Tunisie-France : une vraie honte française, nommée Alliot-Marie

Publié le par dan29000

 

 

Honte à vous Alliot-Marie!

 

Le peuple tunisien est dans la rue, le pouvoir et Ben Ali font tirer sur la foule à balles réelles et on nous ressort les souvenirs des émeutes de la faim.

Au-delà des échauffourées, des victimes dans leur chair et de la responsabilité des "forces de l’ordre"du pouvoir tunisien, force est de constater que le modèle de développement tunisien est aussi parmi les premières victimes de la mondialisation et du capitalisme apatride

 

Les deux pivots du développement économique tunisien ont été jusqu’à présent le textile et le tourisme.

La crise mondiale aidant, le textile qui demandait une main d’œuvre non qualifiée et peu coûteuse, ne correspond plus à l’offre tunisienne. D’une part, parce que les coûts de main d’œuvre ont augmenté et ne sont plus compétitifs comparés à ceux du sous-continent indien ou de certains pays d’Asie, d’autre part parce que les acheteurs finaux européens ont tellement fait pression sur les entreprises tunisiennes que celles-ci n’ont plus les moyens de se moderniser. Le secteur est donc en chute libre laissant sur le carreau une main d’œuvre féminine abondante qui le plus souvent apportait au foyer un complément de revenu indispensable.

L’autre pivot de développement est le tourisme. Mais là aussi, la crise est passée par là et la clientèle se fait rare sauf chez ceux qui acceptent les oukases des agences de voyages et bradent leurs tarifs à des niveaux inférieurs aux coûts réels des produits fournis. Nombre d’hôtels sont aujourd’hui sous la menace de faillite et la tendance générale est à l’ajustement social donc aux licenciements. C’est un secteur qui demandait des personnels formés et nombre de diplômés y trouvaient encore il y a quelques années des solutions de survie. Aujourd’hui, cette source d’emplois s’est tarie et les investisseurs, principalement kowétiens restent sur l’expectative.

Cette dégringolade du tourisme, accentuée par les peurs occidentales d’un danger islamiste, laisse des traces très profondes dans la vie tunisienne car elle touche une multitude de services associés à l’accueil touristique (aviation, restauration, commerce, animations, transports … etc)

Dans le même temps cette déliquescence économique s’accompagne d’une main- mise toujours plus forte de la famille et belle famille du Président Ben Ali sur les autres ressources du pays, pratiquant ce qu’il convient d’appeler un hold- up permanent, un fric- frac à grande échelle.

Consciente d’avoir été pendant un temps moins malmenée que ses voisins la population tunisienne acceptait sans trop se rebeller les méthodes autoritaires et autocratiques d’un pouvoir installé depuis 23 ans, sachant le bout du tunnel proche et le départ de Ben Ali assuré.

Hélas, prétextant le danger islamiste, Ben Ali fit modifier la Constitution afin de pouvoir se représenter à un simulacre d’élection présidentielle où il était quasiment le seul candidat autorisé à faire campagne et à bénéficier des moyens officiels de propagande. Pour faire bonne mesure, toute opposition était sévèrement intimidée voire réprimée.

Enfin et comme si la crise économique et les pratiques dictatoriales ne suffisaient pas, les Tunisiens se voyaient interdire de visas pour l’Europe et donc condamnés à rester dans un pays où leur avenir n‘était pas assuré et à subir les effets dévastateurs d’une oligarchie méprisante mais courtisée par les puissances occidentales au motif qu’elle constituait un rempart contre l’avancée islamiste.

 

Il suffisait d’une étincelle pour qu’explose ce baril de poudre. C’est la hausse des produits de première nécessité importés qui en fit office et permit à d’autres revendications de faire irruption sur la place publique, notamment le sort réservé aux nombreux diplômés obligés d’accepter des petits boulots pour survivre ou obligés de rester à la charge de leurs parents.

 

Contrairement ce que nous montrent à l’envie nos télévisions, le mouvement actuel de défiance n’est pas comparable à nos émeutes de banlieue, il ne réunit pas que des jeunes désoeuvrés mais est tout à fait intergénérationnel car le malaise et la révolte traversent toutes les familles.

Face à cette désespérance dont les manifestations de rue ne sont qu’un symptôme, le pouvoir a choisi l’épreuve de force, n’hésitant pas à faire tirer sur les foules désarmées.

 

Combien faudra-t-il de morts avant que nos responsables s’émeuvent et en appellent à la raison ? Dès le lendemain du vote en Cote d’Ivoire, Sarkozy menaçait Bagdbo des pires représailles et là, rien, si ce n’est un silence complice au nom du devoir de non-ingérence.

 

Comme si ce silence approbateur n’était pas suffisant, la ministre Alliot- Marie justement chargée des Affaires Etrangères, questionnée par l’Opposition au Parlement, pousse la tartuferie jusqu’à proposer au gouvernement Ben Ali une aide au maintien de l’ordre où, parait-il, notre pays brillerait par ses compétences… Nulle provocation dans ses propos, elle reflète fidèlement la pensée majoritaire selon laquelle tout doit être fait pour sauver le soldat Ben Ali.

Les morts, les blessés,les dégâts dans tout le pays à feu et à sang…? Elle s’en contrefout, elle sait qu’il existe au Ministère de l’Intérieur une société spécialisée dans la vente de matériel spécifique au maintien de l’ordre, Pasqua et son entourage y ayant longtemps grenouillé. Rappeler devant les parlementaires qu’elle connaît mieux le ministère que son lointain successeur voilà le seul petit but politicien recherché par cette dame odieuse.

 

Rarement le titulaire d’un ministère régalien n’aura donné une image aussi abjecte de notre pays.

J’ai honte !

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Fabrice 23/01/2011 22:46



Je suis bien d'accord, j'ai honte de notre gouvernement et de Michelle Alliot-Marie.


Pour une fois qu'une population se revolte pour la bonne cause! Alliot-Marie devrait demissionner!!!



dan29000 24/01/2011 09:13



pas mieux !!!!