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geronimo.jpgPourquoi avoir fait de Ben Laden un chef apache?


La question pourrait être aussi : comment transformer une superbe opération militaire en désastre de communication ? De toutes les –assez étonnantes- erreurs de com alignées par l’administration Obama depuis l’assaut réussi contre Ben Laden, le nom donné à la mission et à sa cible, « Geronimo », est sans doute la plus choquante et révélatrice. Rappel, pour ceux qui ont fait l'armée plutôt que d'étudier l'histoire: Geronimo est le nom d’un chef apache, né en 1829 sur des terres relevant aujourd’hui du Nouveau-Mexique, qui a vaillamment résisté à la colonisation américaine. Son épopée fut sanglante elle aussi mais, à la différence de Ben Laden, Geronimo était un valeureux combattant lui-même, dont le courage était reconnu par ses ennemis. « Il était l’un des hommes les plus brillants, les plus résolus et déterminés que j’ai jamais rencontré » avait décrit le général Nelson A. Miles, qui avait finalement obtenu sa reddition. Ce profil n’est certainement pas celui de Ben Laden et surtout pas celui que l’administration Obama veut donner de lui. En un mot : ce nom de Geronimo accolé à Ben Laden est d'une parfaite stupidité qui révèle l'ignorance des militaires qui l'ont choisi.

A juste titre, les Indiens qui ont survécu à la colonisation américaine sont furieux et le font savoir. Les conséquences de ce choix pour la perception des enfants indiens et non-indiens seront « dévastatrices » s’est insurgée la conseillère en chef du Comité aux affaires indiennes du Sénat, Loretta Tuell. « C’est la chose la plus raciste qui nous soit jamais arrivée, s’indigne aussi un ancien combattant, Lloyd Goings, sur le site de nativetimes.com. Cela nous place dans la même catégorie que les terroristes les plus recherchés au monde. Ils nous ont utilisés pour servir et mourir pour le pays et ils nous affublent d’une telle étiquette ». Les Indiens rappellent à cette occasion, aux militaires qui semblent l’ignorer, qu’ils servent aujourd’hui dans les rangs de l’armée américaine plutôt que dans les bataillons terroristes : selon des chiffres de 2007, les Indiens représentent 0,7% de la population américaine et 2,7% de ses forces armées.

Pour tenter de se disculper, les militaires et les services secrets américains peuvent faire valoir qu’ils sont coutumiers des noms de code grotesques pour baptiser leurs opérations. Le Christian Science Monitor en rappelle ici quelques uns, de « Sunburn » (Edward Kennedy) à « Halo » (le pape Jean Paul II)…


 

Tag(s) : #actualités

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