Tunisie : le photographe Lucas Mebrouk gravement blessé par la police

Publié le par dan29000

 

 

 

Tunis: un photojournaliste très gravement blessé par la police

 

Lucas Mebrouk Dolega
Lucas Mebrouk Dolega© Corentin Fohlen

Lucas Mebrouk Dolega, un jeune photojournaliste de 32 ans travaillant régulièrement pour l’agence européenne EPA a été gravement blessé vendredi 14 janvier vers 17h par les forces de l’ordre tunisiennes.

 

 

Autoprotrait
Autoprotrait© Lucas Mebrouk

Alors que de violents incidents se produisaient ce vendredi après-midi à Tunis entre des manifestants et policiers anti-émeutes au croisement de l’avenue Bourguiba et de l’avenue de Paris, la police a semble-t-il été débordée. 

 

Des policiers, dont certains en civil, se sont mis à tirer des grenades lacrymogènes « à tir tendu ». L’un d’entre eux n’a pas hésité à viser le photographe , « à environ cinq mètres », selon l’un de ses confrères, alors qu'il s'était réfugié avec quatre autres confrères dans une rue adjacente. Selon le témoignage de ses confrères « c'est alors qu'il passait la tête pour voir où en était la situation qu'il a été touché par le projectile

 

Le photographe touché à la tempe gauche près de l’oeil, s’est alors mis à saigner abondamment  et a été transporté à l’hôpital par un photographe français.

 

Selon le « picture desk » d’EPA contacté ce vendredi soir : « Lucas est hospitalisé à Tunis et on nous dit qu'il est maintenant dans un état stable. Il a été frappé à la tempe par une grenade lacrymogène et a dû subir une intervention chirurgicale d'urgence. Nous espérons qu'il sera en mesure de revenir à Paris dès que possible. »

 

« Lucas doit être auprès de sa famille »

Ce samedi 15 janvier, après-midi, un communiqué de presse diffusé par sa compagne Nathalie et sa famille précise:

« L’état de Lucas Mebrouk Dolega, 32 ans, photographe de l’agence de presse EPA, s’est dégradé pendant la nuit. Aujourd’hui, selon l’équipe médicale de l’Institut national de neurochirurgie de Tunis et un photographe présent à l’hôpital, Lucas «n’a pas de lésion au cerveau », mais « le pronostic vital est engagé», il est également possible que Lucas perde l’usage de son œil gauche.   

 

Le photographe a été blessé hier lors d’une manifestation à Tunis, par un tir de gaz lacrymogène tiré à bout portant par un policier. Lucas a été touché au niveau de la tempe gauche, ce qui a occasionné une embarrure au niveau de l’orbite gauche, puis un traumatisme crânien. Sa mère et son père sont actuellement à Tanger et remuent ciel et terre pour se rendre auprès de leur fils. Sa compagne, Nathalie, résidant à Paris, essaie par tous les moyens de le rejoindre également. Toutefois, l’annulation des vols par plusieurs compagnies aériennes, rend difficile voire impossible son départ pour Tunis. 

 

En raison de l’urgence de la situation, sa famille demande donc qu’un vol spécial, avec une équipe médicale, soit affrété par le Quai d’Orsay dans la journée. Sa compagne et plusieurs de ses proches partent dans la prochaine heure pour Orly pour essayer de réserver un vol, auprès des compagnies qui continuent de desservir la Tunisie.  Nous ne partirons pas de l’aéroport tant que sa famille ne sera pas auprès de lui !»

 

La consternation règne dans le groupe de photojournalistes qui opèrent actuellement à Tunis. 

 

Michel Puech 

Vendredi 14 janvier 2011 21h30

DH: samedi 15 janvier 2011 17h00

Source : MEDIAPART

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