Touche pas à ma nation, une manipulation trompeuse signée BHL et SOS racisme

Publié le par dan29000

 

 

 

« TOUCHE PAS A MA NATION BLANCHE ! »



par Jamel des Lilas



A les lire, nos antiracistes sélectifs viennent de découvrir la dangerosité de la politique du « flic agité », qu’ils se gardent bien de qualifier d’islamophobe ou même de raciste. Pour eux, « en proposant d’étendre les possibilités de déchéance de la nationalité française à de nouvelles catégories de citoyens, Nicolas Sarkozy a franchi, avec le discours de Grenoble, un cap dangereux ». Au-delà de l’opération de communication, toute cette agitation a bien un sens et une cohérence. SOS Racisme n’est pas qu’une organisation qui vise à domestiquer la parole indigène, elle occupe surtout la fonction d’interlocuteur des sympathisants blancs de la Puissance indigène.

Du « pote » à la « nation »

La substitution de la « nation » au « pote » pourrait surprendre au premier abord. La familiarité suspecte dont se gaussait la gauche blanche sous le slogan « Touche pas à mon pote » a laissé place à la thématique plus tendance de l’identité nationale, avec le slogan « Touche pas à ma nation ». Le glissement est tout sauf accidentel.

La fameuse main jaune « Touche pas à mon pote » (qui, à l’inverse de la main de fatma, nous porte malheur) nous dit ceci : face au racisme ordinaire, qui n’est bien entendu jamais du racisme d’Etat, le médiateur blanc bien intentionné est chargé d’expliquer le « vivre ensemble » à nous et aux autres. Comme si nous n’étions pas en mesure de répondre comme il se doit à nos ennemis racistes du quotidien.

Après une brève période d’éclipse, la même main jaune revient à la faveur d’une campagne où cette fois il ne s’agissait non plus de chiffrer les régularisations mais les expulsions, avec un nouveau slogan percutant : « C’est la honte ». Si l’on passe sur la pathétique tentative de parler jeune, on remarque que l’emploi de l’article défini est tout à fait délibéré. La politique suivie par le gouvernement n’est pas « une honte », une telle formule pourrait aisément receler une dimension « universelle », forcément subversive. Il faut donc lire ce slogan pour ce qu’il exprime réellement : c’est la honte pour « nous », c’est-à-dire les tenants de l’esprit des « Lumières », des valeurs républicaines et autres niaiseries universalistes. « C’est la honte » pour « nous », les blancs !
Une main jaune garantie sans racisme ni islamophobie

Et maintenant, « Touche pas à ma nation ». Ils ne cherchent même plus à parler à notre place, ils préfèrent parler pour eux et entre eux. L’objectif ? Dissimuler le racisme d’Etat et réaligner le discours antiraciste sur le refrain de l’assimilation. Voilà le but avoué de l’éditorial de Libération, qui accompagne l’appel de SOS Racisme : « on a changé de conception de la nation, s’indigne Laurent Joffrin. A la vision républicaine de la France, qui ne distingue pas les origines de ses citoyens, vision partagée par toutes les nuances de l’arc républicain, des communistes aux gaullistes, on substitue discrètement une idée ancienne et dangereuse, fondée sur le droit du sang et l’origine ethnique, qui est celle du Front national ». Il est ainsi reproché à Sarkozy de ne pas savoir se tenir, de dépasser les bornes et de ne pas encore avoir assimilé les valeurs républicaines. En bref, de ne pas être un bon français.

Nous ne savons que trop bien qu’intégrer c’est d’abord vouloir exclure une bonne partie des nôtres. « Pour nous, clame l’appel, la Nation, ce n’est pas la recherche frénétique de la mise au ban de citoyens ». Pourtant, parmi les signataires, on retrouve bon nombre d’adeptes de cette « mise au ban », à commencer par celle des filles voilées et plus généralement des Musulmans. On pense ainsi à Caroline Fourest, Mohammed Sifaoui ou encore à Bernard-Henri Lévy. Le site internet libéral-sioniste de ce dernier (la Règle du jeu), relaie tout naturellement l’appel de SOS Racisme et se joint au chœur des républicains afin de « défendre une certaine idée de la France ». Se voulant « un espace de discussion, voire de querelle », le site invite dès sa page d’accueil à signer la pétition afin d’ « empêcher la lapidation de Sakineh ». La quasi-totalité des articles publiés sont donc des variations sur le thème de sa libération. Outre qu’elle permet de ressasser la thématique usée jusqu’à la corde de la « barbarie musulmane », l’obsession du site pour le sort de Sakineh (et surtout pas pour Salah Hamouri, G.I. Abdallah ou les milliers de prisonnières et prisonniers palestiniens, pour ne prendre que ces exemples) participe de l’hystérie anti-iranienne. La raison est simple. Le régime de Téhéran est celui qui s’oppose le plus systématiquement à la politique des Etats-Unis, d’Israël et de l’Union européenne dans la région, lui procurant en France un énorme capital sympathie parmi les indigènes.
« L’arc républicain, des communistes aux gaullistes »

Face aux outrances du sarkozysme et de sa logique d’exclusion, cet « arc républicain » est appelé à la rescousse de la « nation ». Celle-ci, nous dit l’appel, c’est « l’affirmation de la légitimité de tous à participer en pleine égalité aux choix publics », participation évidemment subordonnée au droit de vote. « Touche pas à ma nation », n’est rien d’autre que l’affirmation « Touche pas à mes électeurs ». Plus encore, la participation « aux choix publics » c’est la compromission avec un système qui distribue les rôles entre bons et mauvais indigènes, bons français et réfractaires à l’intégration par le vin rouge et le jambon. Ce système, nous n’en voulons pas.

2012 en ligne de mire !

Le véritable destinataire de l’appel est à chercher du côté de la gauche blanche, dont la quasi-totalité des dirigeants figure parmi les premiers signataires. L’ambition électoraliste vise donc à constituer un pôle de cette gauche blanche avant les échéances de 2012. Comme aux plus belles heures de « Touche pas à mon pote », il s’agit de se penser comme le seul interlocuteur de la sympathie des blancs pour les Noirs et les Arabes. Pour atteindre cet objectif, la stratégie de SOS Racisme reste toujours aussi bien rôdée. Elle consiste en premier lieu dans la mise en place d’une plateforme prête à être mise en branle à tout moment, qui prévoit la date, l’heure et le lieu d’un meeting où seront conviées les associations et personnalités signataires de l’appel. Participer en pleine égalité aux choix publics, c’est accepter le cadre et les prérogatives de cette connivence.
Une Puissance indigène qui leur fait peur

S’ils ne se sont jamais intéressés au sort jusque là réservé aux indigènes, ou plus récemment aux Roms, les initiateurs de l’appel entendent capitaliser à bon compte le mécontentement et l’indignation soulevés par la politique gouvernementale, spécialement depuis cet été. L’outrance sarkozienne pourrait réveiller la haine des nôtres contre le racisme structurel. Ils ont peur que notre détermination entraine avec elle les soutiens bien intentionnés parmi les blancs. Notre force est de continuer à ne pas les attendre pour les civiliser. Dès maintenant, nous produisons nos slogans, nos mots d’ordre et fixons nos priorités, qui finiront bien par démasquer la duplicité et la nocivité de l’Universel blanc.

Jamel des Lilas

Source :  les indigènes de la république




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luc nemeth 25/09/2010 11:54



j'abordais cet article avec sympathie (même si je ne me sentais pas forcément tenu d'approuver chaque mot, un par un) ; pour aussi loin que je puisse me souvenir j'ai toujours été indigné de la
façon dont le PC, même à une époque où il ne s'appelait pas encore devenu PCF, tricolorisait, à fond la caisse ; et, pour en revenir à l'actualité récente : j'ai d'abord cru qu'il
s'agissait d'une grossière provocation facho lorsque j'ai entendu parler de cette pitrerie intitulée TOUCHE PAS A MA NATION.


J'en suis d'autant plus à l'aise pour dénoncer le crétinisme absolu de propos dont je ne comprends pas même qu'ils puissent être hébergés sur un site qui, sauf erreur de ma part, est
supposé lutter contre la barbarie : Le régime de Téhéran est celui qui s’oppose le plus systématiquement à la politique des Etats-Unis, d’Israël et de l’Union
européenne dans la région, lui procurant en France un énorme capital sympathie parmi les indigènes.