Troy Davis : ACLU, un appel à la grève générale dans la pénitentiaire en Géorgie

Publié le par dan29000

TROY-copie-1Appel à une grève générale pour éviter l'exécution de Troy Davis

LEMONDE.FR | 20.09.11 |


L'organisation de défense des droits de l'homme ACLU (American Civil Liberties Union) a appelé mardi à "une grève générale des personnels pénitentiaires en Géorgie", Etat du Sud-Est des Etats-Unis. Un dernier recours pour tenter de contrer l'exécution de Troy Davis, un Noir condamné à mort en 1991 pour le meurtre d'un policier blanc et qui clame, depuis, son innocence. Son éxecution est prévue mercredi 21 septembre, 19 heures (locale), soit 1 heure du matin pour la France.

Mardi, après vingt ans passés dans le couloir de la mort, Troy Davis s'est vu refusé la grâce par la Géorgie. Cette décision a mis un point final à tout moyen légal, ou du moins plus classique, pour "répondre à cette injustice", selon la responsable de la peine de mort dans l'association, Mme Greene. D'où cette ultime tentative plus "créative" et originale, visant à éviter ce que la militante a appelé un "meurtre légal".

›› Lire le récit de la procédure de Troy Davis: "Pas de grâce pour Troy Davis à la veille de son éxecution"

L'ACLU appelle aussi la société médicale privée qui supervise les exécutions en Géorgie à "ne pas se rendre" à celle de Troy Davis à la prison de Jackson. "Tous les personnels chargés des exécutions [médecins, infirmiers et gardiens] doivent rester chez eux demain", a demandé Mme Greene.

 INJUSTICES

Devenu le symbole de la lutte contre la peine capitale, Troy Davis est aussi présenté par ses partisans comme le prototype du Noir condamné à tort. "Le refus aujourd'hui du comité des grâces de Géorgie d'accorder sa clémence à Troy Davis souligne les larges injustices qui salissent notre système de peine de mort", a estimé Denny LeBoeuf, directeur du projet sur la peine capitale à l'ACLU, qui a avancé l'existence de "doutes significatifs" sur la culpabilité du détenu.

La possible partialité de la justice américaine envers un Noir a aussi été pointée du doigt de l'autre côté de l'Atlantique. L'ancien ministre de la justice Robert Badinter, père de l'abolition de la peine de mort il y a trente ans en France, a estimé mardi sur RTL : "Quand on regarde ce dossier, on voit qu'un jeune Noir a été condamné en Géorgie avec sa vieille tradition qui remonte au temps de l'esclavage, de racisme pour le meurtre d'un policier blanc, et qu'il n'y a aucune preuve matérielle."

"UNE TACHE SUR LA JUSTICE AMÉRICAINE"

Robert Badinter a précisé sa pensée : "L'arme, personne ne l'a jamais retrouvée. Des témoins [se sont] rétractés pour sept sur neuf, l'un d'entre eux allant plus loin encore. On constate que plus de vingt ans après on veut l'exécuter, on se dit qu'on est au dernier degré de l'inhumanité. (…) Je pose comme je le crois, il est innocent."

Bref, pour le sénateur socialiste, si Troy Davis est exécuté, "ce sera une tache sur la justice des Etats-Unis".

Quant à Martine Aubry, elle a jugé mardi "effarant" qu'"on puisse décider qu'un homme puisse être exécuté par la main d'une autre homme." "Nous sommes heureux, a-t-elle ajouté, qu'il y a trente ans, on ait voté l'abolition de la peine de mort."

›› Lire le post du blog Big Picture "Les 234 exécutions du candidat républicain Rick Perry"

 

Le Monde.fr avec l'AFP

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