Tunisie : la fin du régime voyou, un texte de citoyens libres de Tunisie

Publié le par dan29000

 

 

Tunisie : La fin du régime voyou

Ce texte est la suite de l’article “Le régime Voyou” publié le sur le site de Nawaat par un groupe de citoyens libres de Tunisie.

 


Nous avons vu ensuite des textes de “tunisiens inquiets” , une communication d’un “collectif pour une deuxième république, d’un communiqué du mouvement du 16 octobre, et de plusieurs articles sur la situation en Tunisie, qui vont dans le même sens, font le même diagnostaic et préconisent les mêmes actions.

Le pillage continue

Entre-temps, les familles du président et de sa femme continuent les malversations à travers notamment :

- La main mise sur le pole industriel de l’Institut Pasteur de Tunis par des membres de la famille de Leila Trabelsi.

- Le rachat d’Orange Télécom par la famille

- Le rachat des parts d’Orascom dans l’opérateur de télécom Tunisiana

- Le monopole de l’importation des viandes qui passe sous le contrôle de Imed Trabesli, triste délinquant notoire et fils de Leila Ben Ali (son frère sur les registres de l’État civil)

- La Banque BFT qui est en train d’être privatisée pour passer sous le contrôle de la famille (plusieurs prétendants sont sur la liste, tous de la famille Ben Ali et Trabesli).

- Sur décision de Zine Ben Ali, tous les avoirs de la famille ont été transférés à Dubai et reconvertis en lingots d’or

- et la liste continue ….

Les leçons du soulèvement populaire

A la lumière du soulèvement de Tunisie et qui nous remplit d’une grande fierté, nous aimerions synthétiser les avis collectés par les différents acteurs de la scène populaire et politique tunisiennes et aussi proposer un plan d’action urgent pour la suite :

- Nous sommes en droit d’être fiers d’être un peuple qui donne un sens à l’acte désespéré de Mohamed Bouazizi. Son acte n’est pas passé inaperçu, et le peuple tunisien dans sa trés grande majorité a été sensible à cet acte en disant : Non , toute vie est précieuse et notre dignité n’est pas à bafouer.

- Le Ras-le bol du peuple tunisien face à ce régime voyou et pourri est crié sur tous les murs, les cris des manifestations ne laisse aucun doute sur la maturité du peuple tunisien qui ne veut plus de cette bande de mafieux voyous : Ben Ali, sa femme et leurs familles qui sont une des causes majeures de la crise de la Tunisie actuelle. Le régime voyou est décrié dans les messages Wikileaks d’une manière qui ne laisse aucun doute sur ce que nous avancions dans notre premier article.

- L’appel du peuple ne concerne pas que l’emploi ou le pouvoir d’achat mais aussi la dignité d’être dans une république de droit, digne d’un peuple tunisien dont la jeunesse représente plus de 60% de sa population et une éducation parmi les plus élevés du monde arabe.

- Ce mouvement est spontané et populaire, le régime ne trouve rien à dire sauf à s’attaquer à la chaine “El-Jazira” et aux soi-disants “manipulateurs” qu’il n’arrive pas à nommer.

- Le relais des manifestations auprès des cadres de la société civile tunisienne et notamment les avocats tunisiens et une grande frange des syndicalistes de l’UGTT (sans l’appui de leur direction alignée sur le régime) sont déterminants pour donner une voix et du volume à ces manifestations, On ne peut que nous incliner et saluer chaleureusement ces voix de la liberté .. le peuple tunisien se souviendra et sera reconnaissant.

- Les Tunisiens ne sont pas violents , ils l’ont démontré tout au long des manifestations, toute la violence vient des forces de répression de cé régime voyou … de sa police secrète, de ses milices du parti et de sa police malgré des réactions inaccoutumées de sympathie vers les manifestants dans certains endroits. La violence a été très dure envers des centaines de jeunes manifestants, de journalistes, d’avocats et de familles…ni les femmes, ni les enfants n’en sont épargnés, ce qui dénote d’un trés grand désarroi du régime voyou face à ce peuple.

- En plus de la violence extrême et disproportionnée du régime voyou envers une population pacifique qui réclame son droit à une vie digne et à plus de transparence dans la vie publique tunisienne , le bras répressif de ce régime est en train d’effectuer une vague d’arrestations sans précédant dans toutes les localités chaudes de la république. Notre rôle dès a présent est de ne pas arrêter le combat tant qu’un seul de nos concitoyens reste derrière les barreaux.

- La maturité de notre jeunesse qui crée l’évènement, et qui se prend en charge pour le diffuser dans le monde entier avec une maitrise que le régime voyou n’imaginait pas .. Sa censure n’y a vu que du feu, et le seul moyen qu’il trouve en ce moment est de couper toutes les communications sur une grande partie de la république. Nos jeunes, ont trouvé les relais auprès d’une jeunesse arabe en soif de liberté qui se fait l’écho et qui qui interpelle les rédactions de tous les médias, exprimant l’espoir de voir cette étincelle de liberté atteindre les sombres recoins du monde arabe.

- Le silence des politiques occidentaux face à un soulèvement populaire authentique est mal perçu par les élites et le peuple tunisiens ? ou est le prix Nobel de la paix Mr Obama ? Ou est Sarkozy ? Ou sont tous les dirigeants européens ? et donneurs de lecons de démocratie ? Cette révolte tunisienne est une révolte du peuple tunisien , encadrée par la société civile tunisienne , on n’entend même pas les voix des islamistes et pourtant l’occident tourne la tête pour faire semblant de ne pas voir… Le peuple tunisien se souviendra. Le silence particulier des médias audiovisuels français est très mal perçu par la population tunisienne qui classe aujourd’hui la grande majorité de la classe politique française parmi les supporters de ce régime voyou.

- Nous percevons sensiblement et visiblement la peur qui est en train de changer de camp. La violence inouïe de la riposte n’est que le soubresaut d’un régime qui joue toutes ses mauvaises cartes pour intimider le peuple.

Les demandes du peuple tunisien

1) Nous sommes un peuple digne, nous n’acceptons pas d’être insultés, frappés ou mal-traités. Nous demandons l’arrêt immédiat des violences envers le peuple…Nous sommes pacifiques, mais nous n’accepterons pas longtemps d’être la cible des violences de la police et de l’armée que nous payons avec nos impôts. Si le régime voyou persiste dans sa violence et s’il veut la guerre , il l’aura .. et nous serons de plus en plus nombreux, les coups ne nous feront pas peur, même les morts ne nous feront pas plier.

2) Ce pays est le notre, nous demandons le droit de nous rassembler, de manifester et de nous exprimer .. Nous demandons que la télévision nationale soit la voix du peuple et qu’elle soit au service du peuple.

3) Nous sommes un peuple mature et adulte, nous demandons une assemblé nationale représentative, démocratiquement élue .. et qu’elle puisse avoir les moyens de contrôler efficacement le fonctionnement du pouvoir exécutif et d’être la garante de la voix du peuple. Nous demandons que les missions de l’administration tunisienne soient redéfinies, que les priorités de développement soient discutées et définis avec le peuple.

4) Nous sommes un peuple travailleur et une tradition d’honnêteté, nous demandons la refonte totale de la justice tunisienne pour qu’elle soit indépendante, honnête et compétente. Nous demandons que la justice puisse statuer en toute indépendance sur les enrichissements illicites de la famille présidentielle et affiliés, ainsi que l’implication des institutions administratives, économiques et financières tunisiennes dans la corruption générale. Nous demandons que justice soit faite sans zèle et que la fuite des capitaux soit répertoriée et les biens de l’état retrouvés.

5) Notre richesse est notre peuple, nous demandons un gouvernement compétent, intègre et crédible, issue d’une volonté populaire exprimée dans des élections libres et démocratiques….Nous demandons de faire appel aux milliers de compétences tunisiennes en Tunisie et à l’étranger pour prendre en charge les secteurs clés de l’économie , du commerce et des institutions publiques et semi-publiques tunisiennes. Nous demandons un président qui préside, un gouvernement qui gouverne et un peuple souverain qui décide.

6) Nos régions sont le coeur de notre Tunisie, nous demandons la refonte totale des pouvoirs régionaux l’élection de nos gouverneurs dans les régions ainsi qu’un encadrement compétent de cadres dont le contrat devrait être défini avec les représentants du peuple sur la base d’un contrat-programme. Nous demandons que le rôle de gouverneur soit celui d’un vrai chef d’entreprise dont la mission principale est le développement de la région et que son rôle politique soit réduit au maximum.

7) Nous sommes au 21ème siècle, nous demandons que tous les moyens d’expression soit libres, que le code de la presse soit aboli, que toutes les formes de censure soit bannis, que l’activité politique soit libre, que les parutions le soient….que la loi sur les associations soit complètement remaniée…et que les missions du ministère de l’intérieur soient redéfinies intégralement, que la cyberpolice soit reployée à la protection de la société et de ses intérêts, nous demandons que la liberté d’expression soit régie uniquement par une justice tunisienne indépendante.

8) Nous avons un héritage séculaire de l’esprit entrepreneurial, nous demandons que l’environnement des affaires soit sain afin de permettre la création d’entreprises, le développement de nos entreprises et leur rayonnement à l’international, Nous demandons à faire appel à nos compétences en Tunisie et à l’étranger pour définir des plans de développement et d’investissement sectoriels. Nous demandons la transparence, l’égalité des chances et une vraie refonte du secteur financier pour devenir un vrai vecteur d’investissement.

9) Nous sommes devenus un petit pays sans visage et sans voix, nous demandons de doter ce payer d’un visage et d’une voix qu’il mérite…la Tunisie regorge de personnalités charismatiques pouvant détenir les premiers rôles sur le plan national et régional…En dehors du premier rôle de président de la république, Nous demandons à remodeler les missions de nos chancelleries à l’étranger, les dédier au développement économique et à l’aide de nos citoyens dans le monde.

10) Nous demandons que soient abolies toutes relations entre administration et partis politiques, que l’administration soit apolitique, très compétente, intègre et de ré-instaurer la culture de “service du pays et du citoyen”.

11) Nous ne voulons plus retomber dans les erreurs du passé, nous demandons une nouvelle constitution, définissant des pouvoirs plus équilibrés, inscrivant dans le marbre les droits des citoyens , et interdisant définitivement l’amendement d’un ensemble d’articles fondateurs relatifs à l’exercice du pouvoir exécutif.

Quelles actions maintenant ?

Nous ne pensons pas que le régime voyou de Ben Ali soit capable de répondre à ces aspirations du peuple tunisien. Notre seule chance est de continuer la lutte jusqu’au départ définitif de ce voyou et de sa famille du pays.

Mais l’instant exige de passer d’une révolte populaire à une révolution encadrée.

A cet effet, une seule action est à envisager : la constitution d’un collectif de tunisiens entre acteurs de la société civile, de vrais partis d’opposition afin d’encadrer l’action de la rue tunisienne … arrêtons nos divisions, mettons nous ensemble et faisons parvenir à notre peuple et au monde une seule voix forte , puissante et légitime , avec un seul mot d’ordre : Luttons ensemble jusqu’à la fin de ce régime voyou.

Les impératifs de sécurité face à ce régime voyou feront que les membres de ce collectif devraient être en partie à l’étranger afin de porter notre voix au monde et assurer le lancement des mots d’ordre de grèves générales et de manifestations pour la chute de cette dictature.

Nos actions soulèvent une vague d’espoir dans tout le monde arabe…nous avons la grande responsabilité de continuer la lutte…forts de notre légitimité et de la justesse de notre cause.

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