Tarnac acte 2 : Vers une affaire d'Etat face aux manipulations de la SDAT

Publié le par dan29000

Des députés de la gauche, François Hollande (PS) et Noël Mamère (Verts) – et les avocats des accusés de l’affaire de Tarnac ont choisi une salle de l’Assemblée nationale pour tailler en pièces ce dossier de «terrorisme» ferroviaire devant les journalistes, mercredi.

En 2008, la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, avait organisé un grand battage médiatique pour annoncer l’arrestation dans le village de Tarnac,  de neuf jeunes gens suspectés d’avoir endommagé des lignes de TGV pour le compte d’une «ultragauche» fantasmée dans l'esprit brumeux de ses conseillers, tel Alain Bauer, conseiller en sécurité de Sarkozy et qui distribuait généreusement, en 2008, des exemplaires de "L'insurrection qui vient".
Tous sont aujourd’hui en liberté provisoire mais sous strict contrôle judiciaire, à l’instar des deux principaux «suspects», Julien Coupat et sa femme Yildune Lévy. Et pour cause, le dossier, monté de toutes pièces, est vide.

Les avocats des accusés  constatent aujourd’hui que l’instruction n’a pas pu établir la moindre infraction. Pire, ils dénoncent «un florilège de manipulations» ourdies par la police pour donner de la consistance à un dossier vide. Me William Bourdon enfonce le clou:

«On est au-delà de la déloyauté, on est dans des présomptions très sérieuses de la falsification, sinon de la fabrication de preuves.»

Les défenseurs font allusion à un témoignage accusant le groupe de Tarnac. Ce voisin reproche aujourd’hui aux enquêteurs de l’avoir gravement manipulé et il dédouane les «suspects». De plus, le premier procès-verbal de ce témoin aurait été antidaté afin qu’il puisse correspondre avec l’autorisation officielle de l’interroger.
Et ce n’est pas tout. Les policiers suivaient le couple Coupat-Lévy depuis sept mois. Ils auraient aperçu les deux jeunes gens près d’une voie ferrée sabotée dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008 sans voir ce que leurs «cibles» faisaient. Or, sur la base d’un rapport de gendarmerie, les avocats doutent fort que les policiers et le couple se trouvaient à cet endroit précis durant cette nuit-là! En effet, les empreintes de  relevées sur les lieux – boueux – ne correspondent pas aux véhicules des agents et du couple.
Le juge Fragnoli instruit à charge sous l'oeil de ses supérieurs, mais en vain après un an.
Bref le dossier des inculpés se vide de jour en jour, mais celui de la SDAT et du ministère de l'intérieur, lui, se remplit.
L'on se dirige vers un scandale d'Etat, lentement mais surement. 

Enfin, les avocats et les députés de gauche dénoncent l’interpellation, mardi, de l’épicier de Tarnac, mari de l’une des accusées: «Il s’agit une fois de plus de faire croire que l’instruction n’est pas terminée, la veille où l’on dénonce les errements de l’enquête.» Symbole du désarroi qui semble régner chez les enquêteurs: au moment où les policiers débarquaient avec violence chez l’épicier, ils ont braqué un garçonnet de 4 ans qui criait de peur!
D'erreurs en manipulations, voire falsifications, le gouvernement et ses flics-cowboys cagoulés vont bientôt se trouver devant une commission d'enquête parlementaire, face à ce qui ressemble de plus en plus à un scandale d'Etat nauséabond comme en a déjà connu la cinquième république.

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