Tue ton patron, Putain d'usine 3, un album signé Efix et Levaray

Publié le par dan29000

 

LEVARAY

 

 

 

 

 

 

 

 

«Tue ton patron» est le troisième tome après « Les fantômes du vieux bourg» et« Putain d'usine» de la série éponyme. Le premier racontait la vie à l'usine, et la mort aussi, très présente. Le deuxième tome nous parlait des voisins de l'usine. Avec ce troisième livre d'Efix et Levaray, on est plus dans la fiction, bien que l'aspect documentaire reste fort. « Tue ton patron » est l'histoire d'un ouvrier licencié qui veut tuer son patron, idée compréhensible s'il en est après la lecture de « Putain d'usine », où la mort, ordinaire, frappait souvent : Philippe, Fabio, Jacques, Roberto, Jean-Claude, soudeur, ancien marin, clown triste, morts d'accident, de cancer, d'épuisement, par suicide ou infarctus.


Pour cela Il va endosser tour à tour la peau de personnages aussi variés qu'un commercial, un serveur, un vigile, pour tuer son ex-patron. Mais malgré sa volonté, difficile de tuer de sang-froid quand on aime le genre humain. Malgré son titre, il est moins sombre que le premier, l'arrivée d'une héroïne participant peut-être à ces quelques éclaircies.


Les dessins d'Efix en noir et blanc, en traits très fins, sur des fonds qui vont du blanc ou noir en passant par toutes les nuances de gris sont d'une grande richesse de teintes. Des vignettes carrées classiques, des longues vignettes horizontales, des images couvrantes une page entière, une typographie style machine à écrire pour le narrateur, une autre typographie, moderne celle-ci, pour les dialogues font une mise en page très variée, qui suit les états d'âme du héros.


A voir les dessins sur double page, on est frappé par la similitude entre les lumières des bureaux du quartier de la défense et celles des feux de l'usine. Si JPL quitte celle-ci pleine de la chaleur de ses ex-collègues, pour les bureaux plus feutrés, c'est pour y trouver un monde beaucoup plus dur, où on croisera de multiples personnages : patron, actionnaire, dirigeants, comptables, secrétaires, … qu'Efix nous croque avec un minimum de traits, une silhouette et on sent la haine, l'indifférence, la complicité, la force ou l'abattement.


Des personnages caricaturaux parfois, on est dans un monde scindé en deux avec ses classes sociales opposées, « une barricade n'a que deux côtés », mais aussi tout en nuances du côté des opprimés. JP Levaray a de la tendresse pour eux, et cela se sent.


Et alors à la fin, il le tue son patron ?

 

Piyou

 

 

Tue ton patron (Putain d'usine 3)

 

Un album d'EFIX d'après le roman de Jean-Pierre Levaray

Editions Fetjaine

Collection dirigée par Olivier Petit

2012 / 144 p / 16,90 euros

Voir le site de l'éditeur, ICI

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Harrison-Jim-En-Marge-Livre-896665570_ML.jpgDix questions à … Jean-Pierre Levaray

 

Jean-Pierre Levaray fait partie de ces plumes que l’on aime bien au Jacoblog. Non pas parce qu’il a les mains calleuses de l’ouvrier. Non pas parce qu’il est un actif et inlassable militant syndical, associatif et politique. Non pas parce qu’il décrit une réalité vue de la France d’en bas. Mais bien parce qu’enfin, lorsqu’il nous écrit de l’usine ou d’ailleurs, ses mots font mouche systématiquement. C’est peu dire que son Putain d’usine, sorti en 2002 chez L’Insomniaque, a constitué un coup de tonnerre. C’est peu dire que ses autres livres sont de la même facture, de celle qui remue insensiblement vos neurones et votre colère et qui, fatalement, ne suscite pas uniquement de l’indignation. En février 2010, Tue Ton Patron, roman noir aux accents marvéliens, met en scène un ouvrier licencié qui, pour approcher et flinguer le PDG de son entreprise, revêt entre autres les traits d’un personnage connu pour son illégalisme et sa morale anarchiste. L’ouvrage de Jean-Pierre Levaray ne pouvait que susciter l’intérêt du blog de l’honnête cambrioleur et ce d’autant plus que la saison 2 ne va pas tarder à paraître chez Libertalia et qu’il est depuis le 16 février dernier l’objet d’une version bd brillamment mise en images par Efix aux éditions Fetjaine. Jean-Pierre Levaray a bien voulu répondre à nos dix questions sur la condition ouvrière, sur l’illégalisme et sur la lupinose. Et son propos claque comme coup de grisou dans la mine, comme coffre fort que l’on éventre, comme la balle sociale sorti du canon de del Sindicalista. 

•1) Dans tes écrits se dégage souvent une impression d’écrasement de l’homme par le système et la machine. La mémoire de l’usine que tu développes est-elle celle des vaincus pour paraphraser l’ouvrage de Michel Ragon ? Le syndicalisme a-t-il échoué à libérer l’homme ?


Ce sentiment d’écrasement, ça s’appelle l’Aliénation. Et le travail salarié c’est l’aliénation. On travaille pour avoir de quoi vivre (du moins consommer, manger, se loger…) et on s’aperçoit vite, dans son corps comme dans sa tête qu’on est emprisonné dans un système où avoir du travail est une malédiction mais ne pas en avoir également.

Mémoire de vaincus ? Certes puisque la lutte des classes continue et depuis longtemps ce sont les patrons qui gagnent. On sera vaincu tant qu’on ne prendra pas les choses en main.

Le syndicalisme est un outil dont on a besoin au quotidien sur son lieu de travail, mais il n’est plus que très rarement un instrument de combat. Il est un moyen d’accompagnement pour que les choses soient moins pires à vivre. En même temps, ne remettant pas en cause l’entreprise, il sert à accompagner le système.

•2) Tes personnages souffrent de dépression, chopent un bon gros cancer des familles juste avant ou juste après leur retraite, s’écrasent d’un échafaudage, respirent des gaz toxiques, se font irradier, j’en passe et des meilleurs … L’usine, c’est la vie ? Le travail c’est la santé ?


Parce que c’est comme ça. Je connais beaucoup de collègues ou d’ex-collègues qui sont malades ou d’autres qui sont morts. L’usine et le salariat ce n’est pas la vie. Je travaille dans la chimie et, contrairement à ce que déclarait Michel Serres dans la Dépêche du Midi du jour anniversaire de la catastrophe d’AZF, la chimie c’est pas la vie. Au fur et à mesure que le temps passe on s’aperçoit que les produits manipulés ou fabriqués sont souvent dangereux pour l’individu ou l’environnement. D’autre part, pas mal d’anciens de l’usine ont bossé au contact de l’amiante alors ça n’arrange pas les bronches non plus.

Enfin, parler de ceux qui souffrent ou meurent du travail, c’est 1/ leur rendre un certain hommage, 2/ pour la narration, c’est le côté dramatique de l’usine. Parce que ce n’est pas que ça, l’usine, il y a des jours ou on y fait grève et c’est un plaisir, ou on y prend l’apéro et c’est pas mal non plus.

•3) Ne nous écris-tu que de l’usine ? N’y a-t-il pas d’autres endroits où la lutte sociale puisse s’exprimer ? Quel est ton parcours militant ?


Pour l’instant, je n’ai envie d’écrire que de l’usine. Ça permet de parler de choses qui me sont intimes (le travail fait quand même partie de soi) sans trop me dévoiler.

J’ai écrit un livre qui ne se situe pas à l’usine, « Du Parti des Myosotis » (L’Insomniaque) qui parle de mon père. Un prolo quand même. Pour l’instant c’est ce thème qui m’intéresse, mais petit à petit je m’en éloigne.

J’ai un projet qui va m’éloigner du quotidien et de l’usine, mais c’est trop tôt pour en parler.

Mon parcours militant, oups ! J’suis quasi-vieux alors ça va être long. Je n’ai pas participé à Mai 68, j’étais trop jeune mais après je me suis intéressé à tout ce qui était à l’extrême gauche. A 14 ans je lisais la Cause du Peuple en même temps que Strange. Il y a eu le mouvement des lycées contre Debré… Après l’école, vers 18 ans, j’ai été dragué par un groupuscule (scission de la LCR) qui s’appelait Révolution ! mais j’y suis resté peu de temps. Ces militants m’ont expliqué que j’étais anarchiste, ce que je ne connaissais pas.

Ensuite j’ai découvert le mouvement Autonome qui m’a bien plu. En 1982 je suis rentré à la Fédération Anarchiste et j’y suis toujours. Je suis devenu militant à la CGT de ma boîte en 89. Je me suis occupé aussi de journaux : Allonz’Enfants de 75 à 81, qui paraissait sur les lycées de la région rouennaise et qui faisait de la contre information régionale. De 84 à 2000 je me suis occupé d’un fanzine-label… qui s’appelait On A Faim ! et qui a été un grand moment à côtoyer le rock alternatif et autres. Et puis je me suis mis à écrire des bouquins…

 

 

cnt.jpgSuite et fin sur le site atelierdecreationlibertaire.com

Publié dans lectures

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le journal de personne 14/03/2012 15:03


 A vos âmes, citoyens !
Nous sommes le peuple
A la veille des élections
Nous voudrions nous adresser à nos représentants
Président, sénateurs, députés, maires ou gouverneurs
Faut-il vous rappeler que vous êtes... nos serviteurs
On vous a choisi pour nous servir et non pour vous servir!
Nous sommes le pouvoir
Vous n'êtes que les porte-parole du pouvoir
Vous nous devez donc
Conscience, obéissance et excellence
La conscience, c'est la faculté de distinguer entre l'essentiel et l'inessentiel
Entre l'âme de l'État et les états d'âme
L'obéissance c'est la faculté de distinguer entre l'ordre et le désordre,
Entre l'ordre général et les désordres particuliers
L'excellence c'est la faculté de distinguer entre le possible et l'impossible
Entre ce que je veux et ce que je peux.
Apprenons-leur que nos fins importent plus que tous les moyens
Et la manière plus que toute la matière
Le peuple est UN et indivisible
Il ne veut plus entendre parler de divisions, ni de soustractions
Il est le seul artisan de son heure et de son bonheur
Il ne supporte plus les partisans
Ni de gauche... ni de droite... ni de droite... ni de gauche
Ni d'autre centre d'intérêt que l'intérêt général
La politique ne peut plus être une dogmatique
Mais sera une pratique fondamentalement éthique
Qui vise le bien commun et en même temps le bien de chacun
Monsieur le futur président... de la cause publique
Sachez que l'État c'est moi
Que je suis le ROI... le peuple ROI
Qui peut à tout moment changer de laquais
Reléguer ses délégués
Substituer un valet à un autre valet
Je suis plein aux as
Parce que je suis la lumière, l'énergie, la masse
Avec ses trois mots de passe
Liberté - égalité - fraternité
Ou la mort... devrais-je rajouter !
Je vous annonce la création de la sixième République
Avec une constitution active et interactive
Qui va faire de ses gouvernants de simples subordonnés
Condamnés à consulter chaque jour le peuple qui les a nommés.
A vos âmes, citoyens !