Toulouse : campagne zéro enfant à la rue, nos vies valent plus que leur propriété

Publié le par dan29000

 

Le Vendredi 9 décembre 2011, l'Association pour la Réquisition, l'Entraide et l'Autogestion, un membre de la campagne 0 enfants à la rue et les familles ont été assigné devant le tribunal d'instance de Toulouse. Leur tort : occuper un immeuble vide depuis quatre ans appartenant à une société civile immobilière, dirigée par un homme d'affaire, également dirigeant de plus de 20 sociétés à Toulouse.

 

 

Cet immeuble a été réquisitionné le 31 octobre 2011 dans le cadre de la campagne 0 enfants à la rue afin que des familles, forcées de vivre à la rue, aient un logement digne et qu'elles puissent reprendre leur vie et main et décider, elles-mêmes, de leur avenir.

 

Pour justifier la demande d'expulsion, le cynisme et le ridicule étaient au rendez-vous. Il serait urgent, selon l'avocat du propriétaire, de remettre les familles à la rue pour leur propre sécurité, l'immeuble serait impropre à l'habitation. En tout état de cause, il faut selon les propriétaires, libérer les lieux pour débuter des travaux de grande envergure : changer quelques tuiles sur le toit pour le rendre conforme au paysage urbain : le noir serait impropre à l'image panoramique du quartier, seul le rouge serait acceptable.

 

Mais, comme dans la plupart de ces procès, le dossier était vide du côté du propriétaire. Par contre, les assignés disposaient d'un dossier solide pour faire échec à cette procédure injuste et inhumaine. Contrairement à ce que véhiculent les préjugés sur les « squats », cette réquisition est à l'opposé de l'image fantasmagorique selon laquelle les squats sont des lieux désorganisés , insalubres, nuisibles et surtout dangereux pour les « honnêtes gens ».

 

Comme dans toute réquisition, dès leur arrivée sur les lieux, le Collectif pour la Réquisition, l'Entraide et l'Autogestion, les membres de la campagne 0 enfants à la rue et les familles ont pris toutes les précautions nécessaires pour que les enfants puissent vivre dans un logement ne comportant aucun risque pour leurs vies. Contrairement à l'Etat, ces femmes et ces hommes ont le sens des responsabilités : des artisans, des chauffagistes, des plombiers...ont vérifé intégralement les infrastructures de l'immeuble (chaufferies à gaz, conduits d'eau et de gaz, réseaux électriques,...) pour s'assurer que les familles et les enfants n'encouraient aucun risque pour leur santé et leur vie.

 

Cette réquisition offre alors aux familles et aux enfants toutes les conditions nécessaires pour vivre dignement.

 

Chaque famille dispose d'un logement adapté à leurs besoins, d'une cuisine et d'une salle de bains. Les enfants ont aussi, grâce à l'entraide des enfants du centre social autogéré, des voisins et des sympathisants de la campagne 0 enfants à la rue, une salle de jeux où ils peuvent se rencontrer, jouer et s'épanouir. En outre, les familles du 16 allée des Demoiselles ont accès à toutes les activités éducatives et culturelles qui se déroulent au centre social autogéré (70, allée des Demoiselles) pour qu'elles puissent souffler et reprendre leurs vies en mains : suivre des cours d'alphabétisation, participer aux ateliers artistiques et éducatifs....

 

 

Dans l'attente de la décision du tribunal d'instance qui sera rendue le 16 décembre prochain, les juges doivent trancher entre deux façons de vivre ensemble.

Soit mettre en avant la toute suprématie de la propriété exclusive des individus et de l'Etat sur nos espaces vitaux en estimant qu'un immeuble d'habitation laissé vide depuis plusieurs années soit détourné de sa fonction d'habitation, et qu'il ne soit qu'un instrument de spéculation, à savoir qu'il peut faire l'objet d'un pari, que sa valeur s'envole et que les travailleurs et précaires, qui ont pourtant construit intégralement ces bâtiments, ne puissent y avoir accès pour leur vie et celle de leurs enfants.

Soit tempérer ce droit « tout puissant » en se rappelant que la solidarité et la dignité humaine sont des valeurs essentielles pour nos vies et notre société.

Ce sont en effet ces valeurs qui donnent le droit, en dehors de tout titre, à des personnes d'occuper le bien d'autrui pour sauvegarder sa vie, à des juges de reporter dans le temps une expulsion tant qu'une solution viable ne soit proposée aux occupants, à ce que l'Etat soit contraint de loger des personnes bénéficiant du droit au logement....

 

C'est en ce sens que le C.R.E.A., les membres de la campagne 0 enfants à la rue et les familles souhaitent que les juges orientent leurs décisions : la propriété ne peut l'emporter sur nos vies et notre dignité vaut beaucoup plus que leurs profits!

 

Nous exigeons donc que les familles bénéficient d'un délai en cas de décision d'expulsion et qu'en tout état de cause l'expulsion ne puisse avoir lieu qu'après que les familles aient effectivement accès à un logement digne pour elles et leurs enfants.

 

En tout état de cause, le CREA et les membres de la campagne ne s'arrêteront pas là et continueront de réquisitionner des logements vides tant que des enfants dormiront à la rue.

 

En effet, à la veille des fêtes de fin d'année, plus de 20 familles ne disposent d'aucune solution d'hébergement et encore moins d'un logement et sont donc contraintes de dormir sur les trottoirs de notre ville, au bord de la Garonne (qui monte chaque jour de plus en plus) ou dans une voiture.

 

Pourtant le nombre de logements ne manque pas, plus de 16 000 logements vides ont été recensés sur Toulouse (INSEE 2008). Si les autorités étatiques et politiques ne savent comment ouvrir un logement, nous savons le faire et nous les ouvrirons pour que toutes et tous vivent dans la dignité, disposent des moyens de s'émanciper et de construire d'autres formes de vie et notre propre avenir.

 

LE PEUPLE QUI VEUT SE LIBERER DOIT S'ORGANISER PAR LUI-MEME

 

TOUT POUR TOUS : POUVOIR AU PEUPLE

 

 

 

Le Collectif pour la Réquisition, l'Entraide et l'Autogestion

Les membres de la campagne 0 enfants à la rue

Les familles

 

creatoulouse@gmail.com

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