Totally killer, un premier roman de Greg Olear, chez Gallmeister

Publié le par dan29000

 

 

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Nous poursuivons nos articles sur des premiers romans particulièrement originaux qui ne peuvent que vous surprendre.

 

Tout comme en Europe, deux problèmes majeurs minent la société nord-américaine, le chômage et les retraites. Les jeunes n'ont pas de boulot, les vieux vivent de plus en plus longtemps malgré la déliquescence des services de santé. Ajoutons en prime la crise économique.

Alors  quand Taylor Schmidt débarque à New York au début des années 90, malgré son diplôme universitaire, elle doit faire la tournée peu agréable des bureaux de placement.

 

Jusqu'au jour où une surprenante agence va lui faire une proposition étrange, une proposition qu'il est impossible de refuser :

Un job pour lequel on pourrait tuer...

Bien entendu c'est une formule que l'on peut employer assez souvent car cela ne prête pas à conséquence.

Sauf ici !

Taylor va donc à ce rendez-vous, et effectivement le job est réellement formidable. Peu de temps après, elle se retrouve éditrice d'une maison d'édition  bien située à New York.

Jusque-là tout va bien...

Mais dans nos sociétés capitalistes, tout à un prix, et parfois le prix à payer peut s'avérer lourd, vraiment très lourd.

La jeune éditrice va devoir assassiner quelqu'un.

Sur le marché du travail, en pleine crise économique, les miracles n'existent pas vraiment, elle va l'apprendre assez vite. Bien loin des "trente glorieuses", les emplois vraiment intéressants sont occupés par les baby-boomers qui s'accrochent sans fin !

Alors quand certains s'éternisent dans leurs emplois enviés, et que d'autres grossissent les statistiques du chômage, une agence a trouvé cet étrange et radical remède.

L'élimination !

L'on devine aisément que ce premier roman particulièrement réussi, est très très politiquement incorrect. Il se situe à mi-chemin entre le thriller obsédant et la satire d'un monde sans pitié pour les chômeurs, mais aussi pour les salariés qui ne sont en définitive qu'en sursis.

Greg Olear qui est né à Madison en 1972 illustre avec style et surtout avec un humour noir corrosif, l'état actuel de la société américaine, mais qui pourrait être transposé sans problème, dans tous les pays industrialisés frappés par la crise économique.

On peut donc réellement parler de très bonne surprise pour cette publication. En revanche pas de surprise du côté de l'éditeur qui nous a habitué depuis déjà longtemps à la découverte d'auteurs passionnants. La qualité et l'originalité sont deux des constantes de la maison Gallmeister.

Comme nous l'écrivions en novembre dernier pour le magnifique premier roman de David Vann "Sukkwan island", on ne peut qu'attendre avec impatience la suite qui se nommera "Fathermucker".

 

Dan29000

 

Pour découvrir le site de l'éditeur, c'est ICI

Et pour lire notre article sur le premier roman de DAVID VANN, c'est LA

 

Totally killer

Greg Olear

Traduit de l'américain par François Happe

Editions Gallmeister

Collection Americana

2011 / 312 p / 22,90 euros

 

 

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EXTRAIT /

 

Prologue


JE N’AI JAMAIS AIMÉ TAYLOR SCHMIDT. Malgré tout ce que vous avez
pu entendre dire.
L’amour est quelque chose de plus pur que cet alliage brut de désir,
de fascination et de pitié dont étaient faits mes sentiments à son égard.
On ne peut pas transformer les métaux vils en or, tout brillants qu’ils
puissent être.
Cela dit, à défaut de jamais la pardonner, je peux comprendre une
telle confusion. Il faut dire qu’elle me faisait sacrément bander. Même
encore aujourd’hui, et ça fait dix-huit ans qu’elle est morte.
Une fois dans votre existence, si vous avez de la chance, vous ren -
contrez la femme de votre vie. Taylor Schmidt était de ce genre-là.
Chez cette nana, les phéromones suintaient de partout. Elle était le sexe
incarné. Et pas seulement pour moi. Tous ceux qui la rencontraient
avaient envie de coucher avec elle. Tous ceux et toutes celles, pas seule -
ment les mecs.
Avec le temps, c’était devenu un fardeau pour elle, comme si son
incroyable sex-appeal était une difformité grotesque – un groin, un becde-
lièvre, une tache de vin sur la joue. Elle s’en plaignait tout le temps.
Sa situation faisait penser à un de ces mythes grecs qui se terminent de
façon ironique : la fille n’est pas terrible, elle aimerait bien être très belle,
elle devient si attirante qu’il lui est impossible d’avoir une relation non
sexuelle avec qui que ce soit. Les hommes désirent son corps. Les
femmes désirent son corps ou bien détestent la rivale qu’elles voient en
elle, ou les deux. Elle est coincée. C’est la reine Midas, et son or, c’est le
sexe.
Je m’embrouille un peu dans mes métaphores métalliques, mais vous
voyez ce que je veux dire. Les mecs ne pensaient qu’à la tringler, c’est ça
le point essentiel, et la plupart du temps, elle satisfaisait leur envie.

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CRITIQUES /

 

Greg Olear arrive ici à mélanger suspense et portrait d'une époque. Roublard, efficace et grinçant.

Alexandre Fillon, LIVRES HEBDO

Pour son premier roman, Greg Olear, frère de sang de Kurt Cobain et de Bret Easton Ellis, signe un hallucinant thriller pop en hommage à la génération X et aux années 90. Brillant.

Philippe Blanchet, ROLLING STONE

Totally Killer est un American Psycho sous ecstasy, aussi pop que meurtri(er).

Hubert Artus, L'OPTIMUM

Cette histoire abracadabrante est virtuose !

Françoise Feuillet, AVANTAGES

Un des ingrédients pour un week-end parfait.

TIME OUT NEW YORK

Le premier roman de toute une génération... Greg Olear est l’un des rares auteurs qualifiés de “nouvelles voix” de la fiction contemporaine dont l’écriture mérite ce qualificatif. Le titre ne ment pas.

JERRY STAHL

 

 

 

 

 



 

Publié dans lectures

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Mitsuko 11/04/2011 07:10



Bonjour Dan,


J'aimerai bien le lire ce Totally Killer ... Je suis sûre que ce livre va me plaire ...


Merci de ce partage là ...


Bon lundi à toi, Dan. A bientôt. Bises.


Mitsuko



dan29000 11/04/2011 09:09



Oui, une belle surprise d'un éditeur habitué à cela, un éditeur qui gagne vraiment à être connu car le travail de recherches est formidable...Bon lundi à toi