Taser (SMP Technologies) : pour Mamère "le taser peut donner la mort"

Publié le par dan29000

 

 

 

Le Taser tue-t-il ?

La mort d'un Malien de 38 ans, qui venait de recevoir deux décharges de Taser, repose la question de la létalité de cette arme. Si le lien n'est pas établi, pour Noël Mamère, "le Taser peut donner la mort".

Peut-on mourir d’une décharge de Taser ? Et de plusieurs ? Antoine Di Zazzo, directeur de Taser France, est catégorique : "À ce jour dans le monde, le Taser n'a jamais tué personne".

La mort d'un Malien de 38 ans ce mardi, quelques minutes après son interpellation, ne serait donc pas liée aux décharges reçues du pistolet à impulsion électrique (PIE) Taser. Les enquêteurs parlent d'un "malaise cardiaque" survenu quelques minutes après avoir reçu deux électrochocs qui ne lui auraient fait aucun effet. Un témoin affirme qu'il en a reçu trois, le dernier le laissant immobile au sol.

 

 



Pour Noël Mamère, interrogé ce mardi par le JDD, "contrairement à ce qu'affirme la société qui le fabrique, le Taser est une arme létale, qui peut entraîner la mort". Avant lui, Olivier Besancenot avait porté le même jugement en 2007 sur cette arme qui équipe plus de 4000 policiers.

SMP Technologies, société distributrice du Taser en France, portant l'affaire en justice, a été déboutée. Les propos n’ont pas été jugés diffamatoires. L’entreprise avait également perdu son procès face au RaidH, une association de défense des Droits de l’Homme qui milite pour un usage plus limité du PIE.

Tous s’appuient sur un rapport d’Amnesty International de 2008, intitulé « Less than lethal ? ». L’ONG recense, depuis 2001, 50 décès au moins liés directement ou indirectement à l’usage d’un Taser.

Parmi les 98 rapports d’autopsie étudiés, un grand nombre de victimes avaient reçu des décharges multiples ou prolongées, souvent beaucoup plus longues que les cinq secondes "normales", certaines n’ayant aucun problème de santé ou de toxicomanie.

Le même rapport nuançait plus loin en notant que dans de nombreux cas, "d’autres moyens de contraintes ont été utilisés parallèlement, notamment des méthodes réputées gêner la respiration ou restreindre l’afflux de sang au cerveau". De même, un autre rapport publié dans La Revue des SAMU en 2007, conclue à "l’innocuité cardiaque de tels dispositifs".

Le Taser X26 délivre un courant moyen de 2,1 milliampères (mA) à 50000 volts, le risque de fibrillation ventriculaire (FV) se situe à partir de 50 à 100 mA. De même, des expérimentations ont montré qu’une décharge de PIE n’avait aucun effet sur les appareils cardiaques comme les pacemakers. Le Taser ne serait donc pas létal "lorsque les précautions d'utilisation sont strictement respectées".

Les délais entre la mort et l’électrocution étant de plusieurs minutes à plusieurs heures, les auteurs du rapport relèvent par contre un possible "syndrome d’hyperexcitation" comme cause des décès.

Ce comportement agité et menaçant, "probablement précipité par la consommation de stupéfiants, notamment la cocaïne" nécessiterait une intervention de la police au Taser. Celui-ci placerait donc l’individu dans un état de confusion, mais ne le tuerait pas, la mort étant due aux conséquences du délire (tachycardie, hyperthermie, acidose métabolique).

Pourtant, Taser International reconnaissait il y a un an que son arme pouvait provoquer dans de "très rares cas" la mort. La société conseillait alors d’éviter de viser le torse, et de chercher à atteindre de préférence l’abdomen : "le risque qu’un événement cardiaque négatif (sic) survienne à la suite de l’utilisation d’un pistolet Taser est considéré comme extrêmement faible", mais il existe, et augmente plus le tir s’approche de la zone du cœur, selon des "recherches".

Face aux différentes conclusions de rapports ou enquêtes, des associations comme RaidH ou Amnesty International réclament un moratoire et une enquête médicale indépendante afin de déterminer la létalité du Taser.

RaidH plaide par ailleurs pour un usage limité du Taser pour les seules forces d’élites, et pour des usages particuliers comme les interventions dans les avions. L’association attend également la vidéo de l'intervention de la nuit dernière pour définir s’il y a eu ou non un usage abusif de l’arme contre le Malien. Chaque arme est équipée d'une caméra qui se déclenche lors du tir.


Source : Les Inrocks

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