Tomas Tranströmer, Prix Nobel de littérature 2011

Publié le par dan29000

 

   tt.JPGDE LA MONTAGNE


Je suis sur la montagne et contemple la baie.
Les bateaux reposent à la surface de l'été.
« Nous sommes des somnambules. Des lunes à la dérive. »
Voilà ce que les voiles blanches me disent.

« Nous errons dans une maison assoupie.
Nous poussons doucement les portes.
Nous nous appuyons à la liberté. »
Voilà ce que les voiles blanches me disent.

J'ai vu un jour les volontés du monde s'en aller.
Elles suivaient le même cours ― une seule flotte.
« Nous sommes dispersées maintenant. Compagnes de personne. »
Voilà ce que les voiles blanches me disent.

 

 

Tomas Tranströmer, Baltiques, Œuvres complètes 1954-2004, Gallimard, Collection Poésie, 2004, page 96. Traduit du suédois et préfacé par Jacques Outin. Postface de Renaud Ego. © Le Castor Astral, 1996 et 2004, pour la traduction française.

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Le poème préféré de son traducteur français, publié en 1983:


«Las de tous ceux qui viennent avec des mots

Des mots, mais pas de langage,

Je partis pour l'île recouverte de neige.

L'indomptable n'a pas de mots!

Ses pages blanches s'étalent dans tous les sens.

Je tombe sur les traces de pas d'un cerf dans la neige

Pas des mots, mais un langage.»

 

  • Baltiques et autres poèmes , anthologie 1966 - 1989, éd. Le Castor Astral - Les Écrits des Forges, 1989, trad. Jacques Outin, préface de Kjell Espmark
  • Baltiques. Œuvres complètes - Poèmes 1954-2004, éd. Gallimard, 2004 (ISBN 2070317102)
  • La grande Énigme (Den stora gatan), Le Castor Astral, 2004 (ISBN 2-85920-578-0)
  • Poèmes courts (Korta dikter), 2002, Le Castor Astral, 2004
  • Les souvenirs m'observent, Le Castor Astral, 2004 (ISBN 2859205772)

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