Une semaine à Parajuru, un DVD qu'il faut soutenir avec passion

Publié le par dan29000

paraChaque semaine nous donnons un coup de projecteur sur un DVD, souvent récent, parfois non. Aujourd'hui il s'agit d'un DVD un peu particulier. Derrière ce DVD, un film et surtout en ce moment une lutte, une résistance qu'il est important de populariser.


Ce film fut d'abord diffusé sur FRANCE O en avril 2009, il est réalisé par JOSE HUERTA.

 

Parajuru se situe au Brésil, sur la côte Nord-Est. C'est un adorable village de pêcheurs, une sorte d'endroit paradisiaque où les gens ne sont pas vraiment riches mais vivent des produits de leur pêche.

Mais il y a 4 ans une Autrichienne fortunée, Giselle, arrive et investit dans le développement touristique. Achat de terrains, constructions de maisons et hôtel de luxe.

Non satisfaite d'occuper le terrain économique, elle s'empare aussi du terrain social, construit une école, organise des cours d'allemand et des jeunes effectuent des stages en Autriche.

Peu à peu le village se met  à vivre à l'heure autrichienne ! 

 

Derrière la fameuse Giselle, un groupe qui projette de toujours s'étendre, notamment sur une réserve naturelle administrée par l'association des habitants afin d'installer une école de Kite surf.

 

Laissons parler le réalisateur :

 

"L’idée du film a surgi en 2007 après un séjour d’un mois dans cette petite communauté de Parajuru. Ma relation avec ce village remonte à 1996 lors du mariage d’une amie brésilienne très proche qui a pratiquement grandi là-bas, ses parents y possédant une maison de vacances. J’étais témoin à ce mariage et, depuis cette date, je m’y rends régulièrement. Plus de 10 ans après cette rencontre avec le village, mon amie me suggère d’acheter une petite maison mitoyenne à la sienne. 
À l’époque, le président de l’association des habitants m’alerte sur la présence « des autrichiens » qui rachètent tous les terrains et qui voudraient s’approprier une réserve naturelle administrée par l’association des habitants pour y pratiquer le kite-surf. Un an plus tard, en août, le tournage se déroule sans problèmes. Je circule et interroge de nombreuses personnes sur ce qui se passe dans le village. Les investisseurs autrichiens ouvrent les portes et répondent à mes questions sans difficulté.
Lors du tournage je m’étais engagé à organiser une projection dans le village de Parajuru. Ce qui fut fait, en avril 2009, en présence des villageois venus en nombre, de quelques touristes, de l’élite locale ainsi que des représentants des investisseurs autrichiens.
Suite à cette projection, la réaction des investisseurs a été de porter plainte au commissariat. Une plainte jugée irrecevable par le commissaire pour absence de motif. Désireux de ne pas en rester là, un notaire a été mandaté par l’association Gisi Wisniewski pour me transmettre une notification m’interdisant de diffuser le film, tout en reconnaissant avoir donné toutes les autorisations de tournage. C’est donc le fond du film qui leur pose problème.

Trois mois plus tard, en juillet 2009, j’apprends par un ami que 8 procès sont intentés contre moi, dont un pour « crime ».
De retour à Parajuru en janvier 2010, je reçois les notifications de ces 8 procès.
Je prends alors un avocat, le procès pour crime étant fixé au 5 mai.
Les faits qui me sont reprochés portent essentiellement sur des propos diffamatoires qui seraient tenu dans le film. Notamment les termes « exploitation du travail esclave » qui ne figurent pourtant pas dans le film. Selon eux, j’aurais tenu ces propos lors d’une interview donnée au cours du festival Mercosul à Florianopolis.
Ces termes sont effectivement reproduits dans un article publié sur le site du festival, mais je ne les ai jamais tenus. Malheureusement, l’interview n’a pas été enregistrée, mais un professeur d’université était présent et va témoigner au procès pour confirmer ma version.

Les procès sont intentés par plusieurs personnes présentes dans le film et liées au projet (Alfred Kurt Slabihoud, le responsable économique du projet, Isaura, épouse de Fred et responsable de l’école et certains élèves qui travaillent à l’hôtel), et également par l’association philanthropique Gisele Wisniewski.
Par exemple, le jardinier de l’hôtel, qui n’apparaît que quelques secondes à l’image, sans s’exprimer, demande des dommages et intérêts de 2000 euros environ. Au total, les dommages et intérêts réclamés sont de 60.000 euros environ. Pour ma part les frais d’avocat, pour l’ensemble des procès, sont de 6000 euros.

D’après les avocats qui suivent le dossier, il n’y a pas à s’inquiéter sur le fond. Il s’agit bel est bien d’une pression exercée pour empêcher à tout prix la diffusion du film. Néanmoins il se peut qu’il y ait connivence entre la justice locale et les investisseurs autrichiens. En effet, tout cela se déroule au Brésil, et plus spécifiquement au Nordeste, et la corruption y est encore très présente. C’est pour cette raison qu’une campagne en France et au Brésil est organisée pour que la presse locale s’en empare, afin d’éviter toute corruption des autorités judiciaires."



L'affaire semble donc assez claire. Un coin favorable de mer très favorable à un sport de riches, un village de pêcheurs qui ne veut pas vraiment se laisser faire et un cinéaste qui témoigne avec son film, film particulièrement réussi. Et une classique exploitation du tourisme prédateur occidental au mépris des habitants d'un pays du sud. Ceci est déjà insupportable, mais ce qui est moins classique c'est cette série de procès qui s'annoncent.

La première audience a lieu cette semaine à Paris, le 5 mai.

La bataille se déroulera en France et au Brésil.

Sensibilisé par cette lamentable exploitation d'un lieu préservé, José Bové a reçu un dossier qu’il va présenter à ses collègues députés autrichiens, notamment sur les liens entre l’affaire de corruption Buwog-Affäre en Autriche avec les investisseurs à Parajuru. 

A noter aussi le soutien de la célèbre actrice Hanna Schygulla qui va enregistrer le commentaire de la version allemande.

 

Dimanche 2 mai: émission “Vive le cinéma” sur radio Aligre à 12h
Jeudi 20 mai à 10h30: projection à Guayapi suivi d’un débat sur le tourisme. 73, rue de Charenton paris 12.
De nouveaux articles vont paraître. D’autres projections sont prévues à Paris, mais aussi à Toulouse, Rennes et Bruxelles.
 

 

La bande-annonce du film : 3'57

 

Il est donc indispensable d'acheter ce DVD afin d'aider le réalisateur a couvrir les frais de justice de ces divers procès qui s'annoncent.  
Vous pouvez soutenir cette campagne en achetant un ou plusieurs DVD du film.

Le prix du dvd est de 15 € l’exemplaire.

Vous pouvez également vous procurer le coffret de trois films que José Huerta a réalisé sur le Brésil (25€).
Frais d'expédition : 10% du total de la commande.
Merci d’envoyer le règlement du montant total à : 
José Huerta 32 rue Sainte Marthe - 75010 - Paris
Si vous désirez une facture avec TVA, adresser votre commande et votre chèque à l’ordre de Vagalume Productions 12 rue Lamartine 75 009 Paris. Les prix indiqués plus-haut sont alors H.T.
Pour toutes informations, vous pouvez contacter José Huerta 
 jose@vagalume.fr
Et pour voir le site, c'est là :

 Peu de médias s'intéressent pour le moment à cette tentative de censure d'un film, c'est pourquoi nous sommes en liaison avec le réalisateur et que nous vous tiendrons au courant des avancées de la lutte à Parajuru et des procès intentés.
Merci aux lecteurs de cet article de le faire circuler dans leurs réseaux...Et surtout acheter le DVD, c'est indispensable...
 
Dan29000 

 

 Une semaine à Parajuru
Écrit et réalisé par José Huerta - Produit par Gérard Jumel.
Année de production : 2009 - durée : 53' - Format HD.
Montage : Guillaume Mazeline - Son : Julien Bach - Commentaire dit
par Gérard Jumel - Mixage : Vincent Bordelais.
En coproduction avec Images Plus avec la participation de RFO - FranceÔ
et du Centre National de la Cinématographie.

Publié dans environnement

Commenter cet article