Transhumance électronique contre le puçage électronique : L'appel des collectifs

Publié le par dan29000

Transhumance hivernale contre le puçage électronique

Face à la généralisation de mesures d’industrialisation de l’élevage et de contrôle social, une transhumance festive aura lieu dans la Drôme du 28 janvier au 1er février.


Chaque soir, le film Mouton 2.0, la puce à l’oreille, sera pro­jeté. Pour rejoin­dre la marche, retrou­vez le pro­gramme détaillé et l’iti­né­raire sur :

http://trans­hu­mance.fes­tive.over­blog.com

 

 


L’appel des col­lec­tifs à l’ini­tia­tive de la marche :

Nous sommes des col­lec­tifs de dif­fé­rents dépar­te­ments, regrou­pant essen­tiel­le­ment des éleveurs mais aussi des non-agri­culteurs. Chaque col­lec­tif est indé­pen­dant et ne se reven­di­que d’aucun syn­di­cat ni parti poli­ti­que. En tant qu’éleveurs, nous sommes soumis à des contrain­tes de plus en plus fortes qui nous obli­gent à accep­ter les normes de l’élevage indus­triel. Considérant que ce mode d’élevage est une impasse, alors même que d’autres voies exis­tent, nous refu­sons de nous y sou­met­tre et nous reven­di­quons le droit des pay­sans à rester maî­tres de leur pra­ti­ques. Pour ce faire, nous orga­ni­sons une trans­hu­mance de plu­sieurs jours à tra­vers la Drôme pour atti­rer l’atten­tion de la popu­la­tion et des pou­voirs publics sur deux mesu­res qui s’oppo­sent à notre vision de l’élevage et qui contri­bue­ront à fra­gi­li­ser un grand nombre de fermes : l’iden­ti­fi­ca­tion électronique des ovins et caprins et l’obli­ga­tion d’ache­ter des repro­duc­teurs mâles « cer­ti­fiés » pour tous les rumi­nants.

L’iden­ti­fi­ca­tion électronique des ovins et des caprins, c’est-à-dire la pose d’une boucle munie d’une puce RFID à l’oreille des ani­maux, est obli­ga­toire depuis juillet 2010. Les argu­ments avan­cés par l’admi­nis­tra­tion sont l’amé­lio­ra­tion de la tra­ça­bi­lité et la faci­li­ta­tion des condi­tions de tra­vail des éleveurs, deux argu­ments que nous réfu­tons. En effet, le sys­tème actuel d’iden­ti­fi­ca­tion (une boucle clas­si­que à chaque oreille) assure une tra­ça­bi­lité ample­ment suf­fi­sante et notre tra­vail se verra alourdi d’une contrainte infor­ma­ti­que inu­tile et coû­teuse. Si nous ne croyons pas à l’inté­rêt de cette mesure pour l’élevage, nous ne dou­tons pas qu’impo­ser l’usage de gad­gets électroniques à toute une pro­fes­sion ouvrira un marché fort inté­res­sant à l’indus­trie des nano­tech­no­lo­gies, par­ti­cu­liè­re­ment bien implan­tée en France. Les éleveurs qui ne posent pas cette boucle électronique sont pas­si­bles de sanc­tions finan­ciè­res très lour­des. Un couple d’éleveurs de la Drôme s’est ainsi vu sup­pri­mer ses aides PAC au titre de la condi­tion­na­lité des aides équivalant à 8000€.

Nous accep­tons d’autant plus dif­fi­ci­le­ment cet empres­se­ment de la France à impo­ser la mesure qu’elle va tota­le­ment à l’encontre d’un rap­port par­le­men­taire euro­péen de 2008, signé par notre actuel minis­tre de l’agri­culture, Stéphane Le Foll. Nous sommes donc en droit de nous inter­ro­ger sur un tel retour­ne­ment de situa­tion…

Enfin, nous avons de pro­fon­des inquié­tu­des sur l’avenir d’une société qui puce de plus en plus lar­ge­ment les êtres vivants et qui ne voit de salut que dans tou­jours plus de tech­no­lo­gie.

Autre facette de l’indus­tria­li­sa­tion de l’élevage, pro­mise pour 2015, l’obli­ga­tion de se four­nir en repro­duc­teurs mâles cer­ti­fiés, c’est-à-dire issus de cen­tres de sélec­tion. Autrement dit, il s’agit d’inter­dire aux éleveurs les échanges de mâles entre les fermes, comme cela s’est tou­jours fait. Les mâles ne seront donc plus sélec­tion­nés que sur des cri­tè­res pro­pres à l’indus­trie. Exit les mul­ti­ples cri­tè­res pay­sans qui assu­rent diver­sité géné­ti­que, rus­ti­cité, résis­tance aux mala­dies, etc. La seule chose que l’élevage risque de gagner avec une telle mesure, c’est la dégra­da­tion du capi­tal géné­ti­que exis­tant et l’appa­ri­tion de nou­vel­les mala­dies. Mais soyons ras­su­rés, l’indus­trie saura inven­ter les remè­des et vac­cins néces­sai­res !

La trans­hu­mance que nous orga­ni­sons a pour objec­tif de faire connaî­tre le plus lar­ge­ment pos­si­ble notre situa­tion et nos posi­tions. Nous sou­hai­tons que la popu­la­tion soit cons­ciente de ce que signi­fie­rait la dis­pa­ri­tion totale des élevages non indus­triels pour l’envi­ron­ne­ment, le bien être animal et la santé des hommes et des femmes. Nous pen­sons que les ani­maux sont autre chose qu’un objet indus­triel per­met­tant de faire de l’argent et que les éleveurs doi­vent rester libres de leurs pra­ti­ques pour faire per­du­rer la notion du vivant dans leurs rap­ports avec les ani­maux.

Quand à l’admi­nis­tra­tion, et donc à l’Etat, nous sou­hai­tons lui signi­fier notre refus caté­go­ri­que de nous plier à des exi­gen­ces qui ne ser­vent que l’indus­trie. Après avoir déjà ren­contré à plu­sieurs repri­ses dif­fé­rents repré­sen­tants locaux de l’admi­nis­tra­tion qui nous disent ne pas être en mesure de répon­dre à nos reven­di­ca­tions, nous sol­li­ci­tons une ren­contre avec Monsieur Le Foll, Ministre de l’Agriculture, lors de notre arri­vée à Valence pour lui deman­der la levée de l’obli­ga­tion de l’iden­ti­fi­ca­tion électronique et la sup­pres­sion du projet de mâles cer­ti­fiés.

Vous pouvez retrou­ver aussi l’appel du col­lec­tif Pièces et mains d’œuvres.

Pour en savoir plus sur l’iden­ti­fi­ca­tion électronique et la cer­ti­fi­ca­tion des mâles rumi­nants :

- Le film Mouton 2.0, la puce à l’oreille.

- Mes brebis comme des machi­nes, extrait de la revue Z numéro 1.

- une bro­chure du col­lec­tif « On veut pas la bou­cler ».

- Le sperme des rumi­nants est une mar­chan­di­ses, bro­chure issue de CQFD.

- Les éleveurs/ses ont déjà dû résis­ter ces der­niè­res années à la vac­ci­na­tion obli­ga­toire des ovins et bovins contre la FCO.

 

 

 

 

SOURCE / REBELLYON.INFO

Publié dans environnement

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