Tunis : Chokri Belaïd assassiné hier... Vive le Front populaire, par Sadri Khiari

Publié le par dan29000

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 Vive le Front populaire !

Chokri Belaïd est mort. Assassiné. Il rejoint la longue liste des martyrs de la Révolution.

 

 


 


Mais les balles qui ont mis fin à ses jours ne sont pas celles du sniper anonyme qui tire à l’aveugle sur un manifestant sans nom et sans visage. Les balles qui ont abattu Chokri Belaïd portent la signature d’hommes bien précis, déterminés à tuer un homme bien précis : le chef d’un des principaux partis de la révolution, le porte-parole le plus connu du Front populaire après Hamma Hammami.



Ces hommes bien précis, nous ne connaîtrons probablement pas de sitôt leurs identités. On vient d’annoncer la capture de deux suspects. Peut-être sont-ils coupables. Peut-être ont-ils tiré de sang froid sur Chokri Belaïd. Mais qui sont leurs commanditaires ? Quels sont les mobiles de ces derniers ? Briser la Révolution, certes. Mais au profit de qui ? Espèrent-ils affaiblir le Front populaire ou, comme dans une partie de billard, ont-ils une autre cible que celle qui paraît évidente ? Nous pourrions faire mille hypothèses et nous y perdre.



L’heure, surtout, n’est pas aux conjectures. L’assassinat de Chokri Belaïd montre qu’un palier a été franchi dans la crise révolutionnaire qui dure depuis deux ans et ne cesse de s’exacerber. La réaction populaire à l’assassinat de Chokri Belaïd montre que les forces de la révolution restent vives malgré le désarroi de ces derniers mois. Le moment n’est pas à se « donner tous la main », comme y appellent nombre de démagogues proches du pouvoir ou de la galaxie Nida Tounes ; le moment est à serrer les coudes autour de la seule puissance organisée qui, quoi qu’on puisse lui reprocher, reste déterminée à poursuivre la révolution. Le temps n’est plus à l’hésitation ; il n’est pas à la recherche de la « meilleure des solutions » ; il est à apporter son soutien au Front populaire et à son principal leader, désormais notre chef à tous, Hamma Hammami.



Au-delà de la solidarité suscitée par l’assassinat de Chokri Belaïd, il faut prouver à l’histoire que ce crime restera vain. Il faut que triomphe le Front populaire.

Sadri Khiari, 6 février 2013

Publié dans Monde arabe - Israël

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