Toulouse : des travailleurs sociaux squattent un immeuble pour abriter 15 personnes

Publié le par dan29000

 

A Toulouse, un centre d’urgence réquisitionné en toute illégalité

Des travailleurs sociaux et médicaux squattent depuis le 23 avril un immeuble désaffecté qui, transformé en refuge, abrite 15 personnes.

Par GILBERT LAVAL TOULOUSE, de notre correspondant.(Libération)

 

 


 

 

Adéfaut de moyens financiers, l’équipe toulousaine du Groupement pour la défense du travail social (GPS) fait preuve d’imagination et de culot pour maintenir l’hébergement d’urgence. «Nous, explique Yannick, face à cette situation, il y a trois mois que nous sommes passés aux travaux pratiques.»

 


Gâteaux. Une banderole barre la façade du 4 bis de la rue Goudouli à Toulouse : «Nous réquisitionnons ce lieu afin d’offrir un toit aux grands précaires.» Tout est parti d’un constat : au printemps, il n’y avait plus de places en ville dans les centres où les sans domicile fixe pouvaient habituellement être hébergés et soignés. Le 23 avril, une cinquantaine d’infirmiers, animateurs de refuges associatifs et agents de la veille sociale décident alors d’occuper cet immeuble désaffecté de l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), entre les pavillons chics de l’allée des Demoiselles et les villas cossues de l’avenue Crampel.

Les trois fauteuils de la salle commune sont très profonds. Ils sont un peu dépareillés aussi. C’est un don d’Emmaüs. La machine à café, ce sont les Restos du cœur, les petits gâteaux à côté, la Banque alimentaire. Les voisins apportent des melons et des tomates. Parmi les 15 précaires hébergés, Guy et Christian font la sieste dans les salles de cours et bureaux reconvertis en chambres. Quatre animateurs jouent à la belote : ils sont là, militant en plus de leur journée de travail, toujours au moins deux de permanence. Un appel à la fenêtre interrompt la partie. Il s’agit de lancer la clé depuis le premier étage pour permettre à Juliette de rentrer. Le 4 bis n’est pas un moulin. «Tout est encadré, réglementé, géré professionnellement, ici. Ceci est une réquisition, pas un squat ordinaire», commente Pierre Cabanes, infirmier des hôpitaux de Toulouse.

Quand une circulaire du secrétariat d’Etat au Logement d’octobre 2010 établissait l’objectif de «zéro refus sur le 115», ce sont 120 refus par jour qui sont enregistrés à Toulouse. «Vingt familles, soit 80 personnes sont en ce moment sans solution, le budget du dispositif hôtelier étant lui-même tari», se désole le coordinateur toulousain de la veille sociale, Bruno Garcia. «Politique sans pitié pour les faibles», analyse-t-on au 4 bis.

Désobéissance. Malgré les budgets à la baisse, il y a toujours autour de 400 places d’hébergement d’urgence à Toulouse, compte l’animatrice Annabelle Quillet. «Sauf qu’avec la crise, le nombre de précaires augmente, souligne-t-elle. Sauf encore que les grands précaires sont retournés à la rue depuis que les lieux d’accueil en centre-ville ont été transférés en périphérie.» Conclusion de la cinquantaine de professionnels de la rue Goudouli : ils se devaient de «passer à l’action». Les salariés de l’Etat, reprend Annabelle Quillet, sont condamnés à une forme de désobéissance civile : «On n’avait pas le choix.»«Cette occupation est parfaitement illégale, conclut l’infirmer Pierre Cabanes. Elle répond pourtant à une mission de service public.»

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Mitsuko 04/08/2011 22:38



A Toulouse, un centre d'urgence réquisitionné en toute illégalité ...


Des travailleurs sociaux et médicaux squattent depuis le 23 avril un immeuble désaffecté qui, transformé en refuge, abrite 15 personnes ...


Merci à ces travailleurs sociaux et médicaux d'avoir pris sur eux que le 115 ne disparaisse pas ...


Bravo et merci à vous Mesdames, Messieurs qui osez prendre tous ces risques ...


J'ai honte d'être française et en même temps, je suis admirative de ce que les travaailleurs sociaux et médicaus ont fait ...


 



dan29000 05/08/2011 08:50



Oui,, c'est un bel exemple à faire connaitre, d'habitude ce n'est pas des pros de la santé ou du social qui font ce genre d'action d'occupation illégale...La désobéissance civile doucement prend
de l'ampleur en France depuis quelques années, avec les enseignants d'abord, puis d'autres et cela se sait et devrait pouvoir faire tache d'huile à l'avenir, et c'est tant mieux...