au centre financier de Paris prend un relief particulier.

Lors des entretiens collectifs organisés par le cabinet d’expertise, les propos des anciens collègues de Brigitte, qui a mis fin à ses jours le 15 septembre dernier sur son lieu de travail, sont alarmants sur plusieurs points cruciaux. En voici quelques uns :

L’organisation du travail est synonyme de perte d’autonomie et d’infantilisation. Il s’agit de porter toute son attention sur la productivité au détriment de la qualité de service. Il n’est pas rare de voir des agents se faire critiquer car ils produiraient de la « surqualité » !

Cette organisation tend les relations avec les cadres de proximité qui perdent leur fonction d’appui technique pour devenir des gardes chiourmes. Une réalité que de nombreux cadres reconnaissent et critiquent.

Evidemment, les réorganisations permanentes sont mal vécues. Elles le sont d’autant plus qu’elles sont réalisées sans les moyens humains et de formation nécessaires. Les agents en concluent souvent par cette idée destructrice : « on veut se débarrasser de nous »

L’éloignement des RH est également très mal vécu. Cet aspect revient régulièrement dans les entretiens. Pourtant les conséquences désastreuses de l’éloignement de ces services ont déjà été perceptibles à France Télécom, par exemple… !

Devant cette situation, la politique RH est à mille lieux de répondre aux besoins. Les questions de souffrance au travail sont « prise en charge par un renvoi quasi systématique des agents suspectés de fragilité vers la médecine du travail car seule la fragilité supposée des personnes est avancée pour expliquer leur mal être ».

Le rapport conclut que cette façon de faire pose 2 problèmes : « Premièrement, elle est intrusive et porte atteinte au respect de la vie privée. Les agents se voient renvoyer à des aspects de leur vie intime qui ne regardent qu’eux-mêmes ; Deuxièmement, le grand absent dans cette façon de procéder est le travail. Celui-ci n’apparaît jamais comme un élément pouvant participer à la détérioration de la santé au travail. C’est comme si le travail n’avait jamais aucun rapport avec la santé des agents ».

Pour Sud-PTT, ce rapport est totalement en ligne avec l’enquête de l’inspection du travail qui concluait à une « faute caractérisée » de la part de la direction et de l’absence du risque psychosocial sous l’angle de l’organisation du travail et de l’impact humain des réorganisations malgré l’analyse du médecin du travail.

En conséquence, Sud-PTT exige de la direction de La Poste qu’elle cesse d’ignorer ses responsabilités et qu’elle prenne les décisions qui s’imposent.

 

Source  / SUD PTT

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