Syrie : le début de la fin pour la dictature

Publié le par dan29000

Déclaration

Le régime syrien et le début de la fin

 

 

 

 

Déclaration du Courant de la Gauche révolutionnaire en Syrie : Le régime syrien et le début de la fin


Le régime syrien a commencé à sombrer après dix-sept mois de lutte révolutionnaire continue et croissante des masses populaires syriennes. L’un des signes les plus importants de cette chute est le retrait quasi-total — exprimé en sentiments, paroles et actes — de reconnaissance d’autorité par le peuple syrien à l’Etat en place en tant que puissance au-dessus de tout le monde, reconnue par toutes les catégories sociales et jouissant de leur loyauté. L’efficacité de cette reconnaissance dans le cours normal des choses dépasse largement l’efficience de tous les dispositifs de répression, même si leur taille équivaut celle des forces de répression du régime syrien avec l’énorme arsenal militaire qu’elles possèdent.

Le pouvoir dictatorial de la junte a perdu cette reconnaissance et cette force et s’est transformé en un contingent armé jusqu’aux dents refusant d’admettre qu’il a perdu de façon irrévocable les positions essentielles de contrôle, qui continue à nier le fait accompli, qui refuse de partir, s’obstine à rester et tente de reprendre le contrôle de l’Etat et soumettre la société.

Les signes du début d’effondrement du régime sont visibles à travers les luttes du peuple syrien révolté dans toute la Syrie, ses succès et ses inventions des méthodes d’action. Ils sont visibles également dans les initiatives généralisées et diversifiées de milliers de groupes de jeunes et de personnes de tout âge dans les agglomérations et les lieux de travail où personne n’est plus surprise de voir des insurgés s’introduire presque quotidiennement dans des édifices appartenant à des institutions où s’enchevêtrent les pouvoirs de l’État et de la junte brutale, comme les postes de police, les sections du parti Baas et des bâtiments gouvernementaux transformés en centres d’organisation des sorties des odieux chabbiha. Il n’est même plus étonnant que Damas se réveille sur les nouvelles d’un attentat qui a coûté la vie aux personnalités les plus éminentes de la cellule de gestion de crise et plongé les dirigeants de la dictature dans le désarroi au vu de leurs signes de faiblesse dont les déclarations héroïques et le négationnisme médiatique des journalistes du pouvoir ne seront plus d’un grand secours.

L’élan révolutionnaire qui a touché ces derniers jours les grandes villes de Damas et d’Alep et leurs périphéries révèle une infime portion de l’énergie révolutionnaire des masses populaires syriennes. Et les actions liées à la confrontation révolutionnaire dans la banlieue de Damas et leur propagation dans toutes les directions apparaissent comme des prémices à la prise d’assaut du palais présidentiel, sur le Mont Kassioun, en passant par tous les grands édifices des sections des forces de sécurité, qui ont tué, arrêté et maltraité des milliers d’innocents de notre peuple.

Les masses populaires syriennes avancent sur le chemin de révolution tout en ayant plein de conviction et de confiance en leurs propres capacités et énergies, indifférentes au vacarme des conférences et des congressistes, ne prêtant aucune attention aux conflits des agendas régionaux et internationaux et ne perdant pas leur temps à compter sur la position internationale, ni à la mendier bien que la situation sociale ait atteint un niveau de détérioration alarmant du fait des assassinats et de la terreur pratiqués par le régime et nécessite des aides humanitaires en termes de soins médicaux, médicaments, abris et nourriture, et qu’une telle assistance soit du devoir de la communauté internationale dont les efforts sont toujours scandaleux à cet égard.

En l’absence d’aides humanitaires supposées provenir de l’étranger, les masses populaires syriennes s’en substituent en hissant le seuil de solidarité et d’entraide sociale entre eux dans une dernière concrétisation de l’un des plus importants slogans de la révolution « Un Un Un, il n’y a qu’Un peuple syrien ! » tout en restant vigilantes et attentives sur les périls potentiels existants dont elles ont surmonté les plus grands avec succès, nous entendons par là le danger d’une guerre confessionnelle vers laquelle le régime a poussé, tandis que les ingrédients pour la rallumer sont toujours présents et qu’on retrouve des formules pour la même recette dans le discours de Hassan Nasrallah ainsi que dans la plupart des réactions à ce discours venues de parties engagées dans la révolution prédisposées aux dérapages confessionnels.

Probablement parmi les problèmes les plus épineux en ce moment précis est le danger de provoquer un conflit kurde-arabe au sein du peuple syrien. Cela porterait atteinte à l’unité de la lutte contre la tyrannie et pour la démocratie et la justice sociale. Une unité qui s’est renforcée à travers les luttes héroïques pour les mêmes objectifs et valeurs sociales tout au long des derniers dix-sept mois, une unité nationale combative qui risque de déraper vers des conflits communautaires à cause du chauvinisme, ce qui porterait un coup douloureux à la majestueuse révolution syrienne et qui ne conduirait qu’à l’effritement et à un conflit tourmentant tout le peuple syrien avec ses kurdes, arabes et autres groupes confessionnels et ethniques.

En revanche, vu les révélations révolutionnaires de la lutte du peuple syrien, nous parions sur la possibilité de barrer la route devant cette éventualité encore à l’état embryonnaire. Et effectivement plusieurs forces importantes ont pris l’initiative de faire face à de telles éventualités et insisté sur l’unité de la lutte du peuple syrien. Nous appelons les forces du peuple syrien et ses expressions civiles et politiques à des dialogues sérieux et sereins pour jeter les bases de solutions fondées sur la reconnaissance du droit à l’autodétermination en tenant compte des principes fondamentaux de la démocratie et des exigences de la situation politique immédiate de la révolution syrienne et de ses impératifs afin d’anéantir la dictature au pouvoir.

Dans cette perspective, nous mettons l’accent sur la nécessité de former des conseils locaux élus démocratiquement représentatifs de tous les habitants des zones libérées du joug du système.


Vive la lutte du peuple syrien !

22 juillet 2012

Courant de la Gauche Révolutionnaire en Syrie


* Traduction de l’arabe : Rafik Khalfaoui.

Mis en ligne le 1er août 2012
SOURCE / ESSF

Publié dans Monde arabe - Israël

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