Tarnac : lentement la vérité se rapproche de la manipulation policière

Publié le par dan29000

 

 

AVENIR.jpgLes défenseurs de Julien Coupat contre-attaquent après la révélation par nouvelobs.com de l'embarassante piste des tubes dans les sabotages des lignes TGV.

 

Les avocats de Julien Coupat et ses amis devraient prochainement déposer plainte pour faux en écriture publique contre les policiers de la sous-direction anti-terroriste (SDAT). C'est ce qu'a confié vendredi 18 février dans la soirée, Jérémie Assous, un des avocats du groupe, au Nouvel Observateur : "Nous allons montrer que toute l'enquête repose sur des allégations non fondées", a-t-il expliqué, reprenant la thèse du montage policier. En ligne de mire de la défense notamment: les erreurs contenues dans le procès-verbal initial retraçant la filature effectuée par la police sur Julien Coupat et sa compagne la nuit des sabotages des caténaires SNCF. Ce PV 104 a déjà fait l'objet d'une analyse par le juge d'instruction Fragnoli qui a demandé aux enquêteurs de s'expliquer sur des incohérences d'horaires. Les policiers ont plaidé l'erreur humaine de retranscription et modifier le timing.

Un ticket de caisse Bricorama

 

Ce dépôt de plainte pour faux contre les policiers, évoqué depuis plusieurs mois par la défense, serait une étape supplémentaire dans ce dossier. Il interviendrait après les révélations de nouvelobs.com sur la découverte de tubes en PVC ayant pu servir aux sabotages des lignes des lignes TGV en novembre 2008. Deux jours après nos révélations, on en sait aujourd'hui un peu plus sur la façon dont les enquêteurs ont réussi à remonter au groupe de Tarnac et à son leader Julien Coupat. Il y a un an, les plongeurs de la Brigade fluviale retrouvaient des tuyaux en plastique dans la Marne, sur la commune de Trilport (77), à l'endroit même où le militant d'ultragauche Julien Coupat et sa compagne Yldune Lévy avaient fait une halte la nuit du sabotage. En tout, cinq barres en PVC avaient été récupérées dans l'eau. Deux d'entre elles, de deux mètres de long chacune, avaient été emboitées l'une dans l'autre à l'aide d'un manchon recouvert de scotch noir. Pour la police, elles auraient pu servir de perche artisanale pour installer un crochet en fer à béton, à cinq mètres de haut, sur les caténaires de la ligne TGV à Dhuisy (77). Les tubes ne comportent aucune trace d'ADN permettant de remonter à Julien Coupat. Seul y figure le code de fabrication. Selon nos informations, il montre que les tuyaux font partie d'une série de 278 pièces vendues dans 29 magasins de bricolage de la région parisienne, les deux mois précédant les sabotages. Ce code de traçage ont permis aux agents de la sous-direction anti-terroriste de mettre la main sur la pièce maitresse de l'enquête: un ticket de caisse du magasin Bricorama de Châtillon (92). Il a été établi, le 7 novembre 2008, la veille du sabotage pour un client ayant payé en espèces, ce qui rend impossible son identification. Mais les enquêteurs ont un atout dans leurs manches: ils savent que Julien Coupat était justement dans le quartier, à cette heure-là.

Filature 

 

Ce 7 novembre 2008, le militant anarcho-autonome était suivi par un dispositif policier qui l'avait pris en surveillance le matin même. Grâce à une balise GPS placée sur son véhicule, une vieille Mercedes immatriculée en Seine-Maritime, ils le filaient de loin depuis son départ, à 11h10 du domicile de ses parents à Rueil-Malmaison (92). Selon nos informations, à midi, les policiers perdent le signal, alors que la cible est à angle des avenues Pierre-Brossolette et Max-Dormoy à Châtillon. Le magasin Bricorama se trouve à 200 mètres de là et comporte un parking souterrain. Les enquêteurs, qui n'avaient pas le véhicule dans leur champ de vision, sont persuadés que la Mercedes y est entrée, brouillant ainsi les ondes de la balise GPS. Julien Coupat disparaît donc des radars de la police de 12h à 14h50, heure où son véhicule refait surface, toujours Porte de Châtillon, et met le cap vers la Seine-et-Marne.

Le ticket de caisse Bricorama est émis à 14h20. Il comporte cinq éléments : deux tubes en plastique, servant en plomberie à l'évacuation des eaux, un manchon pour les relier et deux autres articles soldés à 2,50 euros, non-identifiés par des codes-barres. Interrogé par les enquêteurs, le directeur du magasin a trouvé cette note inhabituelle : habituellement, lorsque l'on achète ce type de tuyaux, a-t-il expliqué, on s'équipe aussi d'autres accessoires de plomberie comme des coudes plutôt que des manchons. Les policiers ont également tenté d'en savoir plus sur les deux articles soldés. Ils se demandent notamment si l'un d'entre eux ne pouvait être la lampe frontale que Julien Coupat détenait la nuit du sabotage, et dont il avait jeté l'emballage dans une poubelle du Trilport. Le directeur du magasin a exclu que ce modèle, coûtant 27 euros et qui se vend très bien, ait pu être soldé ce jour-là. Mais une chose intrigue les policiers: sur l'emballage de la lampe se trouve un morceau d'étiquette jaune orangé, identique aux étiquettes de solde du Bricorama. Le couple Coupat-Lévy aurait-il changé les étiquettes dans le magasin pour acquérir à bon prix un article non-soldé? "Ce n'est qu'une hypothèse de travail", reconnaît une source proche de l'enquête.

Ebranlés par cette soudaine avancée dans un dossier qui piétinait laborieusement depuis deux ans et demi, les avocats de Julien Coupat préparent donc leur riposte. L'accusation de faux, qu'ils s'apprêtent à finaliser, n'est pas anodine : le faux en écriture publique par une personne dépositaire de l'autorité publique est un crime passible des assises, passible de 15 années de réclusion criminelle et 225 000 euros d'amende.


Isabelle Monnin et Olivier Toscer


(Nouvelobs.com)

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Mitsuko 24/02/2011 06:00



Bonjour Dan,


Drôle d'histoire ... mais comme aujourd'hui, même les policiers ne sont pas toujours de bonne foi ... si il y a doute raisonnable, lentement la vérité se rapproche de la manipulation
policière ... Comme laisse sous-entende le titre de cet article ...


Bon jeudi à toi, Dan. A bientôt. Bizzzzzzzzzzzz ...


Mitsuko