Toulouse : Tisséo et élus bornés contre salariés en colère

Publié le par dan29000

 

 

 

 

 

A lire et a faire passer "Sud ne payera pas les pots cassées"

par Sud Transports Urbains Toulousains



Faute d’accord avec le syndicat Sud, Pierre Cohen, maire de Toulouse et président de la régie de transports, a été contraint d’annuler l’ensemble des festivités prévues le 27 et 28 Novembre, à l’occasion de l’inauguration du tramway. Malgré des tensions entre syndicats, une inter-syndicale s'est crée est le blocage à bien eu lieu. Sud voulait commencer le blocage que lundi, mais ils ont été abandonnées par les autres syndicats sauf FO qui était présent ce samedi.



Ainsi, samedi, seul Sud était présent dès 4h30 du matin pour bloquer les voies à la station terminus Aéroconstellation, située sur la commune de Beauzelle. « Je me sens trahi par les autres syndicats, regrette Franck Delperier. Au départ, nous voulions nous aussi que la fête de ce weekend ait lieu. Nous souhaitions démarrer le mouvement lundi, afin d’ouvrir un conflit loyal. L’intersyndicale nous a convaincu de démarrer dès samedi, et au final nous sommes les seuls présents ».

Le lundi 29 Novembre, la CGT et la CFTC étaient bien présente.

Une décision prise le vendredi 26 Novembre « avec beaucoup de tristesse » par le maire de Toulouse et président de la régie de transports Tisséo. La veille, une rencontre entre direction de la régie des transports et représentants des salariés n’avait pas permis de trouver un accord.

L'échec des négociations s'est dessiné en plusieurs étapes. Il y a d'abord eu demande d'une prime de lancement de quelque 300€ pour quelque 300 salariés. D'accord a répondu l'employeur. Puis la demande que cette prime soit accordée aux 2360 salariés de Tisséo Régie. Là, ça a été non!

Ensuite de quoi, Sud-Transports a demandé une augmentation de salaire d'environ 5% (85€) pour les seuls chauffeurs du tramway à l'exclusion des chauffeurs de bus alors que la mairie ne veut surtout pas faire deux poids deux mesures. «Position irresponsable de certains syndicalistes», conclut un communiqué de Pierre Cohen, président de Tisséo-SMTC et Gérard André, président de Tisséo Régie. Les deux appelle en tout cas à «la construction de relation sociales plus apaisées»..

Le maire ne regrette-t-il pas, du coup, le métro automatique sans chauffeurs et donc sans grèves de son prédécesseur Dominique Baudis ? lui demande LibéToulouse. «Il n'y a certes pas de chauffeur dans le métro, mais il y a des responsables de la circulation des rames sans lesquels rien ne circule, sourit Pierre Cohen en réponse. Et c'est à l'occasion d'une grève de ces responsables que je me suis retrouvé à la tête de Tisséo...» Pour ce qui est des petits fours de la fête annulée de demain samedi, conclut-il, ils seront distribués aux associations caritatives.

« La fête est gâchée »

« Je ne tomberai pas dans le piège d’appeler les forces de l’ordre » pour lever les blocus, a cependant assuré Pierre Cohen, qui a entamé les démarches pour rencontrer les syndicats en vue de nouvelles négociations. Mais le maire a d’ores et déjà prévenu : « Les revendications nous semblent illégitimes ».



Direction de Tisséo et élus auraient-ils sous-estimé la détermination des syndicats ? « Cela fait six mois que je les prévenais des risques », clame Franck Delperier, représentant syndical Sud.



Bernard Keller, maire de Blagnac et vice-président du Grand Toulouse, semble amer et reconnaît lui-même qu’il n’y croyait qu’à moitié. « Dans les autres villes, l’arrivée du tramway avait été accompagnée de mouvements sociaux, mais ceux-ci n’avaient pas empêché sa mise en service. En tant que maire, je regrette que la fête soit gâchée. Je pense aux riverains, aux commerçants, qui subissent les nuisances dues aux travaux depuis trois ans et qui attendaient cet événement avec impatience. Sur le marché, les gens parlaient de "caprice d’enfants gâtés" ».

« Des enfants gâtés »

Un peu plus loin, Bernard Keller, le maire de Blagnac, ne cachait pas colère. « Nous sommes pris en otage par des enfants gâtés. La fête est gâchée pour tous ceux qui avaient des raisons d'attendre ce tram, tous ceux qui ont subi trois ans de travaux. La fête est saccagée, car ce tracé, c'est aussi beaucoup de discussions, de débats, de sacrifices. » Le premier édile de Blagnac affichait tout de même une certaine empathie pour les grévistes : « Ce matin, j'ai vu des gens malheureux faire le piquet de grève. Il faut les aider à s'en sortir eux-mêmes, sans les humilier. Les traminots sont des gens remarquables qui ne méritent pas cela. » Puis, il recouvrait un ton plus grave, plus sévère : « La direction de Tisséo n'avait pas à céder à leurs revendications sur les primes. Mon sentiment, c'est la sortie de crise, qu'un retour à la raison s'opère au plus vite. La fête maintenant, c'est la mise en service de la ligne. » Une requête que les plus de 100 traminots grévistes, bien campés sur leurs positions, tôt hier matin, au dépôt de Garrossos, refusaient.

Une première facture de 350.000 euros

Leader de l’opposition municipale à Toulouse, Jean-Luc Moudenc a pour sa part qualifié l’évènement de « bien triste et rarissime ». L’ancien maire de la Ville rose et ancien président de Tisséo rejette la faute sur son successeur au Capitole : « Obstiné dans son attitude de dénigrement de tout ce qui a précédé le changement municipal de mars 2008, il a tourné le dos à ces expériences réussies ». A savoir les négociations des primes au moment de l’ouverture de la ligne B du métro toulousain, « conditionnées à des objectifs de réussite du lancement et du projet »



Au delà de l’aspect festif, cette annulation impromptue a un coût : 350.000 euros. Une somme qui sera « payée par Tisséo, donc le Grand Toulouse, donc les contribuables », explique Bernard Keller. Sans parler de l’éventuelle perte liée à une non-exploitation de la ligne à compter de lundi. « Quant à la partie alimentaire, elle sera distribuée au Centre communal d’action sociale, aux Restos du cœur et au centre d’accueil des SDF du Ramier », a indiqué Pierre Cohen.

Quelles revendications ?

Les syndicats avaient pourtant interpellé leur direction ds le mois de mars. Sud réclame la reconnaissance de la polyvalence de la soixantaine de wattmen, qui partagent leur temps de conduite entre tramway et bus. Une reconnaissance synonyme de revalorisation du coefficient salarial. « Les agents de maîtrise en ont bénéficié alors que nous avons obtenu la même habilitation qu’eux », rappelle Franck Delpérier.



En réponse, la direction proposé une prime de 300 euros pour les personnels ayant participé à l’arrivée du tramway. En contrepartie, elle avait demandé à reporter les discussions aux négociations annuelles, prévues en janvier et qui avaient abouti à une revalorisation de 6% des salaires des conducteurs en 2010.



« J’avais alors répondu qu’il s’agissait d’une mauvaise idée. Cette prime devait être attribuée aux 2.300 salariés – comme ce fut le cas pour le métro - ou à personne. Les autres personnels n’ont pas compris pourquoi cette fois ils n’y avaient pas droit », reprend Franck Delperier. « Le contexte est très différent de la prime d’inauguration du métro », a pour sa part justifié Pierre Cohen.



Du côté de la CGT, les revendications sont tout autres, et portent sur les conditions de travail : « Nous souhaitons que le temps de conduite soit réduit à 6h30, car la pénibilité est différente de celle d’un chauffeur de bus », demande Guy Daydé, représentant du syndicat.

Des syndicats désunis

Ces divergences d’opinion se retrouvent dans les modes d’action. Ainsi, samedi, seul Sud était présent dès 4h30 du matin pour bloquer les voies à la station terminus Aéroconstellation, située sur la commune de Beauzelle. « Je me sens trahi par les autres syndicats, regrette Franck Delperier. Au départ, nous voulions nous aussi que la fête de ce weekend ait lieu. Nous souhaitions démarrer le mouvement lundi, afin d’ouvrir un conflit loyal. L’intersyndicale nous a convaincu de démarrer dès samedi, et au final nous sommes les seuls présents ».



Du côté de la CGT, la réponse est cinglante : « A partir du moment où les élus ont annulé la manifestation, nous n’avons pas jugé pertinent de gaspiller de l’énergie pour bloquer un tramway qui ne roule pas. Le syndicalisme, c’est avant tout la réflexion. Si Sud a souhaité agir plus directement, qu’ils assument leurs actes », répond Guy Daydé. Une ambiance tendue qui pourrait faire les affaires de la municipalité, Pierre Cohen ayant déjà qualifié « d’irresponsable » la position des syndicats qui ont « gâché une manifestation populaire ». Une manière de retourner l’opinion publique contre le mouvement.



En attendant, les plus grands perdants sont sans doute les Toulousains, qui n’auront pu emprunter le tramway gratuitement ce weekend pour le découvrir. Pour y remédier, une opération portes ouvertes pourrait être organisée ultérieurement. Quant à la nouvelle inauguration, Bernard Keller estime qu’il sera difficile de reproduire une manifestation aussi grandiose que celle qui était prévue. 


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