Traité européen d'austérité : les parlementaires martiniquais ne doivent pas le voter

Publié le par dan29000

Les parlementaires martiniquais ne doivent pas voter l’austérité !
GRS
28 septembre 2012

Le vote de nos parlementaires est souvent passé inaperçu, même lorsqu’il était aussi insolite que celui d’Alfred Marie-Jeanne votant l’investiture ou le budget de tel ou tel gouvernement réactionnaire, ou celui de tel ou tel autre élu s’abstenant sur des questions nous concernant directement. On a même jadis très peu commenté le silence distrait de tous lorsque passait une loi aussi incongrue que celle sur « le rôle positif » de la colonisation. Ce manque d’intérêt peut sembler conforme au large taux d’abstention lors des élections législatives mais cadre mal avec la fièvre qui s’empare des états majors et de quelques autres lors des dites élections !


En sera-t-il de même à l’occasion du vote sur la ratification du fameux traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) concocté et signé par Merkel et Sarkozy ? Ce traité prévoit entre autres contraintes, l’obligation pour tous les États de l’Union européenne de rester en deçà d’un déficit de 0,5% de leur Produit Intérieur Brut structurel, la résorption sur vingt ans de l’énorme dette publique (1800 milliards d’euros pour la France) au rythme moyen de 5% l’an (90 milliards d’euros par an !), l’adoption de « mesures structurelles » sous contrôle de la Commission européenne. En outre, il est prévu que le signataire qui ne respecterait pas ses engagements pourra être sanctionné financièrement sur proposition de la commission européenne et décision de la Cour de justice européenne !


Il s’agit donc de faire de l’austérité qui sévit déjà en Grèce, en Espagne, au Portugal et dont les premiers signes sont déjà largement présents en France et aux colonies une règle constitutionnelle.

L’austérité perpétuelle pour tous, en quelque sorte !


Il est bien évident que de telles exigences interdiront de trouver l’argent pour sauver l’hôpital public martiniquais en perdition, créer des emplois, remplacer les fonctionnaires et agents publics partant à la retraite, donner à l’école les moyens de réduire l’échec scolaire, etc.


L’objectif est clair pour les ultra-libéraux de droite comme de gauche molle : saper les bases du service public pour lui substituer l’initiative privée. Le vote discret par le Sénat, dans la foulée de la loi Lurel, du transfert de la gestion du Registre du Commerce et des Sociétés à des « professionnels libéraux, ayant le statut d’officier public et ministériel », après l’asphyxie de ce service par manque de locaux et de personnel, est une illustration des plus éclairantes de cette politique. Cette privatisation d’un service judiciaire qui prive l’État de ressources au profit de quelque officine parasitaire, est mise en œuvre lors même que le président de la CCIM de Martinique préconise la gestion du RCS par sa chambre consulaire qui en a les moyens.


Si bien que voter cette ratification et voter ensuite les budgets qui en découlent, c’est donner une caution pure et simple aux restrictions à venir. Ce serait alors un incroyable double langage, un véritable non sens que de protester après contre la ruine de la santé et des services publics.

En Europe, la colère monte contre cette politique scélérate et de nature à aggraver la crise. Même dans la majorité de Hollande, des voix s’élèvent pour réclamer de ce dernier qu’il respecte ses engagements de refuser de ratifier un tel traité. Le peuple martiniquais n’a pas, pour l’heure, repris le chemin de 2009, mais se sent souvent solidaire du réveil des travailleurs, des travailleuses et des jeunes sur les places et dans les rues d’ici et de là.

Les parlementaires martiniquais n’ont pas à tergiverser : C’EST NON !


Groupe Révolution socialiste


Fort-de-France le 28 septembre 2012

GRS

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