Tunisie : Moncef Marzouki veut une nouvelle Constitution

Publié le par dan29000

 

 

 

6a00d8341d1d7953ef00e54f6a7fed8833-500wi

Tunisie : Marzouki veut une nouvelle Constitution

L'opposant tunisien veut suspendre la Constitution actuelle pour en rédiger une nouvelle totalement démocratique. 

 

Le Congrès pour la République, le parti de l'opposant tunisien Moncef Marzouki, a réclamé samedi 22 janvier la création d'un Conseil national chargé de rédiger une nouvelle Constitution, ainsi que la démission du gouvernement de transition. "Ce que nous demandons est très simple: la situation exige la suspension de la Constitution et de toutes les lois tyranniques", a expliqué Abdelwahab Mâattar, vice-président du CPR,  

 

Elaborer une nouvelle constitution

Le président de transition, Foued Mebazaa "pourrait facilement former un comité indépendant, qui aura pour seule mission la mise en place d'une loi pour l'élection d'un Conseil national chargé de rédiger une nouvelle Constitution", a-t-il ajouté.Ce conseil devra rassembler des personnalités "issues de toutes les sensibilités politiques", et pourrait former un gouvernement de transition qui aura pour mission de gérer les affaires du pays en attendant la mise en place de la nouvelle Constitution, selon lui.

 

Le Premier ministre doit "rentrer chez lui"

Le CPR exige aussi la démission du gouvernement d'union nationale, dominé par les caciques de l'ancien régime. Issu de la gauche laïque, opposant historique au régime du président déchu Zine El Abidine Ben Ali, Moncef Marzouki, rentré d'exil en France mardi, a appelé de son côté le Premier ministre Mohammed Ghannouchi, chef du gouvernement de Ben Ali pendant onze ans, à "rentrer chez lui".
"Il représente un facteur d'instabilité", a-t-il souligné, faisant référence aux milliers de personnes qui descendent quotidiennement dans la rue en Tunisie pour demander la démission du gouvernement de transition, où des membres de l'équipe de Ben Ali occupent tous les postes clés et notamment les portefeuilles de l'Intérieur, la Défense, des Affaires étrangères et des Finances.

 

Le premier candidat déclaré

Moncef Marzouki a aussi qualifié de "suicide politique" l'entrée de deux chefs de parti d'opposition dans ce gouvernement de transition. Moncef Marzouki avait été le premier candidat déclaré à l'élection présidentielle qui doit se tenir dans les prochains mois en Tunisie. Mais il a expliqué qu'il ne maintenait sa candidature que si un nouveau gouvernement était formé et une nouvelle Constitution adoptée.
Ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme, Moncef Marzouki, âgé de 65 ans, a créé le Congrès pour la République en 2001. Il avait été condamné à un an de prison en 2000.

 

"Cette révolution n'est pas exportable"

L'opposant historique a affirmé également que les Tunisiens n'avaient pas l'intention "d'exporter" leur révolution populaire, une première dans le monde arabe où le soulèvement tunisien a d'importantes répercussions sociales et politiques. "Nous avons fait une révolution démocratique et pacifique en Tunisie. Nous ne voulons l'exporter nulle part", a-t-il déclaré. "Nous n'avons aucune prétention pour dire que c'est à exporter. Nous ne représentons aucun danger pour aucun pays ou aucun peuple", a-t-il ajouté, alors que certains régimes arabes semblent craindre un effet domino.

"Chaque pays gère ses affaire selon ses spécificités, nous ne voulons pas de problème avec les autres pays, et surtout avec nos voisins. Nous voulons avoir de bonnes relations avec les autres pays", a souligné l'opposant. En Algérie, en Egypte et en Mauritanie, des individus se sont récemment immolés par le feu, reproduisant de manière spectaculaire le geste du jeune Tunisien qui avait déclenché la "révolution du jasmin" mi-décembre.

Moncef Marzouki a cependant demandé à l'Arabie Saoudite de livrer à la justice tunisienne le président déchu Zine El Abidine Ben Ali, qui a fui le 14 janvier dans ce pays, après un mois de soulèvement populaire sans précédent. "Que les Saoudiens prennent garde, Ben Ali est capable de leur voler la Kaaba", a-t-il ironisé en allusion à la construction sacrée cubique noire au centre de la grande mosquée de La Mecque, autour de laquelle tournent les pèlerins musulmans.

(Nouvelobs.com)

Publié dans actualités

Commenter cet article