Tue ton patron, saison 2, de Jean-Pierre Levaray, illustrations de Thierry Guitard

Publié le par dan29000

 

 

 

 TUE TON PATRON 2

 

 

 

 

 

 Comme vous l'avez sans doute remarqué, l'été approche et les grandes vacances aussi, alors nous vous proposons trois romans qui se lisent tranquilou, trois romans qui ont en commun de nous faire passer un vrai bon moment et en même temps nous disent quelques trucs politiques. Ben oui, nous avons du mal à quitter la politique même en été. La semaine dernière un thriller d'anticipation "Serenitas", ce lundi, le nouveau Jean-Pierre Levaray, "Tue ton patron, saison 2", et la semaine prochaine, un très grand roman sur la traite négrière, intitulé "Aminata".

 

 Sans doute l'avez vous sans doute deviné "Tue ton patron, saison 2", est la suite du récit "Tue ton patron" publié en 2010, et dont nous vous avions déjà dit le plus grand bien. Mais pas d'inquiétude, cette saison 2, se lit tout à fait indépendamment du volume 1. Ceci dit si vous voulez vraiment vous faire plaisir, et vu le prix très abordable, achetez ou bien volez les deux volumes.

 

 Dans les deux bouquins, il s'agit de tuer son patron.

 Étrange mais agréable idée...

 

 Juste avant le premier chapitre, une citation d'un chanteur qu'on aime bien et que l'on voit assez rarement sur TF1, Manu Chao :

 

 "Les patrons étant des voyous, je ne vois pas pourquoi les ouvriers seraient des anges." (L'huma dimanche, 2009)

 

 Donc, tuer son patron. Dans la première saison, il s'agissait de le tuer, mais seul, dans cette suite, il s'agit de le tuer, toujours, mais "Tous ensemble, tous ensemble" Ouais, ouais... (Air connu)... Dans tous les cas, tuer son patron, cela peut sembler facile, surtout dans une discussion bien arrosée sur le zinc (quand il en reste) après le boulot. Ensuite cela se complique. Tuer n'est pas donné à tout le monde. Sauf pour certains patrons-voyous justement. Il y a des choses dans la vie qui sont difficiles à réaliser seul. Stopper la production seul, cela peut se faire, mais le résultat généralement se nomme licenciement... Stopper la production, tous ensemble, cela se nomme la grève et le rapport de forces, et cela peut faire plier les voyous d'en face. Enfin parfois, cela dépend aussi des syndicats, s'ils luttent et résistent, ou s'ils kollaborent...On va pas citer de noms...

Là nous sommes dans une usine de composants électroniques pour le secteur automobile. Un beau jour, le patron veut fermer. Une sorte de cas d'école...Les premières pages nous mettent tout de suite dans l'ambiance. Celle particulière des machines à l'arrêt, de la grève qui débute, du barnum qui s'installe près du portail, de la confection des banderoles, du premier feu de palettes. Très important le feu avec toute la symbolique planquée au chaud dans les flammes. Un symbole de vie, donc un symbole de résistance, un peu de lumière et de chaleur.

 

 En alternance avec les chapitres du récit, des témoignages apportant des différents points de vue, Marie, Gérald, Marius ou encore Monique...Les illustrations viennent ponctuer le récit des faits et les nombreux dialogues restituent bien la souffrance et la colère des ouvriers face à l'arrogance du patron...

 

 Tout cela sonne particulièrement juste. Sans doute le talent, mais aussi le vécu. Pour ceux qui ne connaitraient pas encore JP Levaray, notre gars est ouvrier et aussi syndicaliste dans l'industrie chimique et militant libertaire. Et en même temps écrivain. Mais pas écrivain "hors-sol" comme ces écrivains français qui explorent avec "vaillance" et suffisance les terres germanopratines, en alternance avec le voyage autour de leurs nombrils. Il écrit très régulièrement, et se déplace aussi pour rencontrer ses lecteurs dans des salons ou des librairies et participe à CQFD. Si on vous dit "Putain d'usine" ! C'est lui. A se demander comment il fait, peut-être qu'il ne dort pas...Allez savoir...Il a débuté, il y a maintenant douze ans, avec "Suzana, chronique d'une vie de sans-papier" puis ce fut le fameux "Putain d'usine" qui fit pas mal de bruit en 2002, et qui devint une bande dessinée en 2007 avec Efix.

 

 Et quand vous aurez lu les deux volumes de "Tue ton patron", nous sommes certains que vous aurez envie de lire aussi la bande dessinée parue récemment, avec Efix, sur le même thème : Tue ton patron, Putain d'usine 3, chez Fetjaine. Un petit bijou...

 

Dan29000

 

 

Tue ton patron, saison 2

Jean-Pierre Levaray

Illustrations Thierry Guitard

Editions Libertalia

2012 / 144 p / 8 euros


 

A lire aussi, Tue ton patron putain d'usine 3

 

Sans oublier, Tue ton patron et A quelques pas de l'usine

Publié dans lectures

Commenter cet article